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California Dreamin

Salut tout le monde. Ce soir je vous propose ma nouvelle fiction. En ce moment je suis vraiment très inspiré par la ville de San Francisco notamment grâce au jeu Watch Dog 2 auquel j'ai joué qui se déroule dans cette ville et qui a vraiment su me mettre dans l'ambiance de la ville. Je vous propose donc une histoire un peu plus vivante que les précédentes. J'ai fais en sorte de soigner mon écriture (si il y a des erreurs je ne les ai pas vues), je vous propose et vous conseille de vous renseigner un peu sur les éléments que j'aborde et qui pourraient éventuellement vous être étrangers histoire d'avoir une lecture encore plus immersive de l'histoire. Je pense aussi mettre les liens de certaines musiques que j'évoquerai dans le texte pour vous mettre à fond dans le mood. Enfin bref, je vous souhaite une bonne lecture et remercie d'avance tous ceux et celles qui lieront cette fiction et s'impliqueront dedans.

Chapitre 1 : Welcome to San Francisco.

Ah ! Quelle superbe fin de journée. Il était 19h, le soleil bientôt couché illuminait le ciel de ses derniers rayons, s'étendant comme une toile céleste orange sans le moindre nuage au dessus de la tête des californiens. Les rues étaient arpentées par des passants profitant des premières heures de liberté du week-end, les terrasses des restaurants étaient bondées et les parcs pleins de chanceux profitant des quelques coins de nature de San Francisco. Quant aux routes elles étaient bondées de conducteurs sortant du travail, partant en voyage pour le week-end ou encore allant on ne sait où.

Miles faisait partie de la dernière catégorie. Il sillonnait les rues de San Francisco sans vraiment avoir de destination particulière. Il se contentait de faire quelques petites rondes dans un quartier avant de changer de coin et d'essayer ailleurs. Puis il recevait une notification sur son smartphone et il se rendait à la destination indiquée pour récupérer ses passagers et les emmener où bon leur semble, répétant les courses encore et encore jusqu'à la fin de la journée ou de la nuit en fonction des jours. En ce vendredi soir, tout bon chauffeur avait fait chauffer le moteur pour faire des rondes toute la nuit et prendre tous les fêtards à bord. Le vendredi et le samedi étaient les deux soirées les plus rentables de la semaine et ce soir ne ferai pas exception.

Il y avait généralement plusieurs vagues de clients : tout d'abord les avant-gardistes vers 20h30, ensuite les premiers fêtards entre 21h et 22h, venaient ensuite les couche tôt qui rentraient chez eux entre 23h et 23h30. Après ça, sortaient ceux qui allaient en boite, enfin plutôt celles. On tombait généralement sur des groupes de filles à partir de 23h30, trop pauvres pour louer une limousine et trop riches y aller en métro. Le service finissait ensuite vers 5h lorsque les soirées étaient définitivement finies et que les derniers fêtards, trop ivres, n'avaient qu'à monter à bord et prononcer une adresse.

Miles était un chauffeur plutôt sociable, il n'hésitait pas à faire la causette avec les clients, savoir d'où ils viennent, où ils vont et d'autres choses qui garantissent d'éviter un silence pesant dans la voiture. Les gens posaient aussi des questions à Miles, c'était d'ailleurs le même genre de questions qu'il se mangeait chaque jour. Vous faites ça à côté de vos études ? Vous êtes de San Francisco ? Vous êtes un peu jeune pour avoir ce genre de voiture non ?
Non Miles ne faisait pas d'études, il était juste chauffeur à temps plein. Son père l'obligeait à se lever chaque matin à 8h pour faire comme tout le monde.
Il vivait bien à San Francisco, il résidait vers South San Francisco à Lindenville, un quartier tranquille de la ville.
Et oui, il était un peu jeune pour être au volant de ce genre de voiture. C'était un break noir tout propre, le genre de voiture de daron qu'on paye avec trois ou quatre salaires. Mais ce n'était pas la sienne, elle appartenait à sa mère qui lui prêtait pour la semaine car elle ne s'en servait que le week-end. Miles, lui, était l'heureux propriétaire d'une Chevrolet Camaro Z28 édition 1969. Le genre de voiture qui attire l’œil. Sa mère craignait qu'un modèle de cette trempe ne donne des idées de car-jacking à certains clients. Elle laissait donc Miles sortir avec sa voiture pendant son temps libre mais au travail c'était avec le break familial.

21h tapantes, l'heure des premières courses de la soirée était arrivée. Miles se rapprochait du centre ville et d'un tas de clients potentiels. À peine ses roues avaient elles foulées l'asphalte du quartier que son téléphone s'activait déjà. Ce n'était pas son application de chauffeur, c'était un appel du contact Stacey. Miles poussa un soupire et pris le téléphone, profitant de l'arrêt à un feu de signalisation.
''-Allô ? Décrocha t-il, exaspéré et pressé de raccrocher.
-Miles viens me chercher, dit Stacey à l'autre bout du fil.
-Je taffe là, dit-il, ça peut pas attendre ?
-Non dépêche toi ! Insista t-elle.
-Bon, bon d'accord...''
Miles raccrocha et fit demi-tour dés sa sortie du peloton de voitures qui avançait après la tournure du feu au vert.

Stacey était la petite sœur de Miles. Il avait 20 ans, elle en avait 18 et elle travaillait à temps partiel dans un dinner ambiance années 50 sur la côte est de San Francisco près de la sortie de la ville 3 jours par semaine après le lycée. Miles entamait donc une nouvelle traversée de la ville basée sur un appel à peine précis et au final cette course ne lui serait même pas rentable.

Miles s'engageait dans l'entrée du parking modérément remplit du dinner. Les néons sur le toit et au dessus de l'entrée illuminant les mot Freeway's Dinner. Miles garait la voiture et parcourait le petit parking avant d'entrer dans le dinner. C'était l'établissement classique : sol carrelé noir et blanc, plusieurs doubles bancs autour de tables en aluminium le long des fenêtres donnant sur l'autoroute et le parking, un comptoir assez long et des tabourets fixés au sol, un juke-box à l'ancienne dans le fond et des serveurs et serveuses la jouant ami-ami avec le client.

Miles prit place à une table vide et fut immédiatement accosté par une serveuse qui s'approcha avec un grand sourire.
''-Bonsoir, qu'est-ce que je vous sers ? Demanda t-elle en sortant un calepin.
-Juste un petit café s'il vous plaît, dit Miles.
-Avec ou sans sucre ?
-Avec un petit sucre, dit Miles en lui renvoyant son sourire.
-Très bien, dit la serveuse en tournant les talons.
-Vous savez si Stacey est là ? Demanda Miles, interrompant la serveuse dans sa marche.
-Oui elle est en cuisine, dit-elle.
-Elle a bientôt finit ?
-Euh... oui bientôt, dit la serveuse un peu étonnée de toutes ces questions.
-Dites lui que Miles l'attend.''
Elle s'éclipsa de la salle destinée aux clients et revint quelques petites minutes plus tard, présentant un café sur la table devant Miles.

Miles commença à siroter quelques gorgées de son café avant que Stacey ne sorte de la cuisine. Elle parcourait le dinner d'une démarche élégante collant plutôt bien avec sa posture élancée. Ses cheveux blonds se balançaient légèrement frottant contre ses épaules où ils s'arrêtaient. Les yeux vifs, un nez un peu prononcé mais pas trop, de fines lèvres semblant se pincer l'une et l'autre. En bref Stacey c'était Miles en fille avec deux ans de moins. Elle portait une petite chemisette à manches courtes et une jupe surmontant ses deux jambes recouvertes d'une paire de collants noirs. Pour finir chaque pas sonnait comme un claquement provoqué par les talons de ses escarpins.

