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Les massages de la lune

Lundi, 08h00 dans le métro.

« Hé voilà, encore une nouvelle semaine de dur labeur qui commence ! » voilà la pensée qui occupe mon esprit alors que je suis assise dans le métro qui m’emmène au travail. Autour de moi les gens ont encore le regard fatigué par une nuit peut-être trop agitée et certainement bien trop courte pour soulager la fatigue du week-end.

Çà et là des parents avec leurs enfants qui les déposent à l’arrêt de l’école pour rejoindre leur boulot ensuite. Alors j’ai beau travailler pour une revue célèbre de bien-être et d’estime de soi, j’avoue que j’ai toujours du mal à faire abstraction des braillements des enfants.

Je ne comprends pas ce concept qui semble animer tant de femme et être l’objectif central de leur existence le point culminant du bonheur. Peut-être suis-je trop moderne mais je n’ai jamais compris comment l’on pouvait mettre tant d’envie dans un truc qui va sacrifier la femme que vous êtes pour la rendre à l’état d’une esclave familiale.

Oui je sais, pas très positive pour quelqu’un qui travaille dans un magazine de bien-être. Mais bon, avec mon conjoint on y a beaucoup réfléchi et finalement l’envie ne nous prend pas pour l’instant. Lui projette de monter sa propre entreprise de chauffage, plomberie et autres travaux et moi, avec mon job de journaliste, mes déplacements et les différents articles que je dois pondre dans une année je n’ai vraiment pas le temps de m’enticher de gosses pour le moment. Trop compliqué.

Mais en fait, je me plains, je parle et j’ai complètement oublié de me présenter. C’est bien moi ça comme je vous l’ai dit, je ne prends jamais une minute à moi.

Alors voilà, je suis Pauline Lafargue, 27 ans et certainement la plus grande journaliste bien-être en devenir. Non aller je vous charrie mais comme je doute beaucoup de moi, j’avoue prendre un certain plaisir de temps à autre à me jeter des fleurs et à me vanter. De toute façon, les gens qui me connaissent bien savent que ce n’est qu’une façade.

Sinon je suis plutôt mince, je mesure 1m74 pour 62 kilos. Pour le reste, je ne suis pas forcément une bimbo mais j’ai plutôt été épargnée : longs cheveux bruns qui descendent sur mes épaules, les yeux verts émeraude, une bouche mince aux lèvres généreuses mais pas protubérantes non plus.

Les oreilles légèrement décollées mais ça je n’y touche pas. D’abord, parce que mon mec trouve ça hyper craquant et c’est déjà l’une des meilleures raisons. Mais aussi et surtout parce que je suis terrifiée parle bistouri.

Oui vraiment je déteste les hôpitaux cette odeur de mort que l’on a l’impression de sentir dans les couloirs, ces gens qui gémissent de douleurs dans leurs lits et attendent des anti douleurs pour se calmer. Et puis surtout côté intervention je suis une vraie douillette.

Bon mais assez parler de moi là, on arrive à la rédaction. Je vais devoir aller attaquer ma nouvelle semaine de travail et me lancer sur de nouveaux sujets. L’information ne prend pas de répit et le public n’attend pas. Je dois les informer de toute urgence. Hahaha c’est comme ça que j’aime me donner du courage le matin. En me faisant passer comme une justicière de l’information. J’aime à penser que je remplis une fonction d’utilité publique et que les gens ne seraient rien sans nous.

Le métro s’arrête juste devant la rédaction. J’attrape mon sac, franchit les portes automatiques et me dirige tout droit vers le bâtiment. C’est une énorme tour, surement la plus haute du quartier qui n’a d’ailleurs comme objectif que de proposer des bureaux aménagés pour les sociétés. En effet, pas moins de 10 sociétés différentes ont leur siège central dans cette tour.

Une fois mon badge scanné je traverse le couloir principal du rez-de-chaussée composé d’un petit salon d’attente comportant deux fauteuils Chesterfield pour faire patienter les visiteurs. Du café et des revues trônent sur une table centrale. Dans le prolongement de la porte, le comptoir en bois derrière lequel se trouve Quentin, le réceptionniste qui redirige chaque client dans la société qu’il recherche. Il a les cheveux courts, blonds et des yeux bleus qui font chavirer toutes les filles de la rédac.

