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Nous chuterons ensembles

Hi everybody ! Ceci est probablement ma première et dernière incursion dans ce petit monde. J'avais une histoire qui me trottait dans la tête depuis pas mal de temps et je me suis dit qu'il fallait que je la couche sur mon clavier donc me voilà. Amateurs de science-fiction, c'est par ici que ça se passe !
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Ce n'est probablement pas fameux mais je suis ouverte à tous les conseils :D . Voici donc le premier chapitre :
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Mauvaise rencontre



Les Kétha's étaient une race d'extraterrestre aussi cruelle que sanguinaire. Ils pillaient et détruisaient sans la moindre pitié toute civilisation au niveau technologique capable de rivaliser avec le leur. Dans la galaxie du centaure, il n'existait personne qui n'avait pas perdu un être cher à cause de leurs horreurs et rien que prononcer leur nom suffisait à coller des sueurs froides aux plus grands guerriers.

Leur peau bleutée ajoutée à leurs longs cheveux blancs leur donnaient, malgré leur apparence humaine, un aspect quasi fantomatique. Ils n'étaient que des ombres dont les murmures agonisent entre les arbres.

Leur vaisseau mère s'était mis en orbite autour de Xelos III et semblait s'y être comme endormi mais a l'intérieur, tout était radicalement différent et grouillait de vie. La reine ordonna à son amiral d'envoyer des hommes sur la planète afin d'y recueillir un peu d'eau potable après quoi ils poursuivraient leur voyage. L'amiral, ayant détecté le niveau primitif du monde qui gisait sous l'immense carcasse de métal qui leur servait de vaisseau, jugea futile d'y envoyer toute une escouade et nomma à la place son second, Valymm, pour cette mission.

C'est ainsi que, quelques minutes plus tard, Valymm gagna la surface de Xelos grâce à un petit vaisseau de transport à usage individuel. Il s'extirpa du cockpit et attrapa en grommelant le tuyau qui, une fois dans l'eau, la siphonnerait pour remplir l'immense caisse de métal qui se trouvait à l'arrière de son petit vaisseau. Il ne restait plus qu'à trouver un lac, ou une rivière, cela ferait parfaitement l'affaire.

Valymm se mit donc en marche en ruminant contre son supérieur. Franchement, il avait bien mieux à faire que réapprovisionner le vaisseau ! On aurait pu charger pour cette tâche ingrate une ouvrière ou un soldat mais pas lui ! Lui était un scientifique, un chasseur (d’ailleurs la traque lui manquait) et il pouvait sûrement être utile ailleurs qu'ici. Il continua de grogner ainsi durant encore de longues heures jusqu'à ce qu'il trouve finalement, en plein cœur de la forêt ou il s'était enfoncé, un étang endormi. Il jeta négligemment la pompe dans ce dernier et se remit à ruminer. S'il avait été sur de gagner, il aurait depuis longtemps défié l'amiral en combat singulier mais bon nombre s'y étaient essayés avant lui et n'en étaient pas ressortis vivants. Valymm finit par secouer la tête et se répéta qu'il devait se faire une raison. Apres tout, il n'avait que 298 ans... il avait encore le temps de prouver sa valeur.

Soudain, il entendit un bruit dans les fourrés. Valymm se redressa d'un bond et posa instinctivement la main sur le manche de sa dague, accrochée à sa ceinture. Il balaya les alentours du regard mais n'y vit rien de potentiellement dangereux. Rien que des arbres, des fougères et de la mousse à perte de vue. C'était sûrement un animal. Il se laissa donc lourdement retomber sur le sol mais demeura sur ses gardes. Qui sait quel genre de créatures ce monde primitif pouvait contenir !

Tout à coup, on lui recouvrit la tête d'un sac, qui soit dit en passant, empestait la charogne à plein nez. À demi étranglé et surpris, il plaça par pur réflexe ses mains autour de son cou et y sentis celle de son agresseur. Elles étaient grandes et légèrement velues. Son attaquant était donc de sexe masculin.

"Je te tiens, démon !" Lui susurra t- on à l'oreille.

La voix lui confirma sa théorie. Jamais durant sa longue vie Valymm n'avait eu l'occasion de sentir la mort d'aussi près et il était terrifié. Il se releva en poussant un sifflement hargneux et saisit sa dague mais son agresseur, ayant deviné sa tactique, en profita pour lui sauter sur le dos et le fit s'étaler misérablement à plat ventre. Sous le choc, sa dague lui échappa des mains. Au plouf retentissant qu'il perçu, il comprit qu'elle venait de tomber à l'eau. Sans défense.

"J'le tiens mais il se débat bien ! Venez m'aider !" Cria l'homme.

Ils étaient donc au moins trois. Valymm roula sur le dos, réussissant par cette habile manœuvre à se débarrasser de son agresseur. Il se remit aussitôt debout mais alors qu'il s'apprêtait à arracher le sac de sa figure, on lui enserra les jambes si bien qu'il s'étala une seconde fois sur le sol humide de la forêt.

"Ligote-le ! Ligote-le !" Hurla une nouvelle voix.

-tu crois que je fais quoi ? Des nœuds marins ?" Renchérit encore une autre voix.

Une main puissante vient enfoncer la tête du Kétha's dans la terre tandis qu'une autre lui prenait les bras pour les lui ligoter dans le dos. Une fois que ce fut chose faite, Valymm se sentit arraché du sol puis jeté sur quelque chose d'à la fois dur et mou qui montait et descendait comme si la chose était en train de marcher. On l'avait posé sur une épaule, tel un vulgaire sac à patates.

Il avait beau hurler, menacer dans sa langue maternelle et même feuler, cela ne changea rien. On fini par le jeter négligemment sur un sol nouveau, froid et dur qu'il présuma être du métal puis il entendit une porte qui se fermait puis des moteurs. Un vaisseau. Ils allaient quitter cette planète. Quand il le comprit, Valymm se débattit de plus belle mais il reçu un violent coup derrière la nuque qui le fit perdre connaissance. L'un des hommes venait de lui donner un généreux coup de crosse à l'aide de son arme.

L’homme en question appartenait, lui et les trois autres membres de son équipe, à la garde personnelle de la générale Fae, une femme bienveillante au caractère de fer. Elle était à la tête d'une puissance secrète qui s'était chargée d'éradiquer les Kétha's de la galaxie. Ils avaient pour le moment leur quartier général sur Odessa, une planète réputée pour ses magnifiques jardins suspendus, mais pouvaient facilement émigrer sur une autre planète en cas d'extrême urgence.

Quand Valymm reprit conscience, il fut d'abord assailli par un mal de tête d'une violence horrible mais luttant contre la douleur, il entreprit de découvrir l'endroit dans lequel on l'avait transporté. Il balaya les environs du regard et nota qu'il ne se trouvait pas dans une cellule comme il s'y attendait mais dans une chambre tout à fait banale. La pièce était même étrangement agréable. Les murs étaient blancs et le sol était recouvert d'une fine moquette de couleur mauve. La porte, qui devait s'ouvrir de façon automatique, avait de chaque côté une magnifique plante dont l'espèce était totalement inconnue à Valymm. Il riait intérieurement en pensant que si ses agresseurs espéraient qu'il passe un mauvais séjour dans cet endroit, ils étaient encore plus primitifs que ce qu'il pensait. Il voulu se rendre jusqu'à la porte mais ne réussi pas à bouger. Frustré, il essaya d'avancer une deuxième fois mais n'y parvint pas. C'était comme si il était collé au mur. Il leva donc les yeux et se rendit compte que l'on avait étendu ses bras au dessus de sa tête et qu'on les avait maintenu au niveau des poignets grâce à de solide entraves. Il en était de même pour ses chevilles. On l'avait attaché sur une table en forme de X légèrement inclinée en arrière. Il se rendit également compte par la même occasion qu'on lui avait retiré sa chemise, le laissant ainsi torse nu, pour il ne savait quel obscure raison mais il n'appréciait pas du tout la tournure que prenaient les choses.

Il balaya une fois de nouveau la pièce du regard, cherchant quelque chose qui lui aurait échappé et aperçu, à gauche, dans le fond de la pièce, un bureau en bois d'acajou. Une femme d'une cinquante d'années y étaient assise et pianotant tranquillement sur le clavier de l'ordinateur juste devant elle. Ses cheveux grisonnants étaient tressés en un adorable chignon qui allait à merveille avec la douceur de ses traits.

"Vous êtes réveillé." Nota t- elle sans détourner la tête de son écran.

Son aplomb le surprit. Elle se trouvait devant la créature la plus dangereuse de la galaxie et c'était tout ce qu'elle trouvait à dire ? Vous êtes réveillé ? Elle se moquait de lui et cela le fit rager intérieurement. Il commença à tirer plus fort sur ses liens, songeant non sans un certain plaisir à lui faire payer son insolence.

"Tirez tant qu'il vous plaira mais vous risquez de vous faire mal. Cette table est spécialement prévue pour ça." Ajouta t- elle d'un ton glacial.

Elle fini néanmoins par se lever pour aller se planter devant lui, le menton fièrement levé. Elle portait un uniforme et les nombreuses barres de métal qu'elle avait sur ses épaules lui suggèrent qu'elle était sans doute très haut gradé. Comme les Ketha's étaient télépathes, il ne se retint pas de fouiller sa mémoire afin de se renseigner sur la personne qu'il avait en face de lui. Elle s'appelait Fae, son grade était général, un grade similaire au sien.

"Mon nom est Fae et vous vous trouvez sur Odessa, c'est à dire assez loin des vôtres pour vous empêcher de leur communiquer votre position." Expliqua t- elle.

Bien évidemment, il le savait déjà mais il feignit de ne pas comprendre :

"Maän du apkän ok lokaga."
-oh arrêtez cette comédie, je vous en prie. Je sais que vous parlez notre langue."

Silence.

"Que me voulez-vous ?" Fini t-il par lâcher d’une voix rauque.
-Je veux savoir où est située votre flotte et quel monde vous avez prévu d'attaquer."

Le Kétha's rit de manière extrêmement condescendante avant de répondre :

-vous n'êtes ni dignes ni en droit de réclamer cette information. Maintenant relâchez moi et peut-être nous épargneront vous...

La femme baissa la tête.

"J'aurais essayé !"

-néanmoins je reconnais que vous êtes un peuple très téméraire" ajouta t-il amusé

Au lieu de défaire ses entraves, elle retourna à son bureau et pressa un petit bouton rouge. Quelque minutes plus tard, une jeune femme franchit les portes du bureau. Elle avait le teint mate et de magnifiques yeux noirs qui semblaient pénétrer au plus profond de votre âme. Elle ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans. Ses cheveux bruns naturellement bouclés étaient attachés en une queue de cheval assez stricte qui la faisait paraître plus âgée qu'elle ne l'était. Valymm la trouva belle et pourtant, Dieu sait à quel point il pouvait se montrer tatillon sur ce point. Elle portait un uniforme également mais d’une couleur différente de celui de la générale. Sûrement n’était-elle pas militaire.

"Vous m'avez fait appelé, générale ?" Demanda t- elle.

Sa voix était douce et agréable à écouter.

-Oui. Merci Amina d'être venue aussi vite."
La générale tourna ensuite la tête vers le Kétha's et ordonna :

"Faîtes le parler"

Ils allaient le torturer. Valymm déglutit discrètement. Ils ne devaient pas savoir qu'il avait peur. Beaucoup de Kétha's avaient déjà eu à affronter ce genre d'épreuve mais pour lui, ça allait être la première fois. Si la plupart de ceux de son peuple s'en étaient sortis vivants et avec de magnifiques cicatrices dont ils se vantaient auprès de leur semblables, les autres étaient morts avec honneur et sans rien divulguer. Valymm ignorait s'il serait capable d'en faire autant mais il devait réussir.
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Amina le regarda discrètement de haut en bas et il discerna comme une lueur de crainte dans ses yeux. Enfin quelqu'un qui avait peur de lui.

"Mais madame, je ne sais pas si mes méthodes fonctionneront sur lui." Chuchota la jeune femme à l'attention de son chef.
-Essayez. Ça ne coute rien.
-Bien, je vais chercher mes outils..."