Elle se glissa entre la table de Miles et la banquette d'en face. Miles finit une gorgée de café tout en la regardant droit dans les yeux.
''-Bon alors pourquoi tu m'as fait venir ? Demanda t-il en reposant sa tasse sur la table.
-Ce soir y a une grande soirée chez un mec du lycée et c'est assez loin donc il me faudrait... 'fin tu vois...un moyen d'y aller.
-Donc tu monopolises la voiture juste pour aller à une fête alors que je pourrais rentabiliser ma soirée ? Dit Miles avec un ton autoritaire
-C'est important pour moi, dit-elle en tirant une mine triste.
-Je viens de me taper toute la ville tout ça parce que tu veux pas prendre le bus ou demander à un de tes collègues de te raccompagner en ville, s'énerva Miles.
-S'il te plaît...''
Miles soupira et vida le fond de sa tasse de café.
''-Pfff... bon, quitte à perdre du temps autant t'emmener, céda t-il.''
Stacey se leva toute contente et alla remettre son tablier.
''-Meilleur grand frère, glissa t-elle avant d'entrer dans la cuisine.''

Miles paya pour son café puis frère et sœur quittèrent le café. Ils remontèrent la ville dans le sens inverse avant de se retrouver de nouveau vers le centre ville en direction des habitations sur le front de mer où avait lieu la fête. Miles stoppa la voiture devant une maison plutôt agitée.
''-Merci frérot, dit Stacey en plaçant sa mains sur la poignée de la porte.''
À l'instant où elle s'apprêtait à ouvrir la porte, le verrouillage de celle-ci s'activa dans un ''clic''.
''-Miles... tu vas pas t'y mettre toi aussi, dit-elle en voyant son frère venir.''
Miles mit sa tête entre ses mains comme pour s'isoler un peu et se donner le courage de dire ce qu'il n'avait pas envie de dire et qu'elle n'avait pas envie d'entendre.
''-Stacey y aura des mecs à cette soirée... commença t-il.
-Papa m'a déjà fait la leçon plein de fois je sais ! Le coupa t-elle en levant les yeux au ciel.
-J'ai déjà fait des soirées moi aussi, dit-il, les mecs là bas c'est... on est tous pareil... ils cherchent tous la même chose.
-Je suis une grande fille, dit-elle en croisant les bras et en fronçant les sourcils.
-Ils sont pas tous bienveillants, la mit-il en garde, ils y en a ils sont fous à un point, t'as pas idée.
-Je ferai gaffe, dit-elle.
-Promet-le moi, la retint Miles.
-Je te le promet, dit-elle exaspérée.''
Miles déverrouilla les portes et Stacey descendit de la voiture avant de s'éloigner en direction de la maison où se déroulait la fête.
''-Bonne soirée Stacey, dit-il sans obtenir la moindre réponse.''

Une fois cette parenthèse fermée, la soirée de Miles pu enfin commencer. Il enchaînait les courses, essayant de devancer les autres chauffeurs du coin quand un client émettait une demande. Chaque ''vague'' de clients était à l'heure. Miles prévoyait les courses à venir sans le moindre problème et rattrapait le retard causé par Stacey en quelques heures. Ce n'était que des petites courses longues d'environ 20 minutes pour aller d'un bout à l'autre de San Francisco, ce soir, personne n'exigeait de sortir de la ville, enfin pour l'instant...

4h40 du matin ne tardèrent pas à arriver quand Miles accepta sa dernière course de la nuit. C'était trois clients qu'il devait prendre en centre ville pour les emmener juste aux limites de la ville. Miles se rangea sur le bas côté lorsqu'il arriva au point de rendez-vous spécifié par l'application. Trois hommes montèrent à l'arrière, se serrant sur la banquette. Les trois hommes étaient habillés identiquement : veste de costume, chemise noire, cravate noire, gants eux aussi noirs. Ils ressemblaient plus aux assassins dans les films qu'à des gens qui sortent de soirée. Ils devaient tous avoir entre la trentaine et la quarantaine, les cheveux poivre et sel pour l'un d'eux et certains rictus et rudesses au niveau du visage naissaient sur leur peau. Celui du milieu portait une mallette qu'il gardait soigneusement sur ses genoux.

Ces trois individus avaient vraiment une allure de gangster de haut niveau, de mafieux même. Si ils en étaient ils n'étaient pas très discrets avec leurs dégaines plus que suspects car Miles, lui, les avait déjà grillé. Mais après tout il était bientôt 5h du matin et ils allaient sortir de la ville alors pourquoi se soucier d'être percé à jour par un simple chauffeur ? Peut-être qu'ils ne comptait pas laisser repartir ledit chauffeur. Miles se faisait trop de films comme d'habitude. La fatigue commençait à frapper, lui faisant passer n'importe quoi par la tête.

''-Donc je vous dépose à la sortie de la ville sur la 101 ? Demanda t-il.''
La seule réponse fut un hochement de tête de la part de celui du milieu à travers le rétroviseur. Miles prit le volant et entama la traversée de la ville en direction de la sortie. Le trajet se fit sans un mot. Il n'osait même pas se la jouer chauffeur décontracté comme il le faisait d'habitude. Il savait que ce n'était pas le genre de clients à discuter.
Quelques fois l'un d'entre eux prenait la parole pour s'adresser à ses collègues mais ils faisait généralement en sorte que ces paroles n'arrivent pas aux oreilles de Miles.

Ils finirent finalement par arriver à la sortie de la ville sur la route 101, non loin du Freeway's Dinner.
''-Là, dit l'un des passagers en pointant un bâtiment sur le bas côté.''
Miles avança jusqu'à ce qui semblait être un entrepôt à l'abandon, le tout entouré d'une clôture en ferraille délimitant le terrain.
Les deux hommes sur les côtés descendirent alors que celui du milieu restait sur la banquette arrière. Il jeta une liasse de billets qui atterrit sur les genoux de Miles.
''-Tu reviens jamais ici compris ? Dit-il.''
Miles acquiesça sans vraiment comprendre. L'homme restant lui tapota l'épaule avant de descendre à son tour. Il rejoint les deux autres, mallette à la main alors qu'ils ouvrirent l'accès à l’entrepôt.
Miles entama une marche-arrière et s'engagea à nouveau sur l'autoroute en direction de chez lui.

Miles enfonça tout doucement les clés dans la porte. Il la déverrouilla et la referma sans le moindre bruit après son passage. Il retira sa veste et ses chaussures qu'il laissa dans l'entrée avant de se diriger à l'aveugle dans la cuisine plongée dans le noir comme le reste de l'appartement. Miles alluma la faible lumière de la cuisine et découvrit une assiette posée sur le comptoir qui séparait le salon/salle à manger de cette pièce. Miles enfourna l'assiette de bœuf au légume dans le micro-onde et dégusta le tout quelques minutes plus tard.