Plutôt mince aux premiers abords, monsieur a un petit faible pour les apéros et le bas de son ventre forme une petite boule de « bide à bière » sur lequel il complexe énormément. Cela fait maintenant 2 mois qu’il tente de le perdre en allant courir au bois tous les dimanches. J’aime bien Quentin, il a des défauts c’est sûr mais il reste un homme foncièrement gentil, honnête et toujours dévoué.

Seulement, il n’arbore aucune confiance en lui et je sais que depuis toujours il se fait exploiter par le boss de la boite. Et puis, Quentin est malheureusement un grand sensible et un homme très amoureux. Un jour, j’ai appris qu’il avait un gros faible pour moi, mais qu’il n’avait jamais osé m’en parler.

Moi je l’ai su par la DRH qui l’avait surpris en train d’écrire un mail à mon attention. Seulement, une fois découvert et pris de panique il a de suite tenter de cacher le contenu. Je ne sais plus très bien ce que cela disait, mais je sais qu’il ne cachait pas ses sentiments vis-à-vis de moi et que depuis plusieurs nuits il ne dormait plus etc… un truc peut-être un peu enfantin mais je me souviens que j’avais été vraiment étonnée et avait trouvé ça plutôt mignon.

Mais Quentin a ce que je déteste chez les hommes sensibles. Il prend la première initiative d’écrire et quand on est prête nous à les entendre de vive voix et qu’on fait un pas vers eux, ils ont les boules et préfèrent se dégonfler. Je l’avais subtilement invité a boire un verre un vendredi soir, pour lui parler de sa lettre et le mettre un peu plus à l’aise.

Je suis en couple c’est vrai mais je ne suis pas contre le fait qu’on exprime ses sentiments et je peux tout à fait entendre qu’un homme soit tombé amoureux de moi. Mais je ne supporte pas les dégonflés ! Il m’a répondu avec un prétexte bidon comme quoi il avait des problèmes d’estomac et ne pouvait manger exclusivement que ce qu’il se préparait lui-même ! Rha mon pauvre Quentin, quand tu seras moins timide tu la trouveras celle qu’il te faut, mais va falloir en avoir un peu plus dans le pantalon.

Je m’approche donc du comptoir pour enregistrer ma journée de travail et que Quentin me donne le badge d’accès aux ascenseurs. Pour le provoquer, je lui affiche mon plus beau sourire.

- Salut Quentin, comment ça va en ce début de semaine ?
- Ha c’est toi ? bredouille-t-il en relevant la tête de son ordinateur. Je te n’ai pas entendue arrivée. Euh… comment tu …. Pardon... comment tu vas aujourd’hui ?
- Bah ça ne va pas mal. Dis, tu sais me donner le pass ? je vais finir par être en retard.
- Ah oui bien sur… tiens ! Ha et Pauline tu ferais mieux de te dépêcher le rédacteur en chef veut te lancer sur un sujet hyper urgent. Il dit que tu seras la candidate idéale.
- OK merci de l’info Quentin je file ! Bisous. »

Je sais que c’est un peu cruel mais j’ai lâché ce « bisous » par pure provocation. En me dirigeant vers l’ascenseur j’ai vu Quentin rougir comme un poisson et suer à grosses gouttes. Je suis peut-être un peu mesquine, mais en réalité il me fait pitié. Tu la trouveras ta belle mon Quentin, j’en suis sûr. Sois patient et oublie-moi un peu aussi.

Arrivé au 3ème étage du bâtiment j’entre dans la rédaction et me dirige vers la machine à café. Comme dans toutes les rédactions de journal en ce lundi ça s’active dans tous les sens. Les uns passent des coups de fils espérant décrocher l’interview de leurs rêves pour leur sujet.

Je vais prestement à mon bureau, saluant quelques collègues au passages et après m’être préparer un café bien fort pour débuter la journée, je me relance dans mon sujet sur les nouvelles thérapies aux plantes. J’ai à peine le temps de finaliser un paragraphe qu’une silhouette me fait de l’ombre au-dessus de l’écran de mon ordinateur.

Je lève les yeux sur mon interlocuteur et constate dès lors, qu’il s’agit d’une interlocutrice. Et pas des moindres, j’ai Sonia Plastro en face de moi. Ho pitié, pourquoi les lundis doivent toujours être si compliqués. Sonia Plastro est la rédactrice en chef du magazine. Blonde, petite, boulotte et horriblement hautaine elle m’a prise en grippe depuis le jour où j’ai été engagée. A l’époque c’était Bernard Doucet qui s’occupait de la rédaction et qui avait cru en moi à la sortie de mes études de journalisme.