Valymm sentit ses cœurs se mettre à tambouriner dans sa poitrine. Il savait que ce moment arriverait tôt ou tard mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était trop jeune. Il ne voulait pas mourir.

La générale demeura en face de lui sans ciller. Les deux ennemis se contentèrent donc de se fixer sans un mot jusqu’à ce qu’Amina revienne en poussant un petit chariot métallique. Dessus se trouvait un immense couteau dont la lame était recouverte d’un fourreau de vingt centimètres. Valymm sentit un frisson d’angoisse courir le long de sa colonne vertébrale. Il aurait très bien pu connaître le supplice auquel on allait le soumettre mais il préféra fermer les yeux et attendre, de peur de voir le reste de son courage s’envoler.

" Vous n’avez prit qu’un seul de vos outils ? " s’étonna la générale.
-C’est le plus efficace.
-Bien. Comme d’habitude, vous avez carte blanche. "

Amina inclina légèrement la tête et Fae tourna les talons. Lorsque les portes automatiques s’ouvrirent, elle se retourna et ajouta avec un léger rictus :

"Je vais dans mon bureau, je veux l’entendre crier de là-bas. "
-Bien, madame.

La porte se ferma. La respiration de Valymm s’accéléra mais il tâcha que cela ne se remarque pas. Ça allait commencer. Il entendit Amina retirer le fourreau du couteau mais bizarrement, il n’entendit pas le bruit cristallin de la lame.
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Soudain, il sentit quelque lui caresser les côtes. Surpris, Valymm tressaillit légèrement. Ça n’était ni dur ni froid comme il s’y était attendu mais plutôt doux et léger et franchement, il ne trouvait pas ça si désagréable. Il ne savait pas ce que c’était mais visiblement, ça n’était pas un couteau. L’objet remonta doucement jusqu’à ses aisselles et commença à y tournoyer lentement. L’étrange sensation lui donna brusquement la violente envie d’éclater de rire ce qui était plutôt bizarre et humiliant à la fois. Les Kétha’s ne riaient jamais de bon cœur de cette façon, ça n’était tout simplement pas dans leur coutumes. La chose redescendit plusieurs fois le long de ses côtes mais Valymm tint bon. Même s’il mourrait d’envie de crier à la jeune femme d’arrêter ça sur le champ, il ne le fit pas. Il devait résister. L’objet le quitta quelques secondes pour revenir s’attaquer à son cou ce qui l’agaça plus qu’autre chose, c’était un peu le même genre de sensation lorsqu’une mouche venait se poser sur sa peau. La chose redescendit ensuite le long de son sternum pour terminer sa course sur son ventre. Le Kétha’s laissa échapper un faible gémissement ce que son bourreau ne manqua pas de remarquer. L’objet passa de longues secondes, qui lui semblèrent être des heures, à danser sur sa peau puis soudain, il glissa dans son nombril. Valymm se surprit à lâcher un petit gloussement. Il ignorait complètement qu’il était capable de faire ce genre de bruit et encore moins dans ce type de situation. La chose insista donc et le Kétha’s gloussa de nouveau mais cette fois ci plus longtemps et un peu plus fort. C’était insupportable. Il ouvrit les yeux et se rendit compte qu’Amina tenait un objet ayant effectivement le manche d’un couteau mais dont la partie supérieure se composait d’une longue et belle plume qu’elle s’amusait à gigoter sur son corps sans défense. Quelques secondes plus tard, elle s’arrêta enfin.

"Maintenant que j’ai identifié les zones les plus sensibles, on va pouvoir passer aux choses sérieuses. " Déclara la jeune femme en reposant la plume sur le charriot métallique.

Valymm sentit une sueur froide se répandre dans son dos. Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Il devenait pour lui de plus en plus difficile de garder ce calme apparent qui lui était propre dans ces conditions plus qu’absurdes. Amina se plaça pile entre ses jambes, dans le creux du X et posa un doigt sur les deux flans de sa victime avant de remonter doucement jusqu’à ses aisselles. La réaction du Kétha’s ne se fit pas attendre. Il se tortillait dans tous les sens en secouant violemment la tête de droite à gauche pour ne pas craquer. Amina s’amusa donc à faire glisser un doigt le long de son bras puis à revenir à ses aisselles. Après dix horribles minutes passé à cette endroit, la jeune femme décida de descendre lentement jusqu’à son ventre, sous le regard horrifié de sa victime. Une fois que ses charmants petits doigts y furent installés, elle y alterna caresses et chatouilles. Valymm se mordait tellement la lèvre qu’elle commençait à devenir violette. C’était comme si un mille-pattes s’amusait à courir sur cette partie sans doute l’une des plus vulnérable de son corps. Il ne craquerait pas, il ne pouvait pas craquer.

Après une demi-heure de torture, Amina le laissa souffler pendant quelques minutes. C’était la première fois qu’elle voyait ça. Jamais ses victimes n’avaient résisté aussi longtemps et ça l’impressionnait. Dans l’espoir de l’effrayer et de le prendre par surprise, elle commença à tournoyer doucement autour de la table puis fondit brusquement sur ses côtes. Valymm, qui ne s’y attendait pas, ne put retenir un bel éclat de rire. La jeune femme eu une lueur victorieuse dans les yeux. Pendant un court instant, elle avait bien cru qu’il ne craquerait jamais. Elle insista donc sur les côtes du Kétha’s qui se mit à rire de plus belle. Elle sourit. Elle ignorait que son espèce était capable de rire et elle trouvait le sien, à la fois grave et doux agréable à entendre. Puis elle changea de méthode et chatouilla à la fois son ventre et son aisselle gauche. Valymm, qui n’avait jamais éprouvé cette sensation auparavant, explosa de rire à n’en plus pouvoir. Impossible de résister. Bien. Elle voulait qu’il rie, alors il rirait, de toute façon, il n’avait pas le choix mais il ne dirait rien. Amina entreprit ensuite un ballet alternant côtes, aisselles et ventre. Il n’en pouvait plus. Il ne tiendrait jamais… Mais alors qu’elle allait lui donner le coup de grâce et lui faire subir l’humiliation suprême (à savoir uriner dans son pantalon) la porte de la chambre s’ouvrit et la générale entra. Cela faisait maintenant une heure que la torture durait.

"A-t-il dit quelque chose ? " S’enquit-elle.
-Pas encore, madame, mais ça ne tardera plus. "

La générale posa alors ses mains sur les joues de la jeune femme et murmura tendrement :

"Vous êtes fatiguée. Allez plutôt vous reposez. Vous poursuivrez l’interrogatoire demain. "

Amina hocha la tête. Elles abandonnèrent donc Valymm et quittèrent la pièce.
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Voilà ! Laissez moi vos avis, je ne mors pas ;) . Je vous promets la suite très bientôt :D !
J'aime beaucoup pour ce début ,j'ai hâte de lire la suite, même le fait qu'elle le laisse attaché comme ça jusqu'au lendemain doit être un véritable supplice sachant ce qu'il a subit et attendant la suite
Franchement, c'est extrêmement bien écrit et agréable à lire, hâte de découvrir la suite !
L'ambiance SF est très sympa également, ça donne un petit plus à l'histoire je trouve
Hi everybody ! Merci de vos commentaires qui m'aident à améliorer mon style d'écriture et aussi l'histoire en elle-même ;)
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Je vous livre tout de suite le second chapitre.
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Chapitre 2 : la torture continue


Lorsque les portes se fermèrent, Valymm fut plongé dans l’obscurité. Comme les Kétha’s voyaient dans le noir, ça n’était pas dérangeant. Comment arrivaient-ils à exécuter cette prouesse ? Leurs yeux étaient capables de capter le peu de lumière que pouvait projeter par exemple la lune ou les étoiles pour distinguer leur environnement comme un humain lambda l’aurait perçu vers cinq heures de l’après-midi. Problème : Cette pièce ne disposait pas de fenêtre ni d’aucune source de lumière. Valymm, pour la première fois de sa vie, se retrouva donc dans le noir et il avait peur, terriblement peur. Quelqu’un aurait très bien pu se tenir là, à côté de lui, prêt à l’achever à tout instant, il ne pourrait rien faire (Même si au fond, il était déjà totalement impuissant). Il comprenait maintenant ce qu’éprouvaient les nombreuses victimes de son peuple lors de leurs raids nocturnes. Sa respiration s’accéléra et il laissa échapper un petit gémissement apeuré.

Après quelques minutes passées à s’apitoyer sur son sort, il releva la tête. Il pouvait être fier car malgré ce qu’on venait de lui infliger, il avait tenu bon, laissant à ses ennemis un cuisant échec sur les bras. Maintenant qu’il savait à quoi s’attendre, il était sûr qu’il ne cracherait pas le morceau, même si la chose restait dure à supporter. De plus, il aurait toute la nuit pour se remettre de ses émotions. Il attendit donc, et ce pendant une heure, qu’on vienne le chercher pour l’emmener dans une cellule ou il passerait la nuit. Après tout, il était un prisonnier de marque et il méritait bien quelques égards. D’ailleurs, il commençait sérieusement à avoir mal au dos dans cette position. Mais il vint un moment ou Valymm comprit que personne ne viendrait le chercher et qu’il passerait la nuit ici. Il essaya donc de tirer sur ses liens, sans succès. Il n’arriverait jamais à dormir convenablement sur cette table et s’il n’arrivait pas à dormir, sa concentration et ses barrières mentales seraient considérablement affaiblies et dans ce cas-là, ce serait un jeu d’enfant pour ses ennemis que d’obtenir les précieuses informations qu’ils lui demandaient. Il fallait à tout prix qu’il s’échappe. Il poussa soudainement un cri de rage, à mi-chemin entre l’homme et la bête et tira violemment sur les sangles. Tout ce qu’il réussi à faire fut de se craquer les vertèbres. La douleur fut aussi brève qu’intense. Le Kétha’s se mordit les lèvres en se traitant intérieurement d’imbécile. Il n’arriverait à rien de cette façon.

Quand arriva l’aube, il sommeilla un peu mais fut tiré des bras de Morphée par un horrible et strident grincement qui résonna dans toute la pièce. Il fit une légère grimace puis tâcha de se rendormir. Les néons blancs qui s’allumèrent brusquement lui firent comprendre qu’il n’était plus temps de dormir. Agacé, il laissa échapper un léger grognement.

« Oh, je vous ai réveillé… Je suis désolée. »

Valymm ouvrit les yeux. Amina venait d’arriver avec son petit chariot. La porte automatique, encore ouverte derrière elle, laissait entrer une lueur aussi belle que vive, celle du soleil. Comme il n’était pas encore habitué à la lumière, celle-ci semblait dessiner derrière son bourreau comme une paire d’ailes.

« Voilà donc comment se retrouver en enfer aux côtés d’un ange... » Songea t-il en s’amusant de sa propre plaisanterie.

Cette vision quasi féérique le laissa béat durant quelques secondes puis il reprit conscience de la situation. Il ne devait pas se laisser distraire.

« Vous comprenez, j’ai oublié de le huiler. » Expliqua la jeune femme.

Devant son regard incrédule, elle renchérit :

« Le chariot, j’ai oublié de le huiler. C’est pour ça qu’il fait ce bruit ! »

C’était la première fois que quelqu’un essayait de converser avec lui et c’était encore plus absurde que ce quelqu’un soit son bourreau. Il trouvait le fait qu’elle s’excuse pour cet immonde bruit étrangement attendrissant et il failli même l’en remercier. Ils se dévisagèrent sans un mot pendant plusieurs minutes. Amina, visiblement gênée, finit par baisser la tête tout en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille. Quand elle releva son visage, ses traits étaient plus fermés, plus durs. Elle prit une grande inspiration et demanda :

« Avez-vous quelque chose à me dire ? »

Le Kétha’s demeura silencieux.