Une série de bruits retentirent dans le couloir au fond du salon. Une silhouette apparu et ne tardait pas à sortir de l'ombre. C'était la mère de Miles. Elle se rapprocha du comptoir sur lequel elle s'appuya en face de lui.
''-Bon appétit, dit-elle.''
Miles hocha la tête en guise de remerciement.
''-Tu as une sale mine ce soir, dit-elle en remarquant les cernes sous les yeux de Miles.''
Miles haussa les épaules tout en continuant de manger.
''-Tu ferais mieux de rentrer plus tôt, dit-elle, si c'est pour te crever à la tâche mieux vaut éviter de traîner.
-J'ai eu une course qui m'a conduit hors de la ville, expliqua t-il.''
Il y eut un petit moment de silence, ne comptant comme son que les cliquetis des couverts contre la porcelaine de l'assiette.
''-Stacey est rentrée ? Demanda Miles.
-Oui, confirma la mère.
-Qui l'a raccompagnée ? Demandait-il.
-Je n'en sais rien. Ce qui compte c'est qu'elle soit rentrée.
-Et dans quel état ? Renchérissait-il.
-Rrrh laisse un peu ta sœur tranquille, c'est une fille responsable, dit-elle.
-Crois moi j'ai vu à quel genre de soirée elle est allée ce soir, dit Miles, les soirée de lycéens je connais.''
Sa mère leva les yeux au ciel. En divagant du regard, elle tomba sur la liasse de billet qu'avait laissé le dernier client à Miles et qu'il avait posé sur le comptoir à côté de lui.
''-C'est quoi tout cet argent ? Demanda t-elle avec méfiance.
-C'est un pourboire, s'expliqua Miles.
-Un pourboire ?! Répéta t-elle effarée. Il y a au moins 100 dollars là dedans ! Comment as tu réellement eu cet argent ?''

C'était reparti. Miles savait que sa mère avait des doutes sur ce qu'il faisait de ses journées. Elle et son père pensaient qu'il dealait parallèlement à son activité de chauffeur. Mais Miles était tout ce qu'il y a de plus réglo. La boule de beuh tombée de la poche d'un client sur la banquette arrière n'avait pas aidé et maintenant ça. Miles avait du négocier des semaines pour obtenir le droit d'être chauffeur auprès de ses parents. Ils étaient déjà assez méfiants en lui interdisant de prendre sa propre voiture et en lui imposant des horaires réguliers. Alors si ils étaient au courant qu'il était tombé sur des gangster plutôt louches à 4h du matin il pouvait dire adieu à son boulot. Il se demandait encore si il valait mieux passer pour un dealer et garder son job ou dire la vérité et risquer de le perdre.
''-C'est... plusieurs... pourboires, bégaya t-il, je l'es ai tous regroupés dans la même liasse.
Il récupéra rapidement les billets et les glissa dans sa poche. Sa mère leva une fois de plus les yeux au ciel et retourna en direction du couloir, laissant Miles seul dans la cuisine.

Miles passa la nuit, la matinée et une partie de l'après-midi suivantes au lit à rattraper ses heures de sommeil de retard. À peine levé, il se prépara pour sortir. Une douche, un petit repas rapide, les dents et Miles se dirigea directement au garage pour sortir son bolide. Miles ouvrit la porte du garage coulissa lentement, arrachant le garage à son obscurité habituelle et dévoilant le modèle unique qui n'attendait que d'aller faire une virée en ville. Sa Camaro était colorée d'une peinture acidulée bleu nuit. Parcourant le capot, la toiture et le coffre, deux superbes bandes blanches sublimaient la voiture dans un style années 70 plutôt classe. Le soleil ajoutait son grain de sel en illuminant la voiture qui reflétait imparfaitement l'image de ce qui l'entourait. Les jantes argentées scintillaient elles aussi, entourées de pneus noirs tout propres. Miles mettait un point d'honneur à garder ses pneus dans le meilleur état possible en les nettoyant régulièrement malgré les rudes épreuves que pouvait parfois proposer San Francisco.

Miles enfonça la clé dans la serrure et ouvrit la porte pour s'installer au siège du conducteur. Il mit le contact et laissa rugir le moteur. Même si son père lui avait dit de ne pas déranger le voisinage avec les bruits excessifs de sa voiture, Miles ne pouvait s'empêcher d'apprécier le bruit du moteur au démarrage. Les clés dans le contact, le moteur bien chaud, les mains à 10h10, Miles était paré. Un petit coup sur l’accélérateur et la voiture descendait toute seule la descente à la sortie du garage. Miles s'éloignait de la maison, remontant toute l'allée : direction le centre-ville.

Voilà pour le premier chapitre, le deuxième est déjà écrit mais je préfère attendre un peu avant de le poster histoire d'avoir une marge d'un ou deux chapitres d'avance sur vous pour avoir quelque chose à vous publier régulièrement. A+
Bon début félicitations j'attend la suite avec impatience pour voir ce qu il va lui arriver a ce miles
Merci de ton retour la suite arrivera la semaine prochaine
J'aime bien ton histoire , le début est sympa j'attends la suite.
Bonsoir ! Merci pour les retours même si très peu nombreux. Voici la suite de mon histoire. Ce chapitre comporte un moment ''interactif'', j'ai juste mi le lien youtube d'une musique que je mentionne histoire de vous mettre dans l’ambiance en quelque sorte. Rien de bien ouf. Sur ce je vous souhaite une bonne lecture, E N J O Y :trescontent:

Chapitre 2 : Une virée à la fac.

Un soleil de plomb rayonnait sur toute la côte ouest en ce mercredi après-midi. Les arbres parfaitement fleuris s'agitaient paisiblement sous l'effet du léger vent circulant à basse altitude, caressant les passants tel une douce brise. L'université de Stanford, à quelques kilomètres au sud de San Francisco était plongée dans cette ambiance de fin d'été apaisante et calme. Il y avait plein d'étudiants sur les étendues d'herbe, révisant, discutant entre amis ou tout simplement profitant du soleil. Les chemins piétons et cyclables étaient parcourus par des étudiants tous habillés décontracté de manière adéquat au temps radieux. Quelques voiturettes style golf sillonnaient également la fac dans des routes plus larges prévues à cet effet et reliant les sections entre elles.

''-Tenez, votez Héléna !''
Il y avait un groupe de quelques personnes qui sillonnait la fac, approchant tous ceux qui passaient de près ou de loin à travers leur route et distribuant des flyers indiquant ''Héléna Davis for president'' et décrivant un programme complexe que ladite candidate proposait. C'était la saison des élections à Stanford. Chaque section élisait deux représentants qui siégeaient au conseil du syndicat étudiant et participaient aux grandes décisions pour la vie étudiante. Héléna se présentait pour la branche des sciences politiques ainsi que 7 autres candidats tous aussi acharnés que les autres à accéder au statut de président ou vice-président de la section.

Malgré la rude concurrence, Héléna était une fille plutôt populaire au sein de la section auprès de ses 900 élèves. Elle était déjà en deuxième année d'études et avait un petite réputation assez bien tenue auprès de ses aînés de troisième année ainsi que des nouveaux arrivants de première année. Elle réussissait tout ce qu'elle entreprenait, avait toujours de bonnes notes, faisait partie de quelques clubs au sein de la fac et trouvait même du temps pour développer sa vie sociale. Quoique ces derniers temps elle était plus sur le campus à distribuer des tracts avec son équipe de campagne ou enfermée dans une salle toute la nuit à cogiter à propos des élections avec ses amis.

Son principal opposant était un certain Stan White qui avait à peu près la même côte de popularité qu'elle. Héléna ne l'avait jamais rencontré mais l'avait déjà aperçu au travers de ses affiches qui recouvraient généralement les siennes. C'était un grand brun, maigre dont le visage ne donnait pas une bonne impression de lui. Héléna trouvait qu'il avait une allure à parler dans le dos des gens, se moquer de tout le monde et ne respecter qu'un nombre très limité de personnes. Enfin elle ne s'en tenait pas trop à ses jugements, après tout elle pourrait très bien ne jamais le rencontrer ou avoir à travailler avec lui en tant que présidente ou vice-présidente.