Mais bien vite le pauvre homme déjà âgé à l’époque était tombé malade et c’est Sonia qui était en droite ligne. Devenue ensuite la rédactrice en chef, elle a complètement changé la mentalité de la revue et je ne me sentais plus du tout à l’aise auprès d’elle.

Je n’ai jamais compris pourquoi, mais il me semble qu’elle me considère comme une adversaire directe qui veut lui piquer sa place. C’est complètement faux, je veux pouvoir avancer dans ma carrière et faire autre chose que les chiens écrasés mais moi ce qui me plait, ce sont les reportages, le terrain et l’action. Diriger une bande de journalistes dépressifs et sous payés en étant tyran ne m’a jamais attirée. Mais ça, elle, elle ne le comprend pas.

- Bon Pauline, j’imagine que Quentin t’as mise au courant ? Tu mets tous tes projets de côté pour le moment j’ai un sujet qui doit absolument être couvert. Tu pars dès cette après-midi voir de quoi il retourne
- Salut Sonia, bon week-end ?
Sonia dépose le dossier de base contenant les premières infos sur le bureau d’un geste sec.
- Je n’ai pas le temps pour ces conneries Pauline, alors tu ouvres ce dossier et tu te lance dans l’article. Tu rencontres le point de contact cette après-midi en centre-ville. Une toute nouvelle méthode de relaxation et de traitement par des massages dits « révolutionnaires ». Apparemment personne n’en ressort vraiment indemne.
- Ah ouais, des massages hein ? et c’est çà ton super sujet ? Les salons de massages se comptent par centaines dans le centre-ville on arrive tout juste à faire des chroniques dessus. On garde ces sujets généralement pour les fins d’années ou pour meubler quand il manque des articles au bouclage.
- Je m’en fous ! rétorque Sonia, apparemment ici tu ne seras pas déçue ce sont des massages particuliers avec une technique très étudiée. Alors fonce, je te propose une séance de massage cette après-midi intégrale. tu n’auras pas ça dans toutes les boites. Donc tu prends le dossier, tu le bosses et cette après midi interview avec le maître des lieux. Et tu te grouilles.

Je regarde fixement Sonia dans les yeux. Apparemment, elle ne plaisante pas. Je lui confirme avec un peu de sarcasmes que ce sera fait et m’empare du dossier en l’ouvrant à la première page. La garce est déjà de retour dans son bureau, j’ai à peine le temps de lui tirer la langue dans son dos. Bon alors, voyons ce salon de massage. J’étudie attentivement le dossier et tombe sur la carte de visite du propriétaire des lieux.

« Les massages de la lune », aussi légers et doux que le frôlement d’une plume
Du Lundi au samedi de 10 à 19h00 sur rendez-vous »

Je souris en voyant la bête rime dans le titre. Après tout pourquoi pas ? Ils précisent même dans la brochure accompagnant le dossier « massages plantaires révolutionnaires, du jamais vu en relaxation ».

Je sens que finalement je vais peut-être passer une bonne après-midi. Je décroche le téléphone et confirme mon rendez-vous.
Très chouette histoire ;)

Bien raconté et exposé, j'ai hâte de lire la suite.
super histoire vivement la suite :)
Merci pour vos encouragements et votre enthousiasme. La suite arrivera aujourd'hui je suis justement en train de l'écrire.

Patience.... :D :xp:
Bonsoir, revoici la suite avec quelques passages de chatouilles mais j'ai envie de prendre mon temps et d'entretenir votre plaisir autant que le mien. J'ai appris au fil de mes écritures et de mes récits, que rien ne serre de courir. Le plaisir n'en est que meilleur si la préparation et la montée d'adrénaline sont aussi lents et étudiés. Bonne lecture :)

13h00 centre-ville

Si la matinée avait commencé sous un ciel morose, je suis vraiment étonnée de voir que finalement le soleil pointe le bout de son nez. Ce midi, avant de me diriger vers le salon de massage où m’attend mon point de contact pour cet article, je suis passé au Subway prendre un sandwich et un coca, histoire de pouvoir manger sur le pouce et ne pas faire cela l’estomac vide.