« Bien. Je dois tout de même vous prévenir. Chaque jour ou vous refuserez de parler, vous plongera vers le pire. A chaque fois que j’essuierai un silence de votre part, je me montrerai un peu plus impitoyable. C’est compris ? »

Valymm ne répondit pas. De toute façon, qu’est-ce qui pouvait vraiment être pire que ce qu’il avait déjà enduré ?

Comme le Kétha’s ne parlait pas, comme elle s’y attendait, elle attrapa la plume mais cette fois-ci utilisa sa pointe pour titiller les aisselles de sa victime puis s’amusa à y dessiner de petits cercles. Valymm ne put s’empêcher de glousser. Elle connaissait maintenant les endroits ou se rendre pour le faire craquer. Et soudain, elle lâcha sa terrible arme et fondit sur son ventre. Elle avait comprit que si elle voulait obtenir une réaction de sa part, elle devait absolument le prendre par surprise ce qui fonctionna à la perfection. Le Kétha’s laissa échapper un rire d’une intensité telle que même son bourreau en fut surpris. Amina ne se laissa cependant pas distraire et continua son œuvre, continuant de gratouiller grâce à l’aide de ses charmants petits ongles la peau sans défense de sa victime. Elle glissa ensuite sur ses flans, tout aussi sensibles, et y fit danser ses doigts pendant une dizaine de minutes puis elle s’arrêta.

« Toujours rien à dire ? » S’enquit- elle en arquant un sourcil, un sourire malicieux sur les lèvres.

Valymm n’ayant pas l’intention de répondre, il mit à profit le peu de temps que la jeune femme lui offrait pour reprendre bruyamment son souffle.

Amina se détourna donc de lui pour s’approcher à pas rapides du bureau de la générale. Elle y pressa ce même bouton sur laquelle Fae avait appuyé pour l’appeler.

« Léa, j’aurais besoin de toi. Tu peux venir s’il te plait ? Merci. » Demanda t- elle.

Quelques instants plus tard, les portes automatiques de la chambre s’ouvrirent, et une autre jeune femme pénétra dans la pièce. Son visage doux, criblé de taches de rousseurs, contrastait avec ses cheveux couleur de feu qui lui suggéraient un tout autre tempérament. Elle était plus petite qu’Amina et cela la rendait étrangement adorable de même que ses quelques rondeurs.

« Helloooo, qu’est ce que je peux faire pour toi ? » Chantonna t- elle.
-J’ai affaire à un cas plutôt récalcitrant et tes services me seraient bien utiles. »

La dénommée Léa observa Valymm de la tête aux pieds puis chuchota :

« T’es pas sérieusement en train de parler du Kétha’s juste derrière nous… Tu sais que si sa petite famille le trouve, ils pourraient anéantir notre planète ? »
-Oui, je sais ! J’ai parfaitement conscience qu’on joue avec le feu mais nous avons encore du temps, tentons notre chance ! Tu m’aides ?
-Tu sais bien que je ne te laisserai jamais tomber. Et pis, j’dois avouer qu’il est quand même beau gosse.
-Léa !
-Oui, oui, je sais : concentration et méthode ! »

Amina reprit sa place et agita ses doigts à quelques centimètres à peine du ventre de sa victime. Sa collègue, quant à elle, s’installa au niveau des aisselles.

« Prête ? » Demanda la brune.
-J’attends ton feu vert.
-alors allons-y. »

Et sans crier gare, les deux jeunes femmes se mirent à chatouiller simultanément le ventre et le dessous des bras de Valymm qui ne put résister plus de six secondes et explosa de rire. Il songea amèrement, entre deux éclats, que si, il pouvait y avoir pire que ce qu’il avait subi jusqu’à présent. Il se trémoussait comme un diable Au bout de vingt minutes, il n’arrivait plus à réfléchir ni à penser. La seule chose qu’il arrivait encore à percevoir était l’horrible sensation qui semblait ne plus vouloir s’arrêter.

Au bout de quarante minutes, elles changèrent de méthode et se contentèrent de frôler sa peau. Léa, allant des coudes aux aisselles et Amina des côtes au ventre. Chaque contact de leurs doigts sur sa peau lui faisait l’effet d’un électrochoc.

D’un commun accord, ses bourreaux s’arrêtèrent aussi brutalement qu’ils avaient commencé.

« Ceci n’était qu’une démonstration comparé à ce que je peux vraiment vous faire endurer. Il vous suffit d’hocher la tête et on arrête tout. » Le prévint Amina.

Le Kétha’s n’avait plus la force de faire quoique ce soit et même s’il l’avait eue, son orgueil l’aurait empêché de laisser tomber. Cependant, il ne se voyait pas supporter cette torture une fois de plus mais il n’avait guère d’autre alternative. S’il craquait, son peuple serait condamné. Il se contenta donc de fermer les yeux et de les ignorer en espérant que le cauchemar prenne bientôt fin.

Les deux jeunes femmes échangèrent un regard.

« Bien, dans ce cas à demain. » Conclu Amina.

Elle reprit son chariot qui émit de nouveau cet insupportable grincement et franchit la porte en compagnie de sa collègue, qui lui lança :

« Ciao, beau gosse ! »

Une fois dans le couloir blanc et dénué de vie ou circulaient des dizaines d’hommes et de femmes portant un uniforme semblable au leur, Léa ne put s’empêcher de faire part de ses craintes à son amie.

« Tu crois vraiment qu’il va craquer ? Dans toute ma carrière, je n’ai jamais eu affaire à un cas aussi résistant. Il vaut peut-être mieux laisser tomber… »
-Non, je sens qu’on est proches du but.
-Et Fae ? Elle va sûrement t’interroger. Tu es comme une fille pour elle, elle ne peut pas passer une journée sans te voir ou demander de tes nouvelles. Tu comptes gérer ça comment ?
-Elle a dû partir en urgence pour essayer de repousser la flotte Ura.
-Les Uras ? Mais je croyais qu’ils étaient confinés dans le quadrant béta ?
-Ils ont violé le traité mais comme leurs vaisseaux ont un armement plus primitif que le nôtre, elle ne devrait pas être absente trop longtemps. C’est l’affaire d’une semaine maximum. Ecoute, demain on met le paquet et si ça ne marche pas… Eh bien on avisera. »

Léa poussa un soupir.

« Okay… Mais ne compte pas sur moi pour te couvrir. »
-Menteuse ! T’en es incapable. »

Les deux jeunes femmes rirent quelques instants puis Amina proposa :

« Je suis épuisée. Je vais aller prendre une douche et après j’irai boire un café, histoire de me détendre un peu. Tu voudras venir avec moi ? »

Au moment ou Léa allait répondre, son communicateur se mit à grésiller.

« Taylor ! Veuillez immédiatement ramener vos fesses à l’entrepôt 24 » Aboya son supérieur.

La rousse soupira.

« Peut-être pour une prochaine ! » Répondit-elle à son amie.

Amina haussa les épaules et salua Léa qui s’élança en courant dans le couloir. Une fois qu’elle fut assez loin, elle laissa s’échapper l’air assuré qui dominait ses traits pour arborer une expression plus contrariée. Ses victimes craquaient en moyenne au bout de trente minutes, une heure pour les plus résistantes mais deux jours jamais ! Si jamais elle échouait… Non, elle ne devait pas penser à ça. Elle y mettrait le temps qu’il faudrait mais elle y arriverait.
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Comme pour le chapitre précédent, vous pouvez laisser vos critiques. Je ne mors pas ( Et j'avoue ouvertement que je suis nulle pour ce qui est des titres de mes chapitres ahahah ). Que pensez-vous des personnages ? Que pensez-vous qu'il va arriver ensuite ?
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Je vous laisse cogiter et vous souhaite à tous une bonne journée/après-midi/nuit en fonction du moment ou vous verrez ce message.
Franchement je suis fan, et j'attend la suite avec impatience 😍😍
GTX a écrit :
dim. 01/03/2020, 22:41:29
Franchement je suis fan, et j'attend la suite avec impatience 😍😍
Wow, et bien je suis heureuse que ça te plaise autant ! Merci beaucoup d'avoir prit le temps de laisser un commentaire ^^. La suite très bientôt !
Chapitre 3 : En attendant l’exécution…


Valymm se réveilla en sursaut. Sa gorge le faisait abominablement souffrir. Il avait l’impression que s’il se risquait à parler, elle craquerait puis volerait en éclats. Il n’avait pas bu depuis deux jours. Tout était noir autour de lui. Il balaya les environs du regard, paniqué, espérant distinguer quelque chose mais malgré ses grands yeux ouverts, ne vit rien. Sa respiration s’accéléra brusquement. Il ne pouvait tout de même pas être devenu aveugle ! Puis la mémoire lui revint. Il se souvint de la chambre et surtout de ce qu’il avait enduré, une fois de plus…

Après qu’Amina et Léa l’eurent laissé, il avait tout de suite sombré. Impossible de savoir combien de temps avait duré son absence et l’obscurité de la pièce n’était pas significative puisqu’elle était dépourvue de fenêtres. Il pouvait très bien faire jour à l’extérieur.

Quoiqu’il en soit, et depuis ce qui lui avait paru une éternité, il sentait qu’il avait retrouvé un peu de forces. Il profita donc de ce temps qui n’appartenait qu’à lui et essaya d’envoyer un message de détresse de manière télépathique à ses semblables. Rien, pas même une voix lui répondit. Fae ne bluffait pas. Il était réellement trop loin pour communiquer. Il leva la tête vers le plafond, comme il avait l’habitude de le faire pour contempler les étoiles et attendit. Le silence était atroce. Il était seul. Personne ne savait qu’il était ici et personne ne viendrait le sauver…

Soudain, la porte s’ouvrit et le Kétha’s entendit le bruit du chariot métallique d’Amina. Il sentit ses cœurs se mettre à tambouriner dans sa poitrine. Elle arrivait. Il n’aurait pas le temps de souffler d’avantage. Amina entra en compagnie de Léa mais aussi de deux autres jeunes femmes qui devaient avoir dans les mêmes âges qu’elles. La première avait la peau noire. Son visage allongé était encadré de dreadlocks qui sublimaient ses yeux couleur ambre à la perfection. La seconde avait des cheveux blonds cendrés coupés très courts. Valymm chercha aussitôt leurs souvenirs les plus récents afin de connaître leurs noms. Même s’il savait qu’il n’aurait probablement pas le temps de les utiliser, c’était toujours déstabilisant de se trouver en face de quelqu’un qui sait votre nom avant même que vous ne lui donniez. Il s’arrêta brusquement. Il avait trouvé. Elles s’appelaient Eva et June.

Les quatre jeunes femmes s’approchèrent de lui en bavardant, comme si ce qu’elles allaient faire n’était qu’une simple formalité.

« Vous n’avez toujours rien à me dire ? » Demanda Amina en prenant délicatement sa plume.

Comme les deux jours précédent, Valymm garda le silence mais lorsque la jeune femme lâcha : « Bien les filles, installez-vous. », il regretta aussitôt.

Instinctivement, il tira sur ses sangles mais celles-ci ne bougèrent pas. Amina le remarqua et en déduisit que le traitement fonctionnait car c’était la première fois qu’il le faisait en trois jours. Il avait peur.

Valymm ferma les yeux. Il ne voulait pas voir ou elles allaient l’attaquer en premier de peur de rire avant d’être touché. Il fallait qu’il résiste.

Léa se plaça derrière la table pour avoir plus libre accès aux aisselles de sa victime, June au niveau des côtes, Amina près du ventre et Eva près des genoux.