Héléna passa la journée à promouvoir sa candidature, profitant de sa seule journée de libre dans la semaine pour rentabiliser son temps libre. Lorsque tous les tracts furent distribués et que les chemins de la fac commençaient à se vider, toute sa petite équipe de campagne finit par se dissoudre et Héléna demeura seule en route vers le bâtiment où était sa chambre, parcourant le campus assombrit par le soleil couchant. La fac était magnifique de nuit, illuminée par quelques lampadaires accompagnant les chemins et routes du campus. Il y avait tout ces bâtiments avec de longs porches ponctués par des colonnes qui étaient presque symboliques des universités américaines. Cette ambiance plutôt sombre n'avait pas de quoi rassurer Héléna. Il y avait cette longue rangée de haies denses sur sa gauche qui semblait pouvoir cacher n'importe quel danger. Mais elle ravisait rapidement cette crainte puérile et continuait sereinement en direction de son bâtiment.

C'était relativement calme dans le coin. Le vent sifflotait, apportant avec lui quelques faibles sons lointains mais à part ça un silence mi-apaisant, mi-pesant régnait sur la fac. Héléna ne perdit pas une seconde lorsqu'elle arriva à son bâtiment. Elle dégaina sa carte d'étudiante et la valida contre le pad près de la porte. La porte se déverrouilla dans un signal sonore et s'ouvrit toute seule grâce au mécanisme haut de gamme dont elle était dotée. Héléna passa à travers l'encadrement de la porte alors qu'elle n'était qu'entre ouverte. Le hall d'entrée était plongé dans l'obscurité et aucune des lumières censées détecter les passants ne s'alluma. Héléna entra immédiatement dans l'ascenseur et appuya sur le bouton du deuxième étage.

Les portes de la cabine s'ouvrirent sur un long couloir sombre regroupant deux rangées d'une vingtaine de portes chacune. Héléna avança dans ce long corridor dépourvu de lumière comme chaque soir après 22h. Seuls quelques filets de lumière se faufilaient jusqu'au couloir sous les portes fermées de ses voisines d'étage. À vrai dire, il y avait une chambre qui semblait fournir plus de lumière que les autres : c'était la sienne ! Un filet d'une lumière à l'apparence naturelle détourait la porte apparemment entre ouverte. Héléna pressa le pas et trottina en direction de sa chambre. Une fois arrivée devant elle tâtonna la porte du bout des doigts la poussa d'un coup. Celle-ci s'ouvrit à vive allure et révéla sa chambre plongée dans le noir, ayant comme seule source de lumière celle des lampadaires de l'extérieur. Héléna activa l'interrupteur sur le côté de la porte et la pièce fut plongée dans la lumière éblouissante de son plafonnier, révélant l'état de sa chambre : tout était sans dessus dessous. Son armoire était grande ouverte, complètement vidée de ses habits qui étaient éparpillés par terre et roulés en boule. Les posters encadrés de ses chanteurs et chanteuses préférés étaient renversés et gisaient à terre. Son miroir au dessus de sa commode de maquillage était fissuré et maculé de son fond de teint et de son rouge à lèvres. Le lit était complètement dépouillé de ses draps et oreillers, contenant encore le matelas complètement ruiné par des déchirures s'apparentant à des coups de couteau. Toutes ses feuilles de cours étaient éparpillées à peu près partout dans la chambre, complètement saccagées et irrécupérables. Pour finir, sa guitare avait plusieurs cordes découpées à la pince coupante et le manche était brisé au milieu.

Héléna tomba, chancelante, sur son lit. Elle n'arrivait pas à croire ce qui lui arrivait. Elle referma la porte de la chambre du bout du pied et cogna un coup contre un mur. Elle était désespérée. Sa chambre était saccagée, ses cours étaient irrécupérables, sa guitare détruite et son lit et ses habits complètement désordonnés. Elle se ressaisit et repris ses esprits. Elle savait qui avait fait ça. Enfin elle croyait le savoir, aveuglée par la colère et le désespoir : Stan White ! C'était évident ! Son intuition à propos de lui était vraie. Il était mauvais et n'avait aucune limite et il n'avait sûrement pas fait ça tout seul. Héléna comptait bien aller lui parler en face-à-face. C'en était trop ! Elle ne se laisserait pas intimider de la sorte pour une simple élection. Héléna descendit récupérer ses draps qui pendaient sur un lampadaire au bas du bâtiment et se coucha avec ce qu'il restait de convenable dans ses affaires.

''-Miles t'avais promis ! Hurla Stacey.''
Elle courrait derrière son frère qui sillonnait l'appartement de long en large, récupérant quelques-unes de ses affaires et les fourrant dans les poches de sa veste.
''-Mais c'est archi loin ! Dit-il. Je fais pas tout ce trajet moi ! Sauf si tu me rembourses l'essence. Mais je sais que t'as pas de quoi me rembourser.
-Bon calmez vous, dit leur mère en apparaissant dans le couloir où ils se disputaient, emmène la je vais te rembourser l'essence.''
Miles lança un regard interrogateur à sa mère. À chaque fois Stacey abusait, il lui faisait affronter ses responsabilités et leur mère arrivait pour lui sauver la mise.
''-Merci, dit Stacey énervée en s'en allant.''
Miles attendit qu'elle ait quitté l'appartement en direction du garage.
''-Tu la couve encore, reprocha t-il à sa mère.
-Je vois pas en quoi tu as besoin de cet argent de toute façon vu tout ce que tu gagnes, dit-elle en faisant allusion au pourboire que lui avait remis l'homme louche l'autre soir.''
Miles voulait rétorquer quelque chose mais se ravisa et se contenta de sortir à son tour.

Le trajet se fit sans un bruit. Enfin il y avait le son tonitruant du moteur qui rugissait et la radio qui diffusait en continue mais ni Miles, ni Stacey ne se parlaient. L'une se contentait de s'appuyer dans l'encadrement de la vitre baissée de sa porte et l'autre remuait la tête en rythme, profitant de la musique.
''-Maman va pas toujours te sauver la peau, dit Miles en ne lâchant pas la route des yeux.
-Je n'arrive pas à croire qu'on en arrive à être obligé de négocier avec toi pour un truc aussi essentiel, dit-elle en levant les yeux au ciel.
-Eh, c'est ma voiture alors tu fais selon mes règles.
-C'est important pour moi Miles, il s'agit peut-être de ma future fac, l'une des plus grandes du pays et toi tu refuses de m'y emmener si je ne te paye pas. Je suis pas un de tes clients !
-Oui bah quand tu auras une voiture à entretenir comme moi tu verras si t'aimes te taper la moitié de la région en allé retour sans remboursement de l'essence, dit Miles avant de monter le son de la radio pour clôturer la discussion.

https://www.youtube.com/watch?v=aXJhDltzYVQ

La voyage toucha à sa fin lorsque frère et sœur sortirent de l'autoroute pour entrer sur le campus de Stanford. La radio lança la diffusion de Lets go crazy de Prince qui les accompagna dans la traversée du campus. La voiture passa un panneau indiquant ''Welcome to Stanford''. La Chevrolet de Miles faisait un peu tâche sur cette voie habituée à n'accueillir que des voiturettes. Tout le monde sur le trottoir ou sur les étendues d'herbes se retournait au passage de la voiture. Quelques filles lançaient des sourires ou quelques signes de la main à Miles un peu comme dans ces films clichés américains.
C'était un autre début d'après-midi comme il y en avait des centaines chaque année en Californie, la chaleur, le soleil, les arbres fleuris s'agitant légèrement sous le vent. Mais cette fois-ci c'était différent. Miles n'était jamais venu ici avant et il devait avouer que la fac était jolie à voir. Il y avait toute cette ambiance conviviale que l'on ne retrouvait pas à San Francisco. Les étudiants étaient torse-nu, les étudiantes étaient en mini-short et débardeur et tous jouaient au volley, au basket, à s'embêter avec des bombes à eau ou tout simplement traînaient dans un coin de nature ou à l'ombre d'un bâtiment. C'était un endroit plein de vie, de bonne vie. Pas juste une masse de passants tous plus pressés les uns que les autres.
''-À droite... Maintenant à gauche... Arrête toi devant la fontaine, se contentait de dire Stacey.''
Miles suivit ses indications et s'arrêta vers ce qui semblait être le centre de la fac.
''-Bon... je te laisse faire ce que t'as à faire, dit Miles à Stacey.''
Celle-ci descendit et s'éloigna en direction du bâtiment concernant les inscriptions. Miles prit le temps de couper la radio et le contact de la voiture avant de sortir à son tour.