J’ai clairement hésité à prendre un taxi, fainéante comme je suis mais j’ai finalement opté pour la marche. Le trajet google map affichait à peine 20 minutes de marche, j’étais en avance et je me suis également dit que comme il s’agissait de massages, de se faire du bien je n’en profiterais que plus si mes pieds souffraient encore un peu avant la séance. J’espère cependant que ce praticien n’a rien contre les odeurs trop fortes parce que j’ai la fâcheuse manie de transpirer très vite lorsque je me mets en activité.

J’arrive bientôt devant le cabinet et suis plutôt impressionnée par le grand portail en métal qui surplombe l’entrée. A travers les minces interstices de la porte je devine une grande propriété avec un jardin assez large, décorés çà et là de par terre de fleurs. Côté verdure, sapins et ifs sont présents parsemés sur toute la surface du terrain. Je sonne à l’interphone et après le vacarme assourdissant. Derrière, à la voix grave et un peu éraillée je devine un homme d’âge mûr, 40-45 ans ancien fumeur repenti qui peut-être compense aujourd’hui avec la boisson. Je ne pense pas que l’on puisse vraiment se sevrer d’un vice en se donnant corps et âme dans un autre, mais bon je n’ai pas à juger. J’ai moi-même eut un mal fou à arrêter de fumer et n’y serais probablement pas arrivée si je n’avais eu le soutien de ma famille et surtout celui de mon homme.

« A qui ai-je l’honneur je vous prie ?
- Pauline Lafarque je vous ai appelé ce matin pour une interview sur vos méthodes
- Ha oui, fit l’homme avec un surprenant enthousiasme. La revue de bien-être. Et bien ne traînez pas, le temps c’est de l’amusement. Et je suis d’avis que nous allons bien nous amuser.
- Je vous demande pardon ? interroge Pauline
- Non rien je… je parlais tout haut. 2ème étage première porte à droite. »

Pauline semble surprise par le ton que l’homme prit sur ces dernières paroles. De quel amusement parlait-il ? Certes elle se doutait bien qu’elle allait apprécier cette séance de massage après les doses de stress que son travail lui avait procuré ces derniers temps. Mais son interlocuteur semblait vraiment « impatient » de la voir.

Pourtant, c’était son métier il devait bien en voir plusieurs des femmes comme elle. Elle décida de laisser ses inquiétudes alors que s’ouvrait le portail et qu’elle pénétrait dans le jardin. Et sa première impression fut confirmée. Il s’agissait bien d’une propriété conséquente jouissant d’une nature luxuriante et fleurie en ce début de saison. Des parterres de fleurs bordaient les côtés de la propriété. Çà et là des rosiers, des jacinthes ainsi que quelques pissenlits formaient une composition florale aux couleurs chatoyantes. Le gazon était fraichement tondu et les arbres nettement taillés. Pauline sentit directement un apaisement l’envahir dans tout son être en traversant le jardin. « Enfin, un sujet beaucoup moins stressant, moins prenant et qui me laissera vraiment explorer de nouvelles méthodes de relaxation. J’en ai bien besoin et les gens aujourd’hui aussi. »

J'arrivai sur le palier à hauteur de l’appartement que le masseur m'avait précisé à l’interphone quelques instants plus tôt. J'allais m’annoncer en frappant à la porte lorsque celle-ci s’ouvrit brusquement devant moi.
L’homme dans l’embrasure de la porte me confirma ce que j'avais estimé quelques heures plus tôt. L’homme devait effectivement avoir une bonne quarantaine d’année voir approcher la cinquantaine.

Il avait des cheveux gris/blancs en pétard, faisant penser à un savant fou. Pour autant il semblait vraiment élégant. Son visage était long et ses traits tirés vers le bas, se terminant par un menton légèrement protubérant. Il était grand et mince, habillé en tenue de ville plutôt décontractée. Une petite chemise bordeaux par-dessus laquelle il arborait un pull marine fin en laine. Son pantalon était d’un noir de jais et il portait des souliers vernis noirs. Finalement il semblait légèrement plus vieux que je ne me l’était imaginé.

