Hello, je post un petit poème, écrit ces jours-ci, sur mon fétichisme.



- Ô toi qui vis en moi profondément blottie,
Cachée dans un repli depuis le temps des pleurs,
Parmi les séraphins des premières lueurs,
Toi qui, dans mon jardin, ceint l' aster et l' ortie.

Mon miel, mon ambroisie, mon nectar, mon absinthe,
Maîtresse des désirs, compagne de l' amour,
Avec qui j' ai passé tant de nuits, tant de jours,
Ne veux-tu pas, ma sœur, desserrer ton étreinte ?

Je suis las de devoir me soumettre à ton ordre,
Tes racines font mal. Et quel poignant dépit,
Après avoir manger de tout mon appétit,
Ce doux fruit dans lequel je suis contraint de mordre !

En mon être ingénu, qui planta cette graine ?
Qu' elle obscure raison pouvait guider son choix ?
Et qu' a-t-il voulu dire en me confiant ce poids ?
Pardon mais... Tout cela...en valait-il la peine ?

Tu n' aurais jamais dû t' élever sur ce monde !
Créature infamante à la source d' un sort
Qui ne s' évanouira qu' au sommet de ma mort !
Je crie dans l' infini ! Que quelqu'un me réponde !

- Ta mort ? En vérité voilà bien peu de chose,
Faut-il être orgueilleux pour y voir une fin,
Je ne vis pas dans ton corps. Tu vis dans le mien,
Je règne en souverain sur la métempsychose.

Vois comme l' Homme est prompt à blâmer la fortune,
Incapable de croire à son propre chemin,
Car sitôt ce rêveur regarde entre ses mains,
Qu' il relève le front pour contempler la lune !

Tu n' aperçois de moi que le reflet difforme,
Tu ne sais même pas mon véritable nom,
Ta pauvre bouche émets de lamentables sons,
Qui copient d' autres sons : -phile, fétiche, norme.

Ce voyage perdu, c' est à nous qu' il ressemble,
Donne-moi humblement la main, comme un enfant,
Je fais battre ton cœur, enivre-toi du sang,
Jusqu' au pale horizon nous marcherons ensemble.

Voila l' unique espoir, unissons nos prières,
Cherchons la vérité dans les pas du destin,
A la vie répondons par la voie de l' instinct,
Et nos pieds porteront un buste à l' âme fière.