Il avait désormais à sa disposition un endroit magnifique baigné dans une atmosphère rappelant l'été avec tout un tas de gens qu'il ne connaissait pas. Miles observait un peu autour de lui. Il reconnaissait la Hoover Tower, cette espèce de grand clocher s'élevant au dessus de tous ces bâtiments hauts de seulement quelques étages et qui faisait la renommée de Stanford. La fac était vraiment comme dans son imagination. Des surdoués en tailleur étudiant dans l'herbe des parcs, des bandes autour d'un banc ou d'un arbre, des mecs draguant des filles et vice-versa, des couples, des professeurs enseignant hors des cours aux plus assidues, des skateurs, des... enfin bref. Beaucoup, beaucoup de monde ! Il y avait même ces espèces de banderoles affichées un peu partout sur les murs : ''Vote for Stan White'', ''Better studies with Jessica Green !'', ''Héléna for president !''
Cette dernière affiche intriguait Miles. On y voyait une jeune fille, les cheveux châtains, serrant un cahier d'études contre sa poitrine, regardant vers l'horizon avec un regard profond appuyé par ses pupilles émeraude. Miles restait quelques secondes à observer l'affiche, perdant son regard dedans. Il était là, ahuri, comme lorsque l'on fixe quelque chose sans s'en rendre compte et que l'on réalise après qu'on est immobile depuis plusieurs longues secondes. Il reprit ses esprits et lâcha l'affiche des yeux avant de se rapprocher d'une sorte de petite cours encadrée par quelques bâtiments et qui semblait rassembler un panel d'activités.

Il y avait une bonne centaine de personnes éparpillées entre les bâtiments. Des gens de toutes les couleurs, tous les styles, presque tous les âges, tous réunis ici dans ce même lieu au nom du savoir et de l'éducation. Miles se sentait un peu idiot parmi toutes ces grosses têtes. Après tout il était dans l'une des plus grosses universités du pays et avait arrêté les études tout de suite après le lycée et ce n'étaient pas les discussions qu'il entendait et auxquelles il ne comprenait rien qui allaient lui ôter ce sentiment. Ça ne parlait que de sciences ou d'autres choses plus incompréhensibles en utilisant que des références obscures que, de toute évidence, Miles n'avait pas.

''-Hey ! T'as 2 minutes ? Dit une voix derrière lui.''
Miles se retourna, pris au dépourvu, manquant de trébucher.
''-Ouaw fais gaffe, dit la fille désormais face à lui.''
Miles la reconnu, c'était celle qui figurait sur toutes les affiches de la fac, Héléna Davis d'après les slogans. Elle était comme sur les photos à ceci près qu'elle semblait manquer de sommeil. Elle était plus petite que lui d'environ une demi-tête et le regardait avec un sourire un peu moqueur. Ses cheveux dévalaient les flancs de son visage et recouvraient le haut de son buste. Elle portait un pull bleu foncé aux manches remontées et dont le col laissait sortir le col d'une chemise blanche. En bas elle avait une mini-jupe noire d'où sortaient deux fines jambes recouvertes d'une paire de collants les parcourant et allant se terrer dans ses baskets blanches.

Héléna reprit vite son sérieux et brandit un prospectus dans la pile qu'elle tenait coincée entre son bras et sa poitrine.
''-Je me présente aux élections pour représenter les sciences po au conseil du syndicat étudiant, dit-elle en lui tendant le prospectus.''
Miles le saisit et fit mine de regarder. Il releva la tête et regarda à nouveau Héléna dans les yeux alors qu'elle se lançait dans un monologue mêlant tout un tas d'informations sur la fac et comment elle pouvait faire changer les choses. Miles ne l'écoutait même plus, il la regardait juste en cherchant un moyen d'écourter la conversation.
''-... et ils se sont introduits dans ma chambre pour la saccager ! Je ne pense pas que tu veuilles de ce genre de personne comme représentant, hein ? Demanda t-elle alors que ce qu'elle disait atteignait à nouveau les oreilles de Miles.
-Euh... en faite je suis pas étudiants ici, dit-il.
-Hein ? Demanda Héléna un peu désorientée.
-Je suis de passage c'est tout, dit-il.
-Ah... dit Héléna en se sentant toute bête.
-Mais j'ai trouvé ça vraiment inspirant ce que tu disais, dit Miles en prétendant avoir écouté.
-Ah merci, dit Héléna. Mais qu'est-ce que tu fais ici alors si tu n'es pas étudiant ?
-J'ai accompagné ma sœur pour qu'elle puisse s'inscrire pour l'année prochaine et je me balade un peu, je regarde les environs, tout ça, tout ça, expliqua t-il.
-Ah super, dit-elle, eh bien désolée de t'avoir interrompu dans ta promenade.
-Y a pas de mal, dit Miles en souriant.''
Il reprit sa marche et laissa Héléna en plein milieu de la cour avec ses prospectus et un tas d'autres étudiants à aller voir.

Héléna resta un instant immobile à repenser à cette rencontre hasardeuse. Cet inconnu se promenant dans la fac lui avait vraiment tapé dans l’œil. Elle aimait ses cheveux blonds plutôt foncés, ses yeux marrons qui n'avaient cessé de la regarder pendant qu'elle énonçait son discours, cette barbe naissante entourant son menton et sa mâchoire légèrement carrée. Elle aimait aussi la façon dont il était habillé : sa veste ouverte donnant sur un t-shirt moulant ses pectoraux, son jean bleu délavé et ses baskets montantes plutôt classes. Elle se demandait si elle le reverrait un jour, après tout il ne semblait pas vraiment lié à la fac autrement que par sa sœur.

Elle aurait été tentée de penser encore un peu à cet inconnu mais quelque chose attira son attention. Stan White ! Il était là, à quelques dizaines de mètres d'elle entrain de marcher accompagné de quelques-uns de ses amis. Héléna entama une marche rapide en direction de son principal rival.
''-Stan White ?! Dit-elle avec une colère palpable une fois derrière lui.
-Oh tu es Héléna c'est ça ? Dit Stan alors que lui et ses amis retournaient.
-Tu sais très bien qui je suis ! Dit-elle en lui lançant un regard noir.
-Euh... du calme, dit-il en affichant un regard incompréhensible.
-Je sais que c'est toi qui a saccagé ma chambre hier soir !
-Pardon ? Dit-il. Je n'oserais jamais faire ça.''
Ses amis se regardaient en échangeant des sourires et des regards moqueurs.
''-N'essaie pas de m'intimider ça ne marchera pas ! Dit-elle. Si t'es vraiment un bonhomme joue à la loyale.
-Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles, dit-il, je n'ai rien à voir avec ce qu'il t'arrive.''
Héléna leva les yeux au ciel et tourna les talons, furieuse alors que Stan la regardait s'éloigner sans avoir l'air de vraiment comprendre.