« Merci de votre accueil et de me recevoir pour cette interview. Je suis vraiment dans le rush et ma boss ne me laisse pas énormément de temps. Avec tout ce stress je dois pouvoir glaner mes informations le plus rapidement possible pour être prête à rédiger.
- Ha la pression du travail, compatis l’homme en l’invitant à s’asseoir dans le divan et refermant la porte. Vous savez, c’est généralement 70 à 80 % des tensions que je dois éliminer chez mes patients. Ce monde nous a complètement oublié et ne laisse plus de place à la détente, au lâcher prise.
- Je suis tout à fait d’accord, répondis-je en m’asseyant dans le divan et en portant à mes lèvres le verre que me tend mon hôte. Je suis vraiment contente de pouvoir plancher sur ce sujet. Ça me passionne et ça me change tellement des autres « chiens écrasés » habituels. »

L’homme lui sourit de toutes ses dents éclatantes et s’assit juste en face d’elle. Le cabinet du praticien était finalement plus petit que ne le laissait supposer la propriété. Il se composait d’un bureau en bois vernit sur lequel trônait des dossiers de patients ainsi qu’une petite lampe de chevet. Derrière, des armoires pleines de classeurs semblent contenir l’ensemble des différentes techniques étudiées durant des années pour en arriver à ouvrir son propre cabinet. En parcourant les titres du regard, Je comprends mieux le classement de ces documents. En fait, chaque farde correspond à une technique de massage et une partie du corps. Les mains version chinois, les pieds version thaïlandais, le dos aux pierres chaudes, la nuque… tout est concentré pour que le corps entier puisse profiter d’un moment d’extase et de bonheur. En dessous de chacun des titres, la mention « Charbonier P. » précise par qui ces études ont été faites. Au moins je connais enfin le nom de mon futur bienfaiteur. Je n’ai pas pris le temps de regarder sur la sonnette en entrant et rien ne l’indiquait sur ses documents. En continuant mon inspection, je remarque que la bibliothèque se divise en deux parties. Une deuxième série d’ouvrages portant les mêmes indications que les précédents mais dans une reliure d’un rouge éclatant. Je m’enquis alors auprès de mon hôte de ces différences, pensant qu’il s’agira certainement d’un bon point de départ pour mon article.

« Je vois que vous classez tout par provenance géographique. Je suppose que chacune d’entre elle à ses propriétés bénéfiques pour le corps.
- Tout Juste, répond Charbonnier en s’emparant de l’un des ouvrages. Les massages sont de vrais moyens de s’évader dans le reste du monde. Ils sont un véritable voyage des sens et une certaine poésie. Mais bien souvent, les non-initiés ont tendance à les pratiquer grossièrement dans la vie de tous les jours. Et pourtant, c’est primordial de bien connaitre leurs pratiques car ils peuvent être de véritables moyens de contrôle.
- Alors peut-être que l’on peut commencer par là pour mon article, proposai-je. J’ai bien pris note de l’importance de la relaxation, des différents massages et de leurs variantes selon les pays. Si vous me parliez maintenant des différents maux qu’ils peuvent combler ?
- A quoi bon parler ? demande calmement Charbonnier. Vous qui êtes une journaliste de terrain vous devez certainement savoir que rien ne vaut la pratique. Je vous en prie, je me ferai un plaisir de vous initier gratuitement.
- Ha, c’est très gentil à vous. Après tout pourquoi pas ? répondis-je. Où puis-je me déshabiller ?
- Suivez-moi, invite le masseur ».

Je le suis donc sans hésiter, heureuse de ce qui va suivre. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas été massée. Au début de notre relation, mon homme m’en faisait souvent et je ne pouvais pas lui cacher que cela me faisait littéralement fondre. Mais, même si nous nous aimons toujours, les couples changent au fur et à mesure des années et certaines petites attentions de la passion du début, se perde rapidement dans la monotonie et l’habitude. Vraiment dommage.
Sur les traces de mon hôte, je traverse la porte du cabinet et continue mon chemin dans un long couloir. Sur le côté, une porte que Charbonnier me présente avant d’aller préparer la table de massage. Je me retrouve donc seule dans une cabine d’essayage et me déshabille intégralement. Il ne me reste que mes sous-vêtements afin de rester pudique et surtout concentrée sur mon sujet. N’oublions pas que j’ai un article à écrire avant tout.

Je repère dans la cabine un petit oreiller pour poser sa tête et m’en empare avant de retourner dans le cabinet. Là, Charbonnier a déjà préparé la table. Une table de massage classique, sur laquelle il m’enjoint de m’allonger sur le ventre. Je pose alors ma tête sur le côté avec le coussin dessous afin de maintenir un contact visuel avec mon masseur. Sur le côté de la table je remarque plusieurs huiles essentielles qui comme il me l’explique permettent de décupler les sensations perçues et d’augmenter le plaisir des sens. Confiante, comme dans un état second, je ferme alors les yeux et m’abandonne aux plaisirs charnels des massages, me concentrant sur la séance pour pouvoir tout reporter le plus facilement les sensations dans mon article.