« C’est parti. »

Léa et June se jetèrent sur leurs parties respectives puis furent rejointes par Amina qui caressa longuement le ventre de sa victime avec sa plume avant de glisser dans son nombril comme elle l’avait fait le premier jour. Le résultat fut immédiat. Le Kétha’s commença à gigoter dans tous les sens en émettant toutes sortes de gloussements. Il tenta de protéger les points les plus sensibles de son corps en voulant ramener ses bras contre lui mais le cliquetis des chaîne lui fit comprendre qu’il n’aurait d’autre choix que de subir une fois de plus ce qu’on allait lui faire endurer. Le mariage des deux méthodes était tout simplement horrible. Puis Amina fit un signe de la tête à Eva qui immédiatement se mit à titiller les cuisses et le derrière des genoux de Valymm qui, même si le pantalon les protégeait encore, n’en restait pas moins insupportable. Le Kétha’s, qui ne s’attendait pas à être chatouillé à cet endroit, se mit à hurler de rire sans pouvoir s’arrêter et évidemment, ses bourreaux en profitèrent. Parfois, les jeunes femmes échangeaient leurs places mais sans jamais quitter la peau de leur victime du bout de leurs doigts, exécutant d’affreux va et viens sur cette dernière. Il n’arrivait plus à penser à autre chose qu’à l’horrible sensation. Au bout d’une demi-heure, il s’écria entre deux hoquets :

« Arrêteeeeez, je vous en prie, arrêtez ça ahahahah tout de suite ! »

La torture cessa instantanément. Amina écarquilla les yeux. Ça avait marché. Il aura fallu trois longs jours.

« Êtes-vous prêt à nous dire tout ce que nous voulons savoir ? » Renchérit-elle en continuant de le frôler du bout de sa plume.

Le Kétha’s se contrôla pour ne pas repartir dans un nouveau fou rire. Il réalisa brusquement. Qu’est-ce qu’il lui avait prit ? Il ne pouvait pas lui révéler ces informations. D’un autre côté, il ne supporterait pas ce supplice plus longtemps…

Amina jugeant son temps de réponse trop long, fit signe à ses collègues de continuer.
« Pitié ! Pitiéééééééé, héhéhéhhéhé ! »

Léa intensifia les chatouilles sur ses aisselles et lança :

« Pardon mais on n’a pas bien entendu. »

Valymm hurla de plus belle. Au bout d’une autre demi-heure, la torture s’arrêta de nouveau.

« Arrêtez… S’il vous plaît… Je parlerai. » Bégaya t-il, épuisé.

Un sourire victorieux se dessina sur le visage d’Amina.

« Beau travail, les filles. Je n’y serais jamais arrivée sans vous. Vous avez droit à une pause bien méritée. »

Les trois autres jeunes femmes se relevèrent en souriant et après avoir salué leur amie, quittèrent la pièce.

« Je vous écoute. » Déclara Amina en se postant face au Kétha’s.

Il poussa un long soupir puis demanda difficilement :

« Qu’adviendra t-il de moi si je vous révélais ce que vous voulez savoir ? »
-Je suppose qu’on abrègera vos souffrances…

Il laissa retomber lourdement sa tête et ferma les yeux.

« Autrement dit je serai exécuté. »

Un lourd silence se répandit dans la chambre.

« Vous l’avez mérité. » Renchérit la jeune femme d’une voix qu’elle aurait voulu moins tremblante.
-En êtes-vous sûre ? »

Ses yeux couleur or étaient plantés dans ceux d’Amina qui frémit. Son regard était d’une telle intensité qu’elle dû rapidement détourner la tête.

« Écoutez, j’ai besoin de ces informations ou vous anéantirez mon peuple ! » Cracha t- elle au bout d’un certain temps.
-Si je vous donne ces informations, c’est mon peuple qui sera anéanti.
-Vous êtes des monstres.
Il eu un rire douloureux.
« Vous les humains… Vous croyez toujours faire ce qui est bien, que vous êtes les gentils et que nous sommes les méchants. Votre but est d’éradiquer le mal mais avez-vous déjà pensé que le mal, ça puisse être vous ? »

Amina se retourna brusquement de sorte qu’il ne pu voir que son dos.
« Vous mentez. »
-Certain de nos vaisseaux transportent aussi des femmes et des enfants. Beaucoup ignorent ce qu’est la guerre et n’ont jamais touché ni vu d’arme… Ils… Ils ne méritent pas ce que vous leur réservez. Punissez moi si vous le voulez, tuez moi mais ne les mêlez pas à ça. Nombres des Kétha’s que vous avez abattus avaient un cœur, comme vous. Ils avaient une famille qui comptait sur eux, une famille qui jamais ne les reverront… Alors pitié, arrêtez de me faire croire qu’il y a un bon et un mauvais camp. Vous et moi ne sommes pas si différents l’un de l’autre… Nous essayons tous les deux de faire ce qu’il y a de mieux pour notre peuple… »

La jeune femme fit volte-face, le visage inondé de larmes.

« C’est faux ! Ne me comparez pas à vous ! Si vous êtes si bon, dîtes moi : N’avez-vous jamais tué ? »
-Jamais.

Amina écarquilla les yeux, surprise.
« Jamais ? »
-Je suis un scientifique, pas un soldat. Je passe la plupart de mon temps cloîtré dans mon laboratoire.
-Alors pourquoi les Kétha’s font-ils ça ? Qu’est ce qu’on leur a fait ?
-Il y a environ 2000 ans, des humains ont posé le pied sur notre planète. Nous n’avions aucune technologie et vivions en harmonie avec nos semblables. Lorsque nous les avons vu, nous les avons accueilli et choyés. Ils nous ont appris leur langue et ont partagé leur savoir concernant l’espace et de nombreuses autres choses avec nous. Nous croyions qu’ils étaient nos amis… Jusqu’au jour ou nous avons découvert qu’ils enlevaient certains des nôtres pour faire des expériences dessus. Ils ont même foré dans notre planète pour en retirer un minerai qu’apparemment on ne trouvait qu’ici. Ils se sont servis de nous alors que nous les avions accueillis à bras ouverts. Nous nous sommes donc révoltés, nous avons prit le contrôle de leur vaisseau et ils ont fui dans des capsules de sauvetage. A partir de ce jour, nous avons su que nous ne pourrions plus faire confiance à personne alors pour sauver notre peuple et notre monde, nous avons construit des vaisseaux à notre tour. Nous nous sommes élancés dans l’espace et avons commencé à détruire les civilisations dont la technologie était une menace pour notre survie. Nous avons déterminé un périmètre de sécurité si bien que la localisation de notre planète fut perdue parmi les vôtres après quelques générations. Pour tous les Kétha’s, vous êtes des monstres sanguinaires, prêts à nous arracher le cœur dès que vous en aurez l’occasion. Les Kétha’s ne sont pas mauvais, ils ont peur. Ils ont encore plus peur de vous que vous n’avez peur d’eux. Bon après je vous l’accorde, nous comptons dans nos rangs des sadiques et des fous de la gâchette mais pouvez-vous dire que vous n’avez pas leur équivalent dans votre peuple ? »

Amina demeura interdite.
« Qu’est-ce qu’on peut faire ? » S’enquit-elle, les joues rougies de larmes.

Valymm rit tendrement. Malgré ses quelques doutes encore présents, il discernait sa sincérité mais que pouvait-elle y changer ?

« C’est la guerre. Vous ne pouvez rien y changer. Maintenant que vous savez que je ne parlerai pas et pourquoi, laissez-moi attendre la mort. Pour que Fae soit contente de vous, vous pouvez néanmoins lui dire que nous avons prévu d’attaquer Naboth, ça évitera que d’autres vies soient gâchées inutilement. » Lâcha t-il faiblement.

Il se sentait partir. Ces trois jours l’avaient épuisé. Amina, un poing sur la bouche le regardait sans un mot. Il ignorait ce qu’elle allait faire maintenant qu’elle possédait cette information mais il s’en moquait. Tout ce qu’il voulait était dormir. Pour lui, c’était la fin de la route alors en attendant son exécution et histoire d’avoir l’air digne à ce moment là, il ferma les yeux et se laissa lentement sombrer. Il entendit la jeune femme tourner les talons puis perçu le bruit de la porte. Elle était partie.

De son côté, Amina marchait à pas pressés dans le couloir de la base. Un soldat, elle devait trouver un soldat. Quand elle en vit deux sortir de la cantine en riant, elle poussa un cri de joie intérieur et se précipita à leur rencontre. Elle les connaissait bien. Il s’agissait de Mike et Bob, deux phénomènes qui excellaient aussi bien dans leur rôle de soldat que dans l’humour douteux. Ils étaient célèbres dans toute leur section pour avoir mit des vers dans la ration de leur supérieur. Bombant la poitrine, la jeune femme déclara :

« J’aurais besoin de vous pour transférer le prisonnier dans mes quartiers. Il est prêt à faire des confidences mais je crois qu’il aurait besoin pour ça d’un contexte plus favorable. »

Les deux hommes hochèrent la tête et Bob lâcha :
« On vous suit, mamzelle. »

Le trio regagna donc la chambre ou était Valymm. Quand ce dernier entendit la porte s’ouvrir, il releva doucement la tête. Il était encore trop tôt, pourquoi revenait-elle ? Lorsqu’il vit les deux hommes qui accompagnaient Amina, il fut plongé dans la perplexité la plus totale. Que lui voulait-on cette fois-ci ? A sa grande surprise, ils détachèrent les sangles qui le retenaient puis le prirent chacun sous un bras et le firent quitter la pièce. L’heure de son exécution était donc déjà arrivée ? Mais dans ce cas, ou était Fae ? Car il savait qu’elle ne manquerait cet évènement pour rien au monde. La générale s’était déjà montrée décevante à son égard mais il ne pensait pas qu’elle oserait être absente le jour ou l’on devrait le tuer. Les gens dans le couloir le dévisageaient. Certains reculaient, effrayés, d’autres le toisaient avec mépris. Les gardes s’arrêtèrent devant une porte tout à fait banale sur laquelle était inscrit le numéro 29. Amina tapa rapidement les touches du terminal qui se trouvait à l’entrée et la porte s’ouvrit. La jeune femme entra. Valymm reçut un violent coup dans le dos qui le força à avancer. Il laissa échapper un grognement, agacé. Pourquoi fallait-il que tous les gardes fassent ça ? Leurs victimes savaient marcher alors à quoi bon cette bassesse ?

« Laissez-nous. » Ordonna la jeune femme.

Les soldats ne bronchèrent pas et la porte se ferma. La pièce était assez luxueuse mais ce qui plut à Valymm fut sa grande baie vitrée qui permettait de voir les merveilleux jardins suspendus d’Odessa. Un véritable régal pour les yeux. Il contourna la longue table qui occupait le centre de la chambre et s’approcha lentement de la vitre jusqu’à ce qu’il soit assez proche pour que son souffle forme de la buée sur sa surface. Lui qui avait cru ne plus jamais revoir la lumière, il était servi. Il se retourna doucement et planta ses yeux dans ceux d’Amina, les mains crispées sur le dossier de la chaise qui se trouvait en bout de table. Il ressentait ses émotions mais il n’arrivait pas à les interpréter tant elles étaient contradictoires. Afin d’y voir un peu plus clair, il se décida à entamer le dialogue :

« Pourquoi ? Pourquoi m’avoir amené ici ? Qu’attendez-vous de moi ? »
-Comme vous ne m’apprendrez plus rien, vous allez demeurer ici en attendant le retour de la générale. Et ce n’est pas la peine d’essayer de forcer l’ouverture des portes. La combinaison est parfaitement aléatoire et change tous les jours. »

Valymm hocha la tête. Bien. Il avait quitté une prison pour une autre mais il ne voyait pas pourquoi l’installer aussi confortablement en attendant son exécution.

Il remarqua les doigts frêles et délicats d’Amina se détacher nerveusement du dossier de la chaise. Elle se dirigea vers un magnifique coffre orné de coussins pourpres et l’ouvrit. Elle en sortit un long manteau noir ainsi qu’une chemise. Le Kétha’s les reconnu aussitôt. La jeune femme s’avança vers lui prudemment et les lui tendit :

« J’avais rangé vos vêtements ici, prenez les. Les nuits sont assez fraiches. »

Valymma les prit et hocha la tête pour la remercier. Son geste lui fit l’effet d’un électrochoc. Est-ce qu’il venait vraiment de la remercier ? Il était vraiment pathétique…
« Le dîner est à 18h. Sachez que si vous tentez quoique ce soit contre moi, cela ne ferait qu’accélérer l’heure de votre mort. »

Le Kétha’s ne répondit pas. Quoi ajouter après ça ?