L'après-midi passa et sa colère retomba alors qu'elle continuait à distribuer quelques tracts. Une fois qu'elle en eut marre, Héléna décida de retourner dans sa chambre et de tout simplement se détendre. Elle prit un des chemins longeant l'une des longues routes parcourant la fac pour retourner à son bâtiment qui se trouvait bien plus loin. Le ciel avait tourné au mauve et la fraîcheur des soirs d'été était entrain de s'insinuer partout. Héléna pressa le pas pour minimiser son temps dans le froid mais son regard fut attiré par une voiture assez inhabituelle. Un gros modèle bleu dans le genre années 70
elle regarda brièvement la voiture avant de tracer sa route.
''-Ça fait 4 heures que je t'attend ! Dit une voix à l'arrière, près du coffre.
-C'est bon, c'est pas de ma faute ils m'ont retenue pour régler des détails, dit une voix féminine.
-Bon allez dépêche, dit la première voix.''
Héléna reconnut immédiatement le garçon qui était venu lui parler tout à l'heure. Elle se figea d'un coup et regarda un instant. Il y avait avec lui une fille à peine plus jeune qui s'affairait en fourrant des espèces de pochettes dans le coffre.

Héléna était excitée de l'avoir retrouvé mais elle n'osait pas l'aborder devant celle qu'elle supposait être sa sœur et ne savait même pas quoi lui dire. Elle réfléchit un instant et saisit un stylo qu'elle gardait sur elle. Elle prit l'un de ses prospectus et le retourna, sur la partie vierge, elle écrivit son numéro de téléphone ainsi que l'inscription ''call me'' et s'approcha de la voiture. Elle glissa le prospectus sous un rétroviseur alors que les deux autres étaient toujours affairés à l'arrière.
''-Bon allez on y va, dit la voix du gars.''
Héléna s'éclipsa rapidement et continua vers son bâtiment tout en jetant quelques regards derrière elle en direction de la voiture qui ne tarda pas à démarrer et finalement disparaître de sa vue, faisant toujours gronder son moteur au loin.

Miles se contenta de retourner à l'appartement familiale, écourtant son service de chauffeur pour raccompagner Stacey et manger avec sa famille. Ni lui, ni Stacey ne remarquèrent le petit papier laissé par Héléna tremblotant au gré du vent sur le bas du pare-brise. Frère et sœur rentrèrent alors que leurs parents étaient entrain de les attendre à table. Leur mère affichant une expression de soulagement et un sourire en les voyant arriver et leur père totalement inerte, se contentant de joindre ses mains devant lui tout en fronçant les sourcils. Stacey se dirigea vers sa chambre pour ranger ses papiers d'inscription pendant que Miles se lavait les mains dans le lavabo de la cuisine.
''-Alors ça s'est bien passé ? Demanda la mère.
-Ouais, on a pris un peu de retard à cause de Stacey.
-J'espérais au moins qu'avec ce genre de voiture tu te pointerais à l'heure au dîner, dit la père toujours sans bouger.''
La mère lui lançait un regard énervé alors que Miles se mit à table, vite rejoins par Stacey qui prit place en face de lui.
''-Alors, tu n'as rencontré aucun problème ? Demanda la mère à Stacey alors que tous commençaient à se servir à manger.
-Normalement tout est bon, dit Stacey en prenant un bout de pain, je devrais recevoir un appel d'ici quelques jours.
-Tu te rend comptes Edward, dit la mère en s'adressant à son mari, notre fille est admise à Stanford.''
Il ne répondit pas et continua de mâchouiller le contenu de sa fourchette.
''-Il y a au moins quelqu'un qui réussit ici, dit-il alors que tout le monde avait compris vers qui se tournait le message.
-Edward ! Le réprimanda la mère.''
Un long silence suivit où seuls les bruits des couverts retentirent. Miles et Stacey semblaient communiquer au travers de quelques regards qu'ils se lançaient au gré de roulements de pupilles où de clignements de paupières tandis que leur mère cherchait le père du regard.

Des dîners comme ça il y en avait chaque semaine. Edward, le père de Miles et Stacey, était un homme d'affaire notable de San Francisco. C'était un élitiste, cherchant à élever ses enfants et sa famille toujours plus haut dans la société. Il avait eu beaucoup d'attentes envers Miles, en tant que premier garçon de la familles, son père ne l'avait envoyé que dans des collèges et lycées privés, lui avait payé des cours particuliers dans toutes les matières où il jugeait que c'était nécessaire. Il avait plus ou moins répété l'opération avec Stacey mais avec un peu moins d'entrain. Malgré tout Stacey semblait avoir réussi à la surprendre et elle était désormais la plus grande fierté de son père.

Tout de suite après le repas, Miles s'en alla dans sa chambre histoire de rassembler quelques affaires qu'il fourra dans les poches de sa veste. Il referma la porte de sa chambre et passa devant celle de Stacey d'où des voix étaient audible de l'autre côté de la porte.
''-Je suis très fier de toi, dit la voix du père, je suis au moins heureux que quelqu'un dans la famille aille à une grande université.
-Merci, dit Stacey.
-Tu sais... ce que j'ai dit à table ce n'était pas contre toi, dit-il.
-Hmm... marmonna Stacey.''
Miles écoutait et ne remarquait même pas sa mère qui venait d'arriver près de lui dans le couloir.
''-Ce n'est pas bien d'écouter aux portes, chuchota t-elle pour ne pas éveiller les soupçons de ceux dans la chambre.
-De renier ses enfants non plus, dit Miles en marchant avec elle un peu plus loin.
-Votre père vous aime même si il ne le montre pas, dit-elle, vous restez ses enfants malgré tout ce que vous pourrez faire.
-Bien, bien, maintenant ce serait cool que tu ailles lui dire à LUI ! Dit-il en colère.
-Il est très conscient de ce qu'il ressent pour vous et c'est sa façon à lui de l'exprimer.
-Tu parles d'une façon de l'exprimer... dit Miles.
Sa mère tendit sa main vers lui, présentant quelques billets.
''-C'est pour compenser l'essence, dit-elle, tu l'avais demandé à Stacey.
-Non c'est bon, t'inquiète pas je m'en passerai.
-Allez prend le, dit-elle.
-Non merci je le prendrai pas, tu peux les ranger dés maintenant.''
Elle céda et lança les quelques billets sur un meuble pas loin tandis que Miles se dirigeait vers l'entrée.
''-Eh ! Où est-ce que tu vas là ? Demanda sa mère.
-Je vais faire un tour, dit-il en ramassant les clés de sa voiture dans le bol près de l'entrée.
-Ne t'avise pas de faire le chauffeur si tu prends ta voiture, dit-elle.
-Nan t'inquiète pas, Miles en levant les yeux au ciel.''

Miles arriva dans le garage et ouvrit la porte coulissante libérant la voie pour sortir. Il ne perdit pas une seule seconde et se mit au volant pour partir au plus vite. Il s'engagea dans la longue rue dés la sortie du garage et s'éloigna de la résidence familiale dans un bruit tonitruant. Cette fois-ci Miles n'allait pas en ville, il se dirigeait vers les montagnes à l'ouest de South San Francisco. C'était une toute petite chaîne montagneuse qui surmontait les villes alentours. Miles était déjà venu à quelques occasions ici et c'était généralement un endroit tranquille où il pouvait se poser sans vraiment penser.

Après tout Miles n'avait pas d'ami ici. Ses seuls passe-temps consistaient à faire le chauffeur, éventuellement aider sa mère dans quelques tâches, jouer sur sa console dans sa chambre et, bien cela ne lui plaisait pas toujours, il devait bien admettre que Stacey remplissait ses journées lorsqu'elle lui demandait de l'emmener un peu partout. Cela faisait plusieurs longs mois qu'il menait cette vie et elle commençait à devenir inintéressante à son goût.