« Comme je vois que vous êtes prête, je vais commencer. Je partirai sur un massage tibétain de votre dos et de toute votre colonne vertébrale, la nuque et le cou. Par la suite, passerai le long de vos bras et de votre bassin. Enfin, je vous demanderai de vous retourner pour vous prodiguer un massage ventral, des jambes et je terminerai par les pieds. Laissez-vous aller, ayez confiance et abandonnez-vous à l’expérience.

- Vous avez carte blanche monsieur, lui dis-je. Je me sens déjà m’endormir et défaillir.
- Allez détendez-vous je commence. »

A peine ai-je fermé les yeux que je sens déjà les mains douces du masseur le long de mon dos. Il commence par des va et vient tout le long de ma colonne vertébrale. Je sens tout de suite que j’ai affaire à un professionnel. Ses mains ne sont ni trop lestes ni trop appuyées sur ma peau. Il fait des mouvements amples qui stimulent l’ensemble de ma colonne et remonte et descend la peau pour bien la tordre dans tous les sens. Rien que ce prélude est pour moi source de satisfaction extrême. Je tente de concilier la méthode et les sensations dans mon esprit pour les coucher sur le papier plus tard.

Il remonte ensuite sur ma nuque qu’il masse du plat des deux pouces en de petits mouvements circulaires. Une fois cette étape franchie, je sens que je m’endors et laisse aller mon corps et mon esprit aux mains expertes de cet homme si mystérieux.
« Je vais descendre plus bas et travailler les côtés de votre dos. Laissez-vous aller et faites abstraction de ce qu’il se passe autour de vous » susurre-t-il d’une voix calme et suave.

Je sens alors effectivement ses mains quitté mes omoplates pour se diriger sur le milieu du dos. Il masse alors le centre, malaxant chaque centimètre de ma peau, prenant le temps et la passion pour me faire vivre un pur bonheur. Bientôt ses mains descendent plus bas et je sens alors de tous petits effleurements sur les côtés de mon bassin. Je ne peux rester dans ma torpeur plus longtemps et je gigote un petit peu. Le bout de ses doigts caresse légèrement mes flancs, avant de glisser tout aussi légèrement sur mes côtes.

Je réprime alors un rire, mais ne peut cacher le sourire qui se dessine sur mes lèvres. Une légère accélération de ma respiration semble lui mettre la puce à l’oreille mais il ne daigne pas changer de technique pour autant. Bientôt, c’est le bout de ses ongles qui caressent mes côtes et je ne peux plus tenir.

« Hou, houhou, haha s’il vous plait, vous me chatouillez là !
- Ho pardon, fait-il en retirant ses mains instantanément de mes côtes. J’ai tendance à me laisser aller à mes effleurements sans trop demander comment le patient se sent. C’est la passion qui fait ça
- Ce n’est rien, vraiment, mais j’ai été surprise. Mon corps est vraiment sensible et sur certaines parties je suis réellement très chatouilleuse. Les côtes par exemple où vous étiez c’est un truc de fou !
- Ha vraiment ? demande Charbonnier avec ce que je perçois comme un petit sourire. Vous savez, la plupart de mes patients se disent chatouilleux et je vois que vous ne faites pas exception à la règle. Pardonnez-moi, je tâcherai de faire attention. De toute façon j’ai fini avec votre dos. Je vais vous demandez vous tourner à présent. »

Je m’exécute, encore surprise par l’attitude de Charbonnier et de ces chatouilles accidentelles. Je sens se dissiper tout doucement l’atmosphère de détente se dissiper. Et puis je ne sais pas ce qui me fait dire cela, mais je sens bien que quelque chose ici ne va pas. Il faut que je parvienne à cerner ce masseur. Comme convenu, je me mets à présent sur le dos et étend mes jambes sur la longueur de la table. Alors, le praticien se positionne au-dessus de mon buste et réajuste également le coussin derrière ma tête. Il commence alors à masser le haut de mes bras et mon torse. Je suis un peu gênée, et espère vraiment qu’il ne touchera pas de zone trop intime. Mais très vite, je ne peux de nouveau plus réagir. Alors oui, je suis définitivement convaincue que les massages peuvent maitriser les gens. Bientôt son toucher parcoure le reste de mon corps cette fois sur la face avant. Je ne peux plus réagir et ne peux que sentir mon corps se paralyser.