« Je… Je serai dans mon bureau si vous avez besoin de quoi que ce soit. » Termina t- elle un peu maladroitement.

Valymm haussa un sourcil. Amina se mordit la lèvre. Pourquoi avait-elle lancé ça ? Il n’était qu’un prisonnier, il ne méritait pas autant d’égards. Elle s’en voulait terriblement. Elle se contenta donc de se retourner sans un mot et se dirigea à petits pas pressés dans son bureau.

A 18h comme prévu, la table était dressée avec une assiette à chaque bout. Le diner se fit dans le silence le plus total. Quand ils eurent terminé, Amina présenta à Valymm un divan et lui expliqua que c’était ici qu’il passerait désormais toutes ses nuits. Le Kétha’s, même s’il aurait préféré un bon lit, en fut tout de même ravi. Voilà qui reposerait son dos de cette horrible table sur laquelle il avait passé les trois derniers jours.

« Bien, je crois que nous n’avons plus rien à nous dire. » Conclu t- elle.

Et le quitta de nouveau. Il sentait sa peur à chaque fois qu’elle venait lui parler et pourtant, elle faisait preuve d’un aplomb admirable et il aimait ça. De toute sa longue vie, c’était la première fois qu’un simple humain osait lui tenir tête ou même lui donner des ordres. Il se laissa tomber sur le divan, les bras derrière la tête. Maintenant qu’il était ici, il allait devoir réfléchir à un plan d’évasion. Le plus efficace lui semblait de prendre Amina en otage mais il n’était pas sûr que cela fonctionnerait et il ne voulait pas risquer la vie de la jeune femme. Il secoua la tête. Il était Kétha’s, elle était humaine. Ils étaient ennemis. Il ne devait pas se soucier autant d’elle. Demain, il mettrait son plan à exécution.
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Déjà le troisième chapitre ! L'histoire vous plaît-elle toujours autant ? J'attends des critiques ^^ !
Wow c'est toujours aussi bien !
Et j'ai adoré l'aspect psychologique sur la guerre : qui sont les méchants ? Qui sont les gentils ? Y a-t-il finalement un camp pire que l'autre ?
C'était très bien mené, chapeau !
Hâte de lire la suite !
Très bonne histoire! La scène de torture est délicieusement longue et horrible, a telle point que j'aimerais être à sa place 😍😍😍
Je serais un des premiers lecteurs si il y a une suite !
Revan a écrit :
mar. 03/03/2020, 08:33:43
Wow c'est toujours aussi bien !
Et j'ai adoré l'aspect psychologique sur la guerre : qui sont les méchants ? Qui sont les gentils ? Y a-t-il finalement un camp pire que l'autre ?
C'était très bien mené, chapeau !
Hâte de lire la suite ! Image
Merci, merci et encore merci ! La guerre est un sujet que j'aime particulièrement traité mais j'ai toujours peur que ça fasse toujours un peu enfantin une fois couché sur la papier dans mon style d'écriture. J'espère que la suite te plaira autant ! N'hésite pas à me faire de remarques :D
GTX a écrit :
mar. 03/03/2020, 14:28:04
Très bonne histoire! La scène de torture est délicieusement longue et horrible, a telle point que j'aimerais être à sa place 😍😍😍
Je serais un des premiers lecteurs si il y a une suite !
Demande lui, je suis sûre qu'il ne refusera pas :lol:
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Pour ce qui est de la suite, je peux t'assurer qu'il y en aura une ! Valymm et Amina ne sont pas prêt de te quitter ahahah, enfin, seulement si tu es prêt à les supporte jusqu'au bout !
Et voici le chapitre 4, tout chaud sorti du four de mon imagination :D !


Chapitre 4 : Faire connaissance


Ce fut les doux rayons du soleil qui réveillèrent Valymm le lendemain alors que la plupart de la base sommeillait encore. Sitôt l’astre avait caressé son visage que ses paupières s’étaient mises à frémir pour finalement s’ouvrir brusquement. Si les Kétha’s étaient rigoureusement matinaux, Valymm, qui n’était plus soumis à une quelconque hiérarchie, s’autorisa à paresser un peu. Il s’étira, bailla longuement et referma les yeux.

C’est alors qu’il entendit un bruit léger de pas. Curieux, il ouvrit un œil et vit Amina en chemise de nuit, ou du moins dans une tenue qui s’y apparentait. Ses cheveux en bataille, libérés de sa queue de cheval habituelle, lui donnait un air sauvage que le Kétha’s appréciait. Il la découvrait sous un jour tout à fait nouveau. Aussitôt s’était-elle approché de la baie vitrée que le soleil avait souligné, et ce malgré la présence du tissus, ses formes à la fois douces et généreuses, enveloppant les contours de son corps d’un fin liserais doré. Valymm, par pudeur et afin qu’elle ne soit pas gênée, baissa immédiatement la tête. Néanmoins il ne put s’empêcher de songer à quel point elle était belle.

Amina se dirigea en cuisine ou elle ordonna à l’assistant virtuel qui y résidait de lui préparer un café. Le Kétha’s se lova donc dans le divan mais ne parvint pas à se rendormir. Il avait faim. Il se leva donc, le plus naturellement du monde et se rendit à son tour en cuisine comme si il avait toujours vécu ici. Valymm avait une certaine aisance quant aux lieux qu’il visitait et avait la faculté de s’adapter rapidement à son nouvel environnement ce qui lui avait fortement servi durant sa longue existence. Lorsqu’il franchi le seuil, la jeune femme hurla et lâcha la tasse de café brulant qu’elle venait de porter à ses lèvres.

« Oh, je suis désolée… J’avais oublié que vous étiez ici… » Lâcha t- elle une main sur le front.

Elle s’agenouilla en soupirant et commença à ramasser les morceaux de céramique qui gisaient par terre. Valymm s’accroupit à côté d’elle et releva l’une des fougueuses mèches qui cachaient son visage avec son index griffu afin de pouvoir voir ses yeux. Surprise, elle sursauta puis il la sentit se crisper mais elle ne protesta pas.

« Laissez, je vais m’occuper de ça. » Souffla t-il.
-Non, non, ça ira. Je vous remercie. »

Le ton qu’elle avait employé étant assez sec, il n’insista pas. Il haussa les épaules et se releva. Il tourna paisiblement les talons et songea que c’était le moment idéal pour la prendre en otage mais préféra attendre qu’elle se remette de ses émotions avant. Il s’arrêta. Il préférait qu’elle se remette de ses émotions ? Ça n’avait aucun sens mais il n’avait pas le cœur de la kidnapper maintenant. Il attendrait midi. Soudain, un « Aïe » retentissant déchira le silence qui pesait sur la cabine. Le Kétha’s fit volte face. Elle s’était entaillée la paume de la main avec un morceau de la tasse.
« Je vous avais dit de me laisser m’en occuper. » Grogna t-il en revenant auprès d’elle.

Il était contrarié. Non pas parce qu’il l’avait jugée incapable d’accomplir ce travail et qu’il devait désormais essuyer ses erreurs mais parce qu’elle s’était entêtée et qu’elle s’était blessée.

Il s’assit près d’elle et ordonna :

« Donnez-moi votre main. »
-Non, ce n’est qu’une égratignure, ça va aller.
- Donnez-moi votre main. »

A contre cœur, elle la lui tendit et il prit, pour la première fois, ses doigts fragiles et délicats entre les siens. Ce simple contact lui donna des frissons dans tout le corps. C’était la première fois qu’il ressentait cela et c’était assez… déconcertant voir bizarre… La blessure était vilaine mais superflue. Elle guérirait vite.

« Ça n’est pas grave. Il vous suffira simplement de nettoyer la plaie et de mettre un bandage. Faites le maintenant avant que ça ne s’infecte. »

Elle hocha doucement la tête et quitta la cuisine. Il attendit de ne plus entendre ses pas pour ramasser les derniers morceaux de céramique. Au vu de combien elle pouvait se montrer obstinée, il avait craint pendant quelques instants qu’elle ne revienne en ayant changé d’avis.

Il essuya ensuite le sol avec un chiffon puis le posa sur la barre métallique accrochée au mur pour le faire sécher. Il sortit presque timidement de la cuisine de peur de l’effrayer de nouveau mais voyant qu’elle n’était pas dans le secteur, il décida de retourner près de la baie vitrée afin d’admirer cette vue dont il était tombé amoureux. L’abondance de la végétation et la grande variété de plantes et de fleurs qui composaient les jardins suspendus d’Odessa lui rappelaient avec nostalgie sa planète natale et ses grandes forets tropicales. Tout à coup, il sentit comme une présence derrière lui. Il se retourna paisiblement. Amina se tenait à l’autre bout de la pièce comme elle avait prit l’habitude de le faire. Il avait remarqué qu’elle maintenait toujours entre eux deux comme une distance de sécurité et Valymm l’en félicita intérieurement. Elle ne devait pas baisser sa garde. Ça l’aiderait si un jour elle devait tomber sur d’autres Kétha’s car il savait qu’ils ne se montreraient ni aussi gentils ou compréhensifs que lui envers elle.

Elle lui demanda poliment s’il voulait manger quelque chose ce à quoi il répondit qu’une simple infusion lui irait à merveille. Elle inclina la tête et retourna en cuisine. Elle semblait plutôt perturbée, ça n’était pas la peine de lui demander de préparer un second déjeuner.

Les six jours qui suivirent cet évènement passèrent normalement, presque trop normalement. Valymm s’était habitué à sa nouvelle vie et elle ne lui déplaisait pas, bien qu’il aurait aimé sortir pour admirer le monde extérieur au lieu de rester cloîtrer toute la journée dans la cabine d’Amina mais il ne s’en plaignait pas. Pour passer le temps, il lisait beaucoup, paressait encore plus et s’occupait des rares plantes d’intérieurs que la jeune femme possédait. Elle et lui se voyaient d’ailleurs de plus en plus rarement, sauf bien sûr au moment des repas. Pour ne pas l’effrayer, il faisait en sorte de ne jamais occuper la même pièce qu’elle au même moment. Quand elle était en cuisine, il était au salon, quand elle était au salon, il était dans son bureau etc… Il respectait son espace et elle respectait le sien. Cette entente sourde et cordiale leur plaisait même s’ils ne l’avouaient pas. Amina appréciait la compagnie, quasi invisible, de ce discret colocataire mystérieux et raffiné tandis que de son côté, Valymm apprenait à découvrir la jeune femme ce qui ne faisait que renforcer des sentiments qu’il pensât être de l’estime.

Le septième jour, Valymm se réveilla en sursaut au beau milieu de la nuit. Son cœur tambourinait si fort dans sa poitrine qu’il cru qu’il allait en sortir. Ça faisait une semaine qu’il était ici… Une semaine… Une semaine qu’il faisait des cauchemars dans lesquels il mourrait à chaque fois d’une façon différente. Fae arriverait sans doute dans la journée et que s’il ne s’échappait pas d’ici là, ce serait la fin de la route. Il prit sa tête entre ses mains et enfonça ses griffes dans son crâne. Puis il tourna la tête vers la cabine d’Amina dont la porte, depuis maintenant deux nuits, était restée ouverte. Ça voulait dire qu’elle lui faisait assez confiance pour dormir paisiblement, sans crainte qu’il ne l’attaque pendant son sommeil. Il aurait pu profiter de cette occasion mais il ne s’en sentait pas le courage. Il se leva donc et alla dans la salle de bain ou il se mouilla énergiquement le visage comme pour chasser toutes ces mauvaises pensées. Il avait encore un peu de temps avant le retour de la générale. Quand il sortit de la pièce, il s’aperçu que la porte du bureau d’Amina était ouvert. Curieux, il s’approcha discrètement. Il ne tarda pas à entendre une voix qu’il reconnu aussitôt, celle de Fae. Il osa pencher la tête à l’intérieur et vit la jeune femme assise devant son ordinateur en train de communiquer avec la générale par vidéoconférence.