Allongé sur le capot de sa voiture, il restait là, une heure ou plus à observer le ciel, se perdant entre les minutes et les secondes lorsque le temps ne passait pas assez vite selon lui. Cette fois-ci il y eut ce petit papier inattendu sous l'essuie-glace de sa voiture qui vint interrompre cette petite balade champêtre. Miles s'assit et le tira de là avant de le déplier. Le numéro et l'inscription le laissèrent d'abord perplexe et un peu confus mais lorsqu'il retourna le bout de papier, tombant sur le slogan ''Héléna for president'', il comprit à qui il avait affaire et se remémora cette jeune fille qu'il avait croisé plus tôt dans l'après-midi. Un sourire s'inscrit sur son visage et il regarda le soleil couchant au loin sur la baie de San Francisco. Ce simple numéro lui ouvrait une porte sur ce que pourrait certainement devenir sa vie et qui promettait de devenir nettement plus intéressante...
Toujours aussi bien écrit , toujours autant de plaisir a lire ton histoire j'attend la suite avec impatience j'espère qu'il ce passera quelque chose entre Miles et Helena surtout que visiblement il ont eu le coup de foudre 😊👍
Vraiment sympa, vivement les chatouilles ! Bonne rédaction !
Salut tout le monde, voici la suite avec ENFIN des chatouilles. Enjoy.

Chapitre 3 : Intimidation.

''-Bonjour, où est-ce que je vous conduis ?''
Le business reprenait de plus belle ! Miles avait repris le volant du break familiale et recommençait à faire des va-et-vient à travers tout San Francisco. C'était un début de semaine alors les journées étaient plutôt calmes. Miles cumulait en moyenne une dizaine de courses dans une journée et traînait un peu en centre-ville entre chaque. Aucune saveur, juste une routine de plus en plus pesante.

Son téléphone calé contre le tableau de bord s'illumina, affichant une nouvelle notification. Miles prit le portable d'une main et garda un œil sur la route tout en rentrant son code. Il attendit d'être complètement à l'arrêt dans l'un des nombreux embouteillages de la ville pour se pencher un peu plus dessus. Le client était un certain Nathan à quelques rues d'ici qui voulait se rendre à Stanford.
À première vue c'était trop loin pour Miles. Il n'aimait pas sortir de la ville, il perdait un temps considérable à revenir en ville après chaque course hors de San Francisco. Mais là c'était différent. Son client allait à Stanford, la fac d'Héléna, avec qui il parlait depuis bientôt une semaine par messages. Ce serait une bonne occasion d'aller traîner dans le coin et, pourquoi pas, la voir.
Miles n'eût pas encore pris de décision que son doigt sembla valider tout seul la commande. Il reprit le volant et se dirigea vers son nouveau client.

Il se rangea sur le côté de la route à l'approche de celui qui semblait être Nathan. C'était un jeune homme qui devait avoir à peu près son âge. Il portait un bonnet à rayures qui cachait ses cheveux, ne dévoilant rien sur leur couleur. Il portait des lunettes par dessus ses yeux marrons et était vêtu d'un polo arborant le blason de l'université, d'un jean avec des bretelles pendouillant contre ses cuisses et une paire de mocassins. Il portait sous son bras une sorte de large rouleau de papier maintenu enroulé par un élastique. Il s'assit à l'arrière, posant son rouleau sur ses genoux.
''-Salut, dit Miles en se retournant pour lui serre la main.''
Nathan l'attrapa timidement et ensemble ils secouèrent leur poignée.
Miles reposa ses mains sur le volant et régla le levier de vitesse.
''-Alors comme ça on va à Stanford ? Dit-il.
-Euh...oui, dit Nathan surpris par la question, je dois m'y rendre au plus vite.
-Une urgence ? Demanda Miles en manoeuvrant au cours d'un virage.
-Plus ou moins, dit Nathan, j'ai un retard à combler.
-C'est-à-dire ?
-Je me présente comme président de mon département et j'ai un gros retard sur tous les autres participants.
-Nan sans déconner ?! S'exclama Miles étonné. Je connais quelqu'un qui se présente comme président à Stanford.
-Ah ouais ? Qui ça ? Stan ? Héléna ? Jessica ? Demanda t-il.
-Ouais Héléna, dit Miles.
-Ah ! Héléna Davis, répéta Nathan avec mépris, la grande favorite de ces élections. Elle a toujours été populaire auprès de tout le monde, elle est presque sûre de gagner.
-Et toi dans tout ça ?
-Euh... moi je suis sacrément en retard, dit Nathan. Tous les autres candidats ont placardé leurs affiches depuis au moins des semaines et moi je viens seulement de les faire imprimer.
-Ah ouais dur dur, dit Miles en se concentrant sur le trafic.''

Un petit silence s'en suivit durant lequel Miles les conduisit sur l'autoroute tandis qu'à l'arrière, Nathan marmonnait une sorte de discours.
''-Et toi t'es étudiant à Stanford ? S'intéressa Nathan.
-Non, j'ai pas de fac, répondit Miles, je suis juste chauffeur à temps plein.
-Ah et comment tu connais Héléna ? Demanda Nathan.
-Elle m'a abordé pour me distribuer un prospectus la dernière fois que je suis allé à Stanford.
-Ah oui ça lui ressemble bien ça, dit Nathan. Toujours là à gueuler ses slogans sur tout le campus. Comme si les affiches ne suffisaient pas.
-C'est le principe d'une campagne, dit Miles. Pourquoi tu fais pas ça toi ?
-Non, dit Nathan, je viens à peine de me dégoter le bon papier pour mes affiches. Moi je fais ma campagne tout seul alors qu'Héléna est entourée, c'est pas juste pour les petits candidats comme moi.
-Les électeurs choisiront après tout, dit Miles.
-Des électeurs qu'elle a déjà dans la poche.''

Le trajet finit par se terminer lorsque Miles s'engagea dans la voie conduisant à l'entrée du campus. Nathan le guida plus précisément jusqu'au bâtiment qui l’intéressait.
''-Voilà c'est là.''
Miles stoppa le véhicule et Nathan ouvrit la porte près de lui.
''-Bon eh bien merci, dit-il en serrant la main de son chauffeur d'aujourd'hui.
-Bon courage pour tes élections, dit Miles avec un clin d’œil.''
Nathan referma la porte et s'éloigna avant de complètement disparaître de la vue de Miles.

La journée n'était pas aussi radieuse que la dernière fois que Miles était venu. Le ciel était grisâtre par endroits, le vent s'intensifiait de plus en plus et une pluie était sûrement à prévoir. Les pelouses de la fac étaient pour la plupart inoccupées les étudiants se contentant de passer et de se précipiter à leur prochain cours. Miles dégaina son portable et cliqua sur le contact ''Héléna'' à qui il envoya un message pour la prévenir qu'il était sur la fac et comme il s'y attendait, il n'eût pas de réponse avant une bonne demi-heure.

Miles : [17 : 36] Je suis à Stanford ça te dirait qu'on se voit ?
Héléna : [18 : 05] Je viens de sortir de cours, pourquoi pas.
Héléna : [18 : 06] Je suis au bâtiment D5.
Miles : [18 :06] J'arrive.

Miles mit le moteur en route et se mit en direction du bâtiment D5 dont lui avait parlé Héléna. Il avait hâte de la revoir. Après tout il ne l'avait vu qu'une seule fois, cet après-midi où il avait accompagné Stacey. Tout le reste s'était passé au téléphone par appels ou par messages. Miles se recoiffait rapidement en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur tout en tenant le volant avec sa main libre. À l'approche du bâtiment il aperçu Héléna qui se tenait près du bord du trottoir et l'attendait. Elle ne fit pas attention au break qui s'arrêtait devant elle, sûrement s'attendait-elle à trouver la Chevrolet. Miles abaissa la vitre du côté passager depuis les interrupteurs sur sa porte. Héléna fut d'abord surprise de le trouver là puis ouvrit la porte pour s'installer.