« Voilà, vous commencez à vous sentir en confiance, explique Je peux le sentir à mon toucher sur votre corps. Je suis désolé pour tout à l’heure, j’ai un tempérament taquin et je ne peux pas vraiment réprimer des envies de chatouilles. Pourtant ici vous ne semblez pas sensible.
- Non aucun risque ! je pense que vous avez exploré mon seul point sensible. En effet, les côtes et le début de mes aisselles sont atrocement chatouilleux, mais je sais me contrôler sur le reste de mon corps
- Ho vraiment ? vous ne craignez aucune autre zone ? Pardon mais laissez-moi douter. Voyez-vous, mon expérience de masseur me permet de connaitre les gens et de connaitre, principalement, les femmes. Et je sais que l’anatomie féminine développe une extrême sensibilité du corps. Elle a d’ailleurs inspiré tant de poètes depuis des décennies. Laissez-moi tester vos dires ! »

Je reprends petit à petit conscience de l’endroit où je me trouve, et le ton de Charbonnier commence à se faire de plus en plus insistant. Bizarrement, toute sensation de bien-être a disparue et je me sens subitement prise de panique. Je voudrais bouger mais je n’y arrive plus. Depuis combien de temps suis-je dans ce cabinet à présent ? J’ai l’impression d’avoir perdu la notion de l’heure et tous mes repères depuis que je suis coincé dans ce cabinet. Je tente de bouger, de me débattre mais c’est comme si mon corps ne pouvait plus du tout se mouvoir.
Je tente de rassembler mes esprits et de penser à mon article et aux infos qui vont y figurer. Puis, alors que je vois Charbonnier se diriger lentement vers le bord de la table et commencer à m’attacher les chevilles, je tente une esquive en faisant bouger mes jambes dans tous les sens.

Malheureusement, cette tentative est de courte durée car je n’ai pas ma force habituelle.
Tandis qu’il continue sa besogne et semble maintenant avoir totalement immobiliser mes chevilles, j’essaie de réfléchir à une échappatoire. La fenêtre est totalement fermée et de toute façon nous sommes trop hauts pour pouvoir sauter. Mon portable est dans ma poche mais les effets du massage ne sont pas encore dissipés et je ne peux que très légèrement esquisser un mouvement.

« Merde, comment je vais faire ? je suis coincée ici, personne ne sait vraiment ce qui se cache derrière les intentions des massages de la lune. A part ma boss qui sait que je dois lui rendre l’article, personne ne sait que je suis là. Comment je vais faire pour m’échapper de cet endroit ? »
Mes pensées continuent de tourbillonner, alimentant de plus en plus ma panique. Mais je sens alors mes bottes glisser de mes pieds et tomber lourdement sur le sol. Je n’ai pas encore eu le temps de réaliser, trop prise par ma rêverie, mais cette fois je commence petit à petit à comprendre.

« Ah non ! Merde, non pas ça…. Il ne peut pas faire ça. Cette fois, ce malade va trouver le moyen de me faire devenir folle. Je suis une femme sûre d’elle, un peu hautaine parfois c’est vrai, mais je ne suis pas méchante. Et pourtant, une seule chose peut me neutraliser et me faire perdre les moyens dans la vie…. Ce sont les chatouilles sous les pieds ! »
Comme si mes pensées avaient pu s’entendre en dehors de mon esprit, Charbonnier, qui a pris place devant la table, après s’être resservi un café, sourit de toutes ses dents.
- Vous savez, vous les journalistes vous aimez embrasser des carrières trop stressantes. Vous vous mettez vous-même dans l’embarras et vous créez votre malheur. Mais aussi, vous êtes capable de détruire des vies. Vous savez mademoiselle Lafargue, je savais dès votre coup de fil que j’allais me plaire. Je hais les journalistes et encore plus votre revue. Vous n’avez de cesse de faire des papiers à l’eau de rose, remettant en cause les bienfaits d’institutions comme la mienne.
- Mais de quoi vous parlez espèce de fou ?, m’exclamai-je alors tentant de transformer ma panique en colère. Vous savez, nous ne faisons que notre travail et c’est de notre ressort aussi de montrer aux gens quand nous sommes dubitatifs. Mais je ne connaissais rien de votre institution avant je vous le jure.
- Moi je pense que vous étiez très bien renseignée, répond le masseur. Bon je vous laisse une chance. Allez-vous sortir d’ici en écrivant un article élogieux ? Faire tomber les soupçons de scandale qui pèsent sur mon cabinet ? car je sais que vous êtes là aussi pour ça ».