« Je n’ai pas appelé plus tôt car je ne voulais pas vous inquiéter mais la situation nécessite que je vous prévienne. Les Uras sont plus nombreux que prévus. Ils nous ont infligés quelques dommages mineurs mais qui restent tout de même assez handicapants. J’aurais donc probablement un peu de retard. » Lui expliqua Fae.

-D’accord… Mais restez prudente, je vous en prie.
-Ne vous inquiétez pas. C’est une affaire de quelques jours. Je vous rappellerai demain vers 18h pour vous faire part de notre situation. En attendant, parlez moi plutôt de vous. Comment est-ce que vous allez ?
-Fatiguée mais ça va.
-Vous vous surmenez trop, prenez un peu de repos ! A force, je vais devoir vous y obliger. » Rit-elle tendrement.

Comme Amina n’ajoutait rien, soucieuse, la générale reprit :

« Et le prisonnier ? A-t-il dit quelque chose ? »

Elle secoua la tête.

« Il refuse de parler. Tout ce qu’il a dit était qu’ils prévoyaient d’attaquer une planète du nom de Naboth. »

-C’est déjà ça… Malheureusement, Naboth est trop loin de notre position pour tenter quoique ce soit et j’ignore si nous serons encore en mesure de la défendre après avoir vaincu les Uras…
-Qu’est ce que je dois faire ?
-Vous n’avez pas à vous occuper de ça, c’est mon rôle, pas le votre. Ce serait trop lourd pour vos épaules, ma chérie.
-Et pour le prisonnier ?
-Ne vous acharnez pas sur lui, je ne crois pas qu’il nous en apprendra d’avantage. Mettez-le dans une des cellules du niveau 16. Il y croupira en attendant que je l’exécute à mon retour.
-Bien, madame.
-Amina, je vois bien que cette affaire vous préoccupe mais ne vous en faites pas. Tout va s’arranger, je vous le promet. »

La jeune femme hocha la tête, pas vraiment convaincue et la transmission se coupa. Valymm retourna alors rapidement s’étendre sur le divan. Il ne voulait pas qu’elle sache qu’il l’avait espionnée. Quant à elle, elle regagna sa chambre et s’écroula sur son lit.

Le Kétha’s en profita alors pour lire ses pensées. Depuis qu’il était ici, c’était la première fois qu’il perçait son intimité de cette façon mais il n’avait pas le choix. Il devait savoir. Il découvrit qu’elle n’avait pas l’intention d’appliquer l’ordre de Fae. Pourquoi ? Elle ne le savait pas vraiment. Elle se sentait malade à l’idée qu’elle pouvait le trahir. Elle se répétait en boucle qu’elle trouvait cela injuste mais en même temps, elle ne pouvait pas le cacher éternellement ici. Cacher ? Est-ce qu’elle venait vraiment d’employer le mot « cacher » ? Elle avait l’impression d’être une criminelle. Si elle n’appliquait pas la procédure, elle se révoltait contre son propre peuple mais elle se demandait si elle aurait la force d’aller au bout de cette dernière. Elle s’endormit sur l’aube pour se réveiller une heure plus tard. Elle serait bien restée dans son lit douillet mais elle devait aller travailler. Rien que l’idée du nombre de paperasse dont elle devait s’occuper lui donna la migraine. Elle fini néanmoins par se lever, encore à moitié dans les bras de Morphée, déjeuna, s’habilla et sortit.

La journée fut longue et particulièrement ennuyeuse. Lorsqu’Amina rentra dans sa cabine à 19h, épuisée, elle sentit une agréable odeur venir lui chatouiller les narines. Son estomac, qui n’avait pas mangé depuis 7h du matin se mit à gronder, lui intimant de se rendre immédiatement en cuisine, ce qu’elle fit. Elle passa au préalable par le salon et remarqua que la table avait été joliment dressée. On avait également nettoyé la cabine de fond en comble, plus une seule trace de poussière sur les meubles ! Quand elle entra en cuisine, qu’elle ne fut pas sa surprise de voir le Kétha’s en train de préparer le repas en fredonnant.

Emerveillée, elle s’approcha de son colocataire et posa, sans vraiment y faire attention, une main sur son épaule.

« Mais qu’est ce que vous faites ? » Souffla t- elle, aux anges, en admirant la viande qui fumait dans l’assiette.
-Je crois que c’est assez évident pour se passer de commentaires. »

Elle trempa un doigt dans la sauce et le lécha.
« Mmmmh, c’est délicieux ! » Lâcha t- elle.

Il lui tendit une serviette qu’elle refusa, préférant essuyer effrontément son doigt sur l’épaule de Valymm. Elle s’éloigna ensuite en riant, fière de son méfait. Bien que dégouté, il s’amusa de sa réaction. Elle semblait finalement se détendre en sa compagnie. Il apporta le plat sur la table puis tira galamment une chaise pour qu’elle puisse s’y assoir. Flattée par tant d’attentions, la jeune femme ne résista pas. Il lui proposa un verre de vin, elle répondit qu’elle en prendrait peut-être plus tard dans la soirée. Elle ne buvait jamais, n’y prenant pas vraiment de plaisir.

« C’est adorable mais vous n’auriez pas dû… ça a dû vous demander énormément de travail… » Laissa t- elle échapper après avoir avalé la première bouchée.
-Vous aviez l’air épuisée et contrariée quand vous êtes partie, je me suis dit que cela vous ferait plaisir. »

Elle sourit. Il avait raison. Qu’on soit aux petits soins pour elle ne lui déplaisait pas. Le repas achevé, Valymm débarrassa la table et, Amina, après l’avoir remercié une énième fois, parti se coucher. Quand il eu fini de ranger les couverts et les assiettes dans le lave-vaisselle, le Kétha’s alla s’allonger sur le divan.

C’est alors qu’il aperçu Amina qui se tenait sur le pas de la porte de sa chambre. Elle se mordait les lèvres nerveusement.

« Je… Je me disais que… que vous seriez peut-être plus à l’aise dans un vrai lit… » Bégaya t- elle.

Valymm haussa un sourcil. Sans doute oui, mais il ne voyait pas ou elle voulait en venir. Elle lui fit signe de la tête de venir. Il la suivit donc dans sa chambre ou elle tapota doucement son lit.

« Vous avez beaucoup travaillé aujourd’hui. Vous dormirez mieux ici. » Expliqua t- elle.

Elle prit ensuite son oreiller et s’apprêta à quitter la chambre mais à peine avait-elle franchi le seuil que le Kétha’s lui retint le bras.

« Restez. » Murmura t-il.

Ses pupilles dorées la dévisageaient.

« B…Bien… »

Elle se recroquevilla du côté droit de son grand lit et il s’allongea du côté gauche, chacun prenant garde de ne pas toucher l’autre. Et pour la première fois depuis longtemps, ils passèrent une nuit paisible sans le moindre cauchemar.
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En résumé, un chapitre plutôt paisible et agréable à écrire ! Comme toujours, j'attends vos critiques ! Le chapitre 5 suivra assez rapidement ;)
Ça fait du bien ce genre de chapitre, un peu de transition entre les événements majeurs d'une histoire. Je suis content que tu prennes le temps d'ajouter des détails et du fond à ton histoire afin que l'on se représente mieux l'univers dans lequel tu nous plonges ! Ce chapitre était très reposant et agréable à lire, et permet de développer un peu plus les protagonistes ainsi que leurs relations les uns avec les autres, ce qui est très appréciable.
Bref, encore un très bon chapitre donc merci de prendre le temps de nous écrire cette jolie histoire, et on attend la suite avec impatience !!
Revan a écrit :
jeu. 05/03/2020, 23:28:59
Ça fait du bien ce genre de chapitre, un peu de transition entre les événements majeurs d'une histoire. Je suis content que tu prennes le temps d'ajouter des détails et du fond à ton histoire afin que l'on se représente mieux l'univers dans lequel tu nous plonges ! Ce chapitre était très reposant et agréable à lire, et permet de développer un peu plus les protagonistes ainsi que leurs relations les uns avec les autres, ce qui est très appréciable.
Bref, encore un très bon chapitre donc merci de prendre le temps de nous écrire cette jolie histoire, et on attend la suite avec impatience !!

Merci encore une fois Revan, pour tes critiques claires et plaisantes à lire ! J'essaie effectivement de mettre toujours un maximum de détails dans mes histoires pour que les lecteurs se sentent plus proches des personnages. Après le plus dur reste de ne pas les submerger ahah !
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Sur ce, voici le chapitre 5 ! Comme toujours, je reste ouverte aux critiques bonnes comme négatives tant qu'elles restent constructives ( Pas la peine de me laisser des trucs dans le genre : " c'est nuleuuuu !" :D )
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Chapitre 5 Choisir un camp




Valymm se réveilla le premier et quelle ne fut pas sa surprise que de constater qu’Amina était à moitié affalée sur lui et dormait paisiblement. Elle avait sans doute bougé pendant la nuit. Ses cœurs se mirent à battre plus fort qu’ils ne l’avaient jamais fait. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’il lui arrivait mais au fond, il aimait ça. Il avala sa salive et tenta de se circuler sans la réveiller. Il commença par soulever délicatement la tête de la jeune femme puis la reposa tendrement sur son oreiller. Ensuite il fit glisser son bras le plus doucement possible mais perdit l’équilibre et tomba par terre. Il songea intérieurement qu’il était heureux que personne ne soit là pour le voir. Il était complètement ridicule. Il souffla sur l’une des mèches blanches qui lui étaient tombée sur les yeux et se releva.

Il se rendit en cuisine ou il demanda à l’assistant virtuel de préparer un café. S’il avait bien apprit une chose d’Amina, c’était qu’elle ne démarrait jamais une journée sans ce breuvage. Quant à lui, il se fit une tisane. Une fois qu’elle fut prête, il alla s’assoir à table, juste en face de la grande baie vitrée et admira le lever du soleil en attendant que la jeune femme se réveille. Les heures passèrent mais Amina ne semblait pas daigner sortir des bras de Morphée. Si elle persistait à dormir, elle finirait par être en retard mais il n’avait pas le cœur à la réveiller. Enfin, tard dans la matinée, il la vit arriver vêtue de sa chemise de nuit habituelle, les yeux encore gonflés de sommeil. Néanmoins, elle avait prit le temps de faire son habituelle queue de cheval qui la faisait paraître si stricte et froide.

« Vos supérieurs ne vont pas vous en vouloir de ne pas être allée travailler ? » Demanda t-il innocemment.
-Je ne travaille pas aujourd’hui. C’est mon jour de congé. » Répondit-elle en baillant.

Elle s’assit naturellement en face de lui et se frotta vigoureusement les yeux. Valymm la trouvait adorable. Puis, quand elle eu fini et qu’elle vit la tasse de café, elle s’exclama, attendrie :

« Décidément, vous êtes un amour. Merci. »

Elle but une gorgée. Le liquide encore brulant coula dans son œsophage endormi pour son plus grand bonheur. Elle reposa la tasse et attendit un peu avant de boire une seconde gorgée, histoire de bien en profiter.

« C’est bête mais je viens de réaliser que je ne connais pas votre nom. » Lança t- elle en le regardant droit dans les yeux.

C’était la première fois qu’elle le dévisageait de cette manière.

« C’est parce que je n’en ai pas. » Répondit-il posément.

Elle éclata de rire également pour la première fois. Le Kétha’s sourit. Elle n’était plus aussi crispée qu’avant quand elle était en sa compagnie et commençait même à se montrer de plus en plus détendue.

« Voyons, tout le monde à un nom. Les Kétha’s doivent bien en avoir aussi. »
-Oui, les Kétha’s ont des noms mais ils n’ont pas l’habitude de le révéler. Ils considèrent que les humains ne sont pas dignes de le connaître. »

Elle fit la moue. Aussitôt, il prit conscience de ce qu’il venait de sous-entendre et s’en voulu terriblement. Comme il ne voyait pas comment rattraper cette erreur, il préféra ne rien ajouter de peur de s’enfoncer un peu plus. Par chance, Amina n’insista pas. Elle détourna les yeux et observa longuement l’extérieur, l’air songeur.

« On s’ennuie ici et il fait si beau dehors. Sortons. » Déclara t- elle brusquement en se levant de sa chaise.