''-Hey salut, dit-elle en faisant la bise à Miles, t'avais pas cette voiture la dernière fois.
-Non c'est celle de ma mère, dit Miles.
-Alors, comment ça se fait que tu es ici ? Demanda Héléna alors que la voiture avançait à nouveau.
-J'ai une course qui m'a mené ici, dit-il, d'ailleurs tu le connais c'est un gars qui se présente aux élections contre toi. Un certain Nathan.
-Euh... je ne le connais pas, dit-elle en cherchant dans ses souvenirs.
-Il avait l'air de bien te connaître lui pourtant, dit Miles, pas grave. Alors qu'est-ce qu'on fai-''
Miles n'eût pas le temps de finir que le téléphone d'Héléna sonna, le coupant dans sa phrase.
Héléna décrocha et colla le téléphone à son oreille enchaînant ensuite avec une série de ouais, hun hun, ok. Elle rangea le téléphone dans son sac à peine quelques secondes seulement après avoir décroché.
''-Miles je suis désolée mais on vient de m'appeler pour une urgence, soupira t-elle.
-Une urgence ? Répéta t-il.
-Ça concerne ma campagne et ça peut durer longtemps, dit-elle en lançant un regard désolé.
-Je te dépose où ? Demanda Miles.''

Il la déposa là où elle lui avait demandé de l'emmener. Héléna détacha sa ceinture et fit la bise à Miles.
''-Merci de m'avoir accompagnée, dit-elle, et je suis encore désolée de devoir te lâcher.
-Argh t'inquiète pas je t'ai dit, lança Miles en souriant.''
Héléna ouvrit la porte du côté passager et descendit de la voiture.
''-Eh... je pensais... je voulais te demander... enfin, je connais un petit resto sympas sur la 101, le Freeway's Dinner, ça te dirait qu'on se voit là bas... vendredi ? Proposa t-il, pas sans quelques bégaiements.
-Ouais bien sûre, dit-elle, on se dit ça par message.
-Ça marche, dit Miles en lui faisant un signe de la main.''
Elle claqua la portière et s'éloigna vers une fille apparemment paniquée qui l'attendait.

Le vent se levait sur la fac, balayant les feuilles au sol et jouant avec les cheveux d'Héléna dans tous les sens. Elle entendit la voiture s'éloigner derrière elle et avança vers la fille qui l'attendait un peu plus loin. C'était Kim, une amie à elle et aussi un membre de son équipe de campagne. Elle était brune, habituellement bien coiffée mais ce soir là ses cheveux étaient mis à rude épreuve par le vent. Elle avait des yeux marrons qui regardaient Héléna avec un regard inquiet et inquiétant et elle portait un pull noir avec le logo de la fac ainsi qu'une jupe et des collants comme Héléna.
''-Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Héléna inquiète.
-Ton affiche, se contenta de dire Kim.''
Héléna se tourna vers son affiche placardée sur le bâtiment juste derrière son amie. Il y avait des traces de peinture écrivant quelque chose d’illisible par Héléna. Elle se rapprocha, suivie de Kim, histoire de déchiffrer les inscriptions. Instantanément, une odeur s'infiltra dans les narines d'Héléna et Kim, leur montant à la tête. C'était l'odeur d'une bombe, la peinture était toute fraîche et dégoulinait encore par endroit.
''-Vendetta, lisait-elle à voix haute.
-Et regarde, dit Kim en pointant un coin de l'affiche de doigt.''
Il y avait un couteau planté profondément dans l'affiche et dans le mur derrière. C'était en plein dans sa photo sur l'affiche, le couteau était enfoncé en pleine tête.
Héléna lança un regard peu rassuré à Kim avant de remarquer que quelques élèves s'étaient rassemblés autour, intrigués par cette inscription.

Héléna était pétrifiée sur place. Elle ne savait pas si c'était la menace qui était portée contre elle ou si c'était l'humiliation devant tous ces autres étudiants qui l'empêchaient de bouger. Les murmures que prononçaient les élèves derrière elle paraissaient mille fois plus forts à ses oreilles.
L'incertitude laissa place à la fureur. Elle se dirigea vers le couteau et saisit le manche avant de tirer de toutes ses forces. Le couteau ne bougea pas d'un centimètre et elle s'épuisa pour rien, se ridiculisant devant tous ces étudiants incompréhensifs. À la place, elle saisit un coin de l'affiche et l'arracha complètement du mur avant de la replier sur elle même.
''-Bon ! Y a plus rien à voir, dit-elle à l'attention des badauds.''
Elle fit signe à Kim et toutes deux s'éloignèrent de ce lieu théâtre de son humiliation.

''-Une vendetta contre toi ? Demanda Kim. Mais qui pourrait vouloir se venger de toi ? Et pourquoi ?
-Je suis sûre que c'est Stan White ! Dit Héléna folle de rage.
-Lui ? Mais pourquoi ? Demanda Kim.
-C'est mon concurrent le plus sérieux, dit-elle.
-Et alors ? Il y a d'autres concurrents qui pourraient vouloir t'intimider.
-C'est pas ce que me dis mon intuition, dit Héléna, crois moi qu'elle ne m'a jamais déçue.
-Mais alors qu'est-ce que tu vas faire ? Demanda Kim.
-Je ne vais pas me laisser intimider, il faut que je continue ma campagne, dit fermement Héléna.
-Héléna ça devient dangereux pour toi là, s'inquiéta Kim, tu as vu ce qu'ils font aux premières années pour les bizuter ici ?
-Je ne suis pas de nature peureuse, dit Héléna, ce n'est pas en cédant à l’oppression que je vais réussir à faire quoi que ce soit.
-Hmmm... soupira Kim, très bien, je vois que tu es déterminée, mais fais attention à toi hein ?
-Bien sûr, dit Héléna.''

La fin de la semaine se déroula sans accrocs. Stan semblait laisser Héléna tranquille et elle pu profiter de ces quelques jours de ménagement pour remettre de l'ordre dans ses cours et se détendre un peu. Le week-end approchait et elle pourrait bientôt retourner sur San Francisco pour passer quelques jours avec sa famille comme elle le faisait chaque week-end. Mais avant elle avait un rendez-vous avec Miles au Freeway's Dinner. Il avait proposé de venir la chercher directement à la fac mais elle avait insisté pour prendre le bus comme à son habitude et le retrouver là bas. Ils avaient donc convenu d'un rendez-vous à 19h30 là-bas.

Héléna s'était préparée du mieux qu'elle avait pu. Elle ne voulait pas paraître trop habillée, après tout ce n'était qu'un rendez-vous dans un restaurant de moyenne gamme, mais elle voulait tout de même sortir de l'ordinaire et taper dans l’œil de Miles. Tout ce choix s'articulait au sein d'une garde-robe à moitié saccagée par Stan, elle ne portait pas ce qu'elle avait de mieux, mais vu ses moyens c'était amplement suffisant. Ce soir elle mettrai une chemise à manches courtes rouge, un jean moulant noir et une paire d'escarpins noirs qu'elle gardait pour les grandes occasions. Elle passa de longues minutes à peaufiner le lissage de ses cheveux habituellement un peu plus chaotiques, mais ce soir ils étaient tous droits à la verticale, descendant jusqu'à ses épaules dans un mouvement uniforme. Elle mit un coup de rouge à lèvres vif et appliqua phare à paupières au dessus de ses yeux histoire de creuser un peu plus l'apparence de ses arcades. Elle était fin prête à se rendre à son rencard.

De son côté, Miles avait du se préparer à la va vite en rentrant