En une seconde tout s’éclaire et je me maudis de ne pas y avoir pensé plus tôt. Avec la précipitation sur les lieux, la distribution du sujet très tôt le matin et les états d’âmes de Quentin, je n’ai pas eu l’esprit assez clair. L’institut « les massages de la lune » avait fait la une de nos journaux 4 ans auparavant suite à une série de plaintes déposées à la police. En effet, l’établissement avait été soupçonné de pratiques mystérieuses et pas vraiment en rapport avec la détente. On parlait de jeunes filles ayant été séquestrées durant des semaines, que l’on avait vue réapparaitre quelques mois après leurs disparitions, complètement transformées mais avec des séquelles psychologiques assez violentes. Certaines d’entre elles s’étaient même suicidées à la suite d’un procès trop long et fastidieux. L’institut n’a jamais été condamné fautes de preuves, mais il a souvent déménagé pour pouvoir continuer ses besognes dans le meilleur anonymat.

« Attendez ! Vous avez gagné en effet le choix de votre institut pour mon article n’est pas innocent. Mais je vous assure qu’il ne s’agit là que d’un article sur les bienfaits de votre médecine. Rien de plus. Je vous en prie laissez-moi partir. Je ne dirai rien je… »
Charbonnier déposa avec fracas un coffret sur la table qui interrompit la diatribe de la jeune femme. Étrangement, l’homme ne semblait pas avoir perdu son flegme et sa politesse du début. Il souriait toujours comme au début de l’entretien mais la jeune femme savait que quelque chose avait changé. Il l’avait prise en grippe, avait soupçonné le pire et maintenant il allait se montrer le plus persuasif possible pour qu’elle n’écrive rien. Et elle sentait bien qu’il avait des arguments convaincants.

« Voyez-vous mademoiselle, les femmes sûres d’elle m’ont toujours fascinée. Ce sont généralement les plus provocatrices, mais un rien peut les faire paniquer si on les perce au grand jour. Je n’ai pas besoin de vous le demander car j’en suis certain : vous craignez horriblement les chatouilles sous la plante des pieds ! C’est d’ailleurs ce qui vous a interpellé dans mon annonce : « technique spéciale pour les pieds. » Vous allez pouvoir y gouter.

- NON, s’il vous plait ! pas çà. Je ne supporte pas qu’on me chatouille les pieds. C’est le pire, vous allez me faire mourir. Au secours ! S’il vous plait monsieur.
- Hooo, on a peur des guilis ? mais c’est fantastique ça. Je sens que vous allez adorer ma technique : je l’ai baptisée « gratouillis/guilis ».

Il sort de la mallette une longue plume rouge effilée. Il retire ensuite mes bas, que je tente de retenir en crispant les orteils, mais rien n’y fait. Bientôt mes pieds sont totalement nus et je peux sentir un courant d’air frais traverser la pièce et passer entre mes orteils. Je voudrais le supplier de toute mes forces, mais je sens que c’est inutile. Alors qu’il s’approche de mes pieds avec sa longue plume, je ferme les yeux et serre les dents. Je ne voudrais pas fausser mon article pour un malade dans son genre. Ça non, j’ai trop de fierté. Il faut que je résiste et je sais que je peux y arriver.
Charbonnier me regarde avec un dernier sourire, alors que je sens bientôt le tout petit contact léger de la plume sur mon talon… « Hoo Nooonn ».
sliepnir a écrit : Le plaisir n'en est que meilleur si la préparation et la montée d'adrénaline sont aussi lents et étudiés
Ah effectivement, tu nous laisse sur un bon cliffhanger, avec cette pauvre femme uniquement attaché aux chevilles ;)

La question va être de savoir si les pieds seront uniquement chatouillées ou le reste du corps également.
Je n'ai pas encore décidé, je dois avouer que j'affectionne les pieds mais que pour le côté plus naturel de l'histoire, il serait plus logique que d'autres parties du corps soient mises à rude épreuve. Je vais y réfléchir et voir aussi en fonction de ce que me dicte mon imagination.
Oui bien sûr, pense avant tout à toi et à ce qu'il te plait et pas en fonction du besoin des autres ;)

j'ai émit l'hypothèse vu qu'il lui a chatouillé les côtes également :)
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