Il la regarda faire, les yeux écarquillés, sans bouger.
« J’avais cru comprendre que je resterais dans cette cabine jusqu’à mon exécution ? »
-Au diable le protocole ! Voulez-vous sortir avec moi oui ou non ? »

L’audace dont elle faisait preuve le surprit mais n’était pas sans lui déplaire.

« Avec plaisir. » Répondit-il aussitôt.

Elle tapa la combinaison nécessaire pour déverrouiller la porte de sa chambre et celle-ci s’ouvrit sans un bruit. La jeune femme regarda ensuite rapidement de droite à gauche dans les couloirs. Personne. Parfait ! Elle attrapa la main de Valymm et l’entraîna dans le labyrinthe qu’était la base. Ils sortirent sans se faire voir par les rares soldats qui patrouillaient dans le dédale.

A peine avaient-ils franchi la porte B12, celle qui donnait sur le nord, que le vent frais vint leur caresser le visage. Le Kétha’s ferma les yeux et prit une grande inspiration. Il avait l’impression que cela faisait des années qu’il n’avait pas prit l’air de cette façon et comme c’était bon. Il se sentait revivre. Cette porte débouchait sur un magnifique jardin dont les haies n’avaient rien à envier à celles si délicatement taillées par André le Nôtre pour le château de Versailles. Des rosiers entouraient ça et là les quelques statues judicieusement disposées dans le grand espace vert et ce pour le plus grand plaisir des yeux des visiteurs.
Valymm et Amina commencèrent à marcher doucement. Seuls leurs pas résonnant sur les pavés troublaient le silence ambiant. Si le Kétha’s avançaient comme à son habitude le menton fièrement levé et les mains croisées dans le dos, Amina trottinait timidement à côté de lui, tête basse en remettant de temps à autre une mèche de cheveux derrière son oreille.
Ils empruntèrent une allée encadrée de part et d’autre de grandes stèles noires sur lesquelles les pétales des arbres en fleurs tombaient doucement. La jeune femme expliqua qu’il s’agissait là d’un mémorial en l’honneur des grands généraux tombés à la guerre contre les Kétha’s. Valymm se contenta d’hocher respectueusement la tête. Il avait toujours eu beaucoup d’admiration pour la détermination de ces redoutables guerriers. La promenade se poursuivit paisiblement. Ils arrivèrent ensuite à un croisement dont le centre était orné d’une magnifique fontaine. Ils choisirent d’un commun accord le chemin de droite. A peine s’étaient-ils engagés qu’ils entendirent un bruit de pas. Amina s’arrêta net.

« Amédée… » Souffla t- elle.

En fouillant dans la mémoire de la jeune femme, le Kétha’s put donner un visage à ce simple nom. Amédée, 35 ans, les cheveux noirs et la peau mate, était l’un des meilleurs soldats de la base mais aussi le plus gradé en dessous de Fae. Il faisait souvent sa ronde par ici car il savait que c’était l’un des meilleurs endroits où d’éventuels ennemis pouvaient se cacher.

« Planquez-vous ! » Chuchota Amina en faisant de grands signes à Valymm pour qu’il recule.

Ils tournèrent aussitôt au coin d’une haie et traversèrent la pelouse pour aller se cacher, le cœur battant la chamade, sous le plus gros arbre du jardin. L’homme ne tarda pas à apparaître, l’air suspicieux. Il balaya longuement les alentours du regard puis tourna les talons.

Le Kétha’s et la jeune femme se dévisagèrent puis laissèrent échapper un rire nerveux.
« Peut-être vaudrait-il mieux rentrer… Chez nous ? Ce serait plus prudent. » Hasarda t-il.

Amina le fixa, surprise, pendant quelques secondes puis balbutia :
« Oui, bien sûr. On risquerait d’avoir des problèmes. »

Son cœur tambourinait si fort dans sa poitrine qu’elle cru qu’il allait en sortir. Il avait dit « chez nous ».

Ils se levèrent et prirent ventre à terre le chemin du retour. Ce sentiment de faire quelque chose de mal mais « pas trop » était tout simplement grisant et ni l’un ni l’autre n’avaient vraiment eu l’occasion de l’expérimenter au cours de leurs vies respectives, bien trop coincés dans le rôle qui leur avait été imposé. C’est l’adrénaline dans les veines et le sang aux tempes qu’ils regagnèrent la cabine d’Amina sans être vus par quiconque.

Adossés à la porte, ils laissèrent échapper un bref soupir de soulagement. Amusés par cette synchronisation, ils échangèrent un regard. Pour la première fois, Valymm se sentit totalement désemparé face aux grands yeux noirs de la jeune femme. Il voulu bafouiller quelque chose mais aucun son ne parvenait à franchir ses lèvres. Il se sentait empoté et profondément stupide mais bizarrement, il aimait ça. Il commença alors à s’avouer à lui-même, bien qu’un peu honteux, ce qu’il avait nié depuis maintenant plus d’une semaine. Seulement, étais-ce possible ? Il était la nuit, elle était le soleil. Ils étaient nés de deux mondes complètement différents et qui plus est, opposé. Avait-il le droit de l’aimer ? Lui, l’être sanguinaire, le monstre cruel ? Avait-il le droit de salir sa pureté avec la noirceur de son âme ?

« Quoi ? » Finit par lâcher Amina en riant de son air idiot.
-Je… »

Il avait l’impression d’étouffer. C’était tout simplement atroce. Son corps tout entier tremblait. Il marcha doucement jusqu’à la table et posa délicatement ses griffes sur le dossier d’une chaise. Il prit une grande inspiration et avoua :

« Je… Je crois que je ne vous suis pas indifférent… »

Elle écarquilla les yeux.
« Pardon ? »

Il fit une brève grimace. Il se maudissait intérieurement. Voilà où son côté « trop sentimental » l’avait mené. Il avait réussi à s’enticher d’une humaine.

« Sans rire ? » Reprit-elle en s’approchant.

Son ton un peu trop léger le blessa profondément. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Il tourna brusquement la tête pour ne pas avoir à affronter son regard.
« Passons je vous prie, pourriez-vous me dire quand est-ce que… »

Il s’arrêta net. Elle venait de poser sa main sur son poignet.
« Moi non plus… »

Il la dévisagea, surpris.
« Vous… Vous ressentez la même chose ? » Souffla t-il.

Elle hocha la tête en passant une main dans son cou, gênée. Il caressa son menton puis reprit :
« C’est assez… »
-Bizarre… » Finirent-ils ensembles.
Après quelques secondes d’un silence embarrassant, elle renchérit, la gorge serrée :
« Nous ne pouvons pas nous le permettre. Nos… »
-Nos rangs nous l’interdisent… Notre camp aussi… »

Elle hocha nerveusement la tête. A ce moment précis, dans la tête de Valymm, tout bascula. Il avait l’impression de s’être reçu une douche froide. Qu’est ce qu’il s’était imaginé ? Pourquoi fallait-il qu’ils soient dans un camp opposé ? Pourquoi cette notion de camp, d’ailleurs ? Pourquoi se faire la guerre ? A quoi tout cela rimait-il ? Il en avait vu des choses durant les trois siècles de son existence et maintenant plus que jamais il se demandait : « pourquoi ? ». Tous ce sang, ces morts, ces cris, ces pleurs, dans quel but ? Protéger leur planète, bien sûr, mais cette guerre était-elle vraiment nécessaire ? Il se rendait à présent compte qu’ils étaient devenus pires que les responsables du massacre de leur peuple 2000 ans plus tôt…

« Le diner est à 18h. » Souffla la jeune femme avant de se retirer dans sa chambre.

Ils mangèrent puis allèrent se coucher, chacun de leur côté, sans échanger un seul mot. Le lendemain se déroula de la même façon. Ils restèrent amicaux et polis l’un envers l’autre mais s’assuraient toujours d’avoir toujours une distance d’au moins un mètre entre eux d’eux ou de ne pas être dans la même pièce en même temps. Ils étaient de retour à la case départ. Le seul problème que leur professionnalisme apparent devait encore affronter était que lorsque l’un n’était pas là, l’autre lui manquait. Ils étaient constamment dans les pensées l’un de l’autre et n’arrivaient pas à se chasser, ou plutôt, ne le voulaient pas.

Au moment du dîner, alors que Valymm observait d’un regard absent la citée endormie, Amina se jeta à sa taille. Surpris, il écarquilla les yeux et se raidit.

« Je t’aime, je t’aime, je t’aime ! Je n’y arrive pas, c’est trop dur… » Sanglota t- elle.
Le Kétha’s tâcha de rester de marbre malgré l’envie de plus en plus forte de la prendre dans ses bras.
« Et le protocole ? »
-On s’en fout du protocole ! »

Alors, pour la première fois, il s’autorisa à la serrer tendrement contre sa poitrine et passa en tremblant une main dans ses cheveux. Il sentait son souffle dans son cou et comme c’était bon. Alors la comédie cessa.

Ce soir là, alors qu’ils dormaient comme d’habitude chacun de leur côté, il osa rapprocher une jambe de la sienne. Elle ne broncha pas. Il supposa donc qu’elle dormait mais lorsqu’elle lui souhaita bonne nuit, il comprit qu’elle le tolérait.

La nuit suivante, comme elle avait froid, elle n’hésita pas à se lover contre lui. Ce contact aussi brusque qu’inattendu le surprit mais il ne tarda pas à se détendre puis à s’endormir.

Le troisième soir, c’est couchée sur sa poitrine qu’Amina l’écoutait paisiblement respirer.

« Ça ne te fais pas peur ? » Lança t- elle tout à coup.
-Que ça aille trop vite ?
-Oui…
-Pour tout t’avouer… Je ne réalise pas vraiment. J’ai l’impression de rêver, que c’est trop beau. La seule chose qui me fait peur c’est de me réveiller de ce rêve et que toi, tu ne sois plus là. »

Elle l’étreignit aussitôt en soufflant :
« oooh, mais c’est beaucoup trop mignon ce que tu dis là ! Plus les jours passent et plus je me rends compte que tu fais le dur mais qu’en fait t’es une vraie guimauve à l’intérieur. »
-Pfff, n’importe quoi… » Grogna t-il faussement.

Elle profita du fait qu’il avait les bras croisés sous la tête et les yeux fermés pour soulever délicatement sa chemise.
« Mais je peux te prouver que je suis bien là et tout de suite. »

Et sans perdre d’avantage de temps, elle commença à frôler le bas de son ventre du bout des doigts grâce à son pantalon un peu trop baissé en raison d’un repas trop copieux, ce qui le fit sourire.
« Arrête. » Souffla t-il paisiblement.

Comme il ne semblait pas prendre la menace qu’elle représentait au sérieux, Amina un brin déçue continua. Rapidement, il commença à ricaner puis à rire tout simplement.
« Dis-moi tout ce que je veux savoir ! » Lui ordonna t- elle faussement.

Se prenant au jeu, il répondit :
« Okay, okay, j’avoue tout ! Qu’est ce que tu veux ? »

Elle arrêta la torture pour réfléchir puis lança :
« Je veux connaître ton nom. »
-Valymm. »

Elle écarquilla les yeux, surprise. Elle ne pensait pas qu’il le lui donnerait.
« Valymm ? Tu t’appelles Valymm ? » Balbutia t- elle.

Il sourit et hocha la tête. C’était si agréable de l’entendre prononcer son nom.
« C’est joli… C’est doux. » Lâcha t- elle encore un peu sous le choc de cette révélation.

Mais elle reprit bien vite ses esprits et recommença à le taquiner. A peine avait-elle posé ses ongles sur la peau sans défense du Kétha’s qu’il se mit à ricaner.
« Voyons voir ce que je peux apprendre d’autre… » Chuchota t- elle d’un air joueur.

Comme elle ne semblait pas décidée à s’arrêter, Valymm attrapa rapidement son poignet et articula fermement :
« Arrête. »

Frondeuse et un brin amusée, elle répondit :
« Pourquoi ? Qu’est ce que tu vas me faire ? »
-Te tuer.


Silence. Quand elle vit qu’il ne semblait pas plaisanter, son sourire disparu instantanément de son visage. Elle écarquilla les yeux, terrifiée, et se releva rapidement. Le Kétha’s fit de même et se posta à quatre pattes devant elle de sorte qu’elle n’ai d’autre choix que de se replier contre le dossier du lit, ce qu’elle fit.

« Arrête, tu me fais peur. » Lâcha t- elle d’une voix tremblante.

Il eu un léger rictus qui ne le fit paraître que plus effrayant. Puis il avança vers elle lentement, telle une bête sauvage. Elle était aculée.

« Arrête ! » Cria t- elle en commençant à pleurer.

Sa télécommande pour appeler les gardes étaient restée dans le salon. Elle était impuissante. Lorsqu’il fut tout près de son visage, elle voulu s’enfuir mais il plaça son bras de telle sorte à faire avorter son projet. Le cœur de la jeune femme battait la chamade. Jamais elle n’avais senti la mort d’aussi près.

Puis, contre toute attente, le Kétha’s posa tendrement ses lèvres sur les siennes. Surprise, Amina écarquilla les yeux puis se laissa doucement aller. Lorsqu’elle sentit Valymm se détendre, et donc baisser sa garde, elle prit délicatement son visage dans ses mains puis lui envoya une violente gifle. A la fois choqué et perplexe, il se recula aussitôt en tenant sa joue endolorie.

« Non mais t’es un grand malade ! Je peux savoir ce qu’il t’a prit ? »
-Je… Je suis désolé… Je ne le ferai plus… » Bredouilla t-il un peu honteux.

Il baissa la tête. Elle en profita donc pour se rapprocher doucement de lui.

« J’espère bien que tu le referas, j’aimerais juste que tu me demandes mon accord avant. » Souffla t- elle avant de lui rendre son baiser.

Elle se recula délicatement et rit en admirant son air béat. C’était la première fois qu’elle le voyait comme ça. Il était à la fois adorable et parfaitement ridicule. Pour le tirer de cet état second, elle lui jeta son oreiller en pleine figure. Se prenant au jeu, Valymm le lui renvoya.

« Comment ? Tu oses m’attaquer ? Moi, le seigneur des ténèbres ? » Grogna t-il, faussement outré.
-Seigneur des ténèbres, mon œil ! » Renchérit-elle en riant en commençant à le frapper avec son coussin.

Pour l’empêcher d’attaquer et afin de la déconcentrer, il se jeta sur elle et souffla bruyamment sur son ventre comme on l’aurait fait avec un enfant. Amina, qui ne s’y attendait pas, laissa échapper un bel éclat de rire. Surpris, Valymm recula. Est-ce que ça voudrait dire que… Il voulait en avoir le cœur net. Il recommença. Elle eu la même réaction. Il ne voulait pas y croire. C’était presque trop beau. Il tenait sa vengeance.

« Lâche-moi tout de suite ! Tu es en train de mettre plein de bave sur mes vêtements ! » Protesta t- elle en riant.

Il monta alors à califourchon sur son ventre et enserra rapidement de sa grande main les poignets de la jeune femme. Coincée.

« Valymm, qu’est ce que tu fais ? » Demanda t- elle.

Le ton de sa voix avait changé et trahissait son appréhension.

« Je vérifie simplement quelque chose. »
-Qu’est ce que tu racontes ?! Qu’est ce que tu vérifies ?!
-Chut, chut, chut, un peu de patience. Tu vas savoir dans quelques minutes.
- Valymm, dis moi tout de suite !
-Ne trouves-tu pas ironique que tu sois sensible à la même arme que celle dont tu t’es servie pour me torturer ?
-Tu crois que je serais assez bête pour faire ça ? Tu perds ton temps. Allez, lâche-moi maintenant. »

Ignorant impitoyablement ses vains efforts pour se libérer de son emprise, Valymm détacha avec sa main restante la ceinture de son pantalon et s’en servi pour ligoter les poignets de la jeune femme aux barreaux du lit. Ensuite il remonta lentement la chemise de nuit de sa victime en se délectant de son regard terrifié. Il s’arrêta au niveau de sa poitrine en prenant garde de ne pas aller plus haut. Il ne voulait pas se montrer pervers. Enfin, il se cala correctement sur les cuisses d’Amina de façon à l’empêcher définitivement de gigoter dans tous les sens. Il allait pouvoir commencer.

Il décida de débuter « gentiment » et approcha doucement sa bouche du vendre dénudé de sa victime. Son souffle sur ce dernier collèrent à la jeune femme d’insupportables frissons. Sans perdre un moment de plus, il couvrit de baisers sa peau sa défense. La réaction d’Amina fut quasiment immédiate. Elle se mit à glousser et à gigoter mais, comme il l’avait prévu, rien de bien conséquent. Il laissa donc tomber son ventre et s’attaqua à son cou de la même manière. Sa réaction fut identique. Il s’arrêta pour la laisser un peu souffler avant de passer aux choses sérieuses. Elle en profita pour ancrer son regard dans le sien.

« Tu sais ce que tu es ? Tu es attendrissant. Je t’avais dit que tu n’arriverais à rien. Allez, laisse moi dormir avant que je ne perde pour toi le peu d’estime qu’il me reste. » Se moqua t- elle tendrement.

Valymm fit comme si il ne l’avait pas entendue. Son audace le faisait rire intérieurement. Elle le sous-estimait et la partie n’en était que plus jubilatoire. Elle n’allait pas tarder à se rendre compte de son erreur. Pour le moment, elle résistait bien mais il faut dire que son supplice n’avait pas duré trop longtemps donc ça n’était pas un exploit. Il se contenta de lui sourire et posa un doigt sur chacune de ses aisselles puis prit un malin plaisir à descendre le long de ses côtes. A peine l’avait-il touchée qu’Amina bondit du lit, autant que ses entraves le lui permettait pour retomber brutalement sur le matelas. Elle n’avait pas poussé un seul cri mais il s’approchait du but.

« Aurais-je touché un point sensible ? Mmmh ? » Lui murmura t-il en insistant sur ses côtes.

La jeune femme avait retenu sa respiration pour ne pas laisser échapper ne serais-ce que le moindre ricanement si bien que ses joues étaient à présent si rouges et si gonflées que ça en devenait risible. Il remonta doucement vers ses aisselles et tout en y décrivant de petits cercles avec ses griffes, lui embrassait le cou. Amina souffla bruyamment, si bruyamment qu’on aurait pu croire qu’il s’agissait d’un ballon qui se dégonflait, et commença à rire de façon hachurée. Elle n’avait pas un rire cristallin comme on aurait pu s’y attendre en raison de son côté raffiné mais plutôt un rire grave et saccadé et Valymm adorait ça. Elle était naturelle, loin du rôle que son travail lui exigeait d’endosser, elle se montrait à lui sous son véritable jour.

Fier de sa victoire, il décida de passer à la vitesse supérieure. Sans quitter ses aisselles ou seulement pour exécuter des vas et viens sur ses côtes, il recommença à embrasser son ventre. Le rire de la jeune femme doubla d’intensité mais elle tint bon. Elle n’avait pas supplié une seule fois. Néanmoins, l’alliance des deux méthodes était visiblement déjà une véritable torture pour elle.

Il s’arrêta encore une fois et attendis qu’elle reprenne son souffle. Il ne voulait pas la tuer, du moins pas tout de suite.

« C’est tout ? » S’enquit-elle en arquant un sourcil.

Il écarquilla les yeux, impressionné par sa force de caractère. Quoi ? Elle osait encore le défier alors qu’elle était totalement à sa merci ? Bien. A partir de cet instant, il n’aurait plus de pitié. Alors qu’il s’était montré relativement doux jusqu’à présent, il ne se retint plus et fondit brutalement sur ses flans. Amina, qui ne s’y attendait pas, explosa de rire. Pour ne pas lui laisser le temps de s’habituer à cette méthode, il commença à la pincer à des endroits stratégiques, là ou sa peau était plus fine et plus tendue. Il faisait bien évidemment attention de ne pas la serrer trop fort, pour ne pas lui faire mal, mais juste assez pour la faire hurler de rire. Il s’arrêta de la pincer uniquement pour aller titiller ses cuisses d’une main tout en alternant sauvagement flans et aisselles, dans lesquelles il insista tout particulièrement, de l’autre. Si au départ elle arrivait à peu près à supporter ces légers attouchements sur ses jambes, leur fréquence, leur force et leur vitesse ne tarda pas à augmenter ce qui eu pour effet de briser ses dernières barrières mentales. Elle riait maintenant à gorge déployée et plus son bourreau descendait sur ses jambes, pire ça devenait. Valymm, à qui ça n’avait pas échappé, prit une jambe sous son bras et commença à lui chatouiller sous le genou, se doutant qu’il s’agissait là d’un endroit sans doute extrêmement sensible. Comme elle se débattait violemment, il glissa brièvement une griffe sur la plante de son pied histoire qu’elle se calme un peu mais au lieu de cela, elle laissa échapper un cri qui dépassa en intensité tous ceux qu’elle avait poussé jusqu’à présent. Songeant qu’il venait de décrocher le gros lot, car ses pieds étant sans doute la partie la plus sensible de son anatomie, il recommença.

« NOOOOOOON ! Arrête, c’est bon, t’as gagné ! Voilà, t’es content ? » Lâcha t- elle épuisée.

Enfin. Comme c’était bon à entendre mais il était hors de question qu’il s’arrête maintenant, pas si proche du but. Il reposa doucement sa jambe pour lui donner l’illusion qu’il abandonnait. Il sentit sa victime se détendre. Toujours à califourchon sur ses cuisses, il se retourna de façon à être en face de ses pieds. Lorsqu’elle sentit qu’il tirait les orteils de son pied gauche en arrière, elle cria :

« Valymm, si tu ne t’arrêtes pas tout de suite, je te jure que je te tue ! Tu n’as pas intérêt à… »

Elle fut coupée en plein milieu de sa phrase par une sensation si horrible qu’elle lui arracha un hurlement de rire. Il venait de lui frôler le talon du bout de sa griffe. A ce simple contact, des dizaines de frissons avaient aussitôt couru sur son corps sans défense comme de petites chenilles électriques. Le Kétha’s remonta doucement et commença à gratter tendrement la plante de son pied sans défense. Le résultat fut immédiat. Amina poussa un rire hystérique qui au lieu de s’affaiblir gagna en intensité. Mais Valymm ne s’arrêta pas là. Il continua de monter et se mit à gratter la base de ses orteils en ignorant, non sans une pointe de sadisme, les cris et les supplications de sa victime. Il poursuivit en alternant le pied gauche et le pied droit, s’amusant à faire danser ses doigts sur sa plante pour ne pas lui laisser ne serait-ce qu’une seconde de répit. Après cinq minutes de torture, la jeune femme ne riait plus, elle hurlait. Elle avait l’impression de devenir folle. Finalement, son bourreau cessa net toute activité au bout de quinze longues minutes.

La peau en sueur, Amina se laissa retomber mollement sur le matelas encore secouée de petits rires nerveux.

Valymm la détacha donc et se coucha paisiblement à côté d’elle.

« T’es vraiment un grand malade. » Murmura t- elle en reprenant doucement son souffle.
-Je sais.
-T’as failli me tuer mais je suppose que ça, tu le sais aussi.
-Effectivement.
-Comme tu sais que ce que tu viens de me faire subir ne restera pas impuni. »

Il sourit et la recouvrit tendrement avec la couverture.

« Moui, je sais. Mais pour le moment, il faut que tu dormes. » Souffla t-il en l’embrassant sur la joue.

Elle fit la moue pendant quelques minutes puis se retourna de son côté. Persuadé qu’elle s’était endormie, Valymm se retourna à son tour de son côté du lit. Quelle ne fut pas sa surprise quand il sentit la jeune femme s’étendre sur son dos. Pendant quelques minutes, il retint sa respiration, les yeux écarquillés de peur de la faire fuir mais elle ne bougea pas. Il se détendit donc et sombra dans le sommeil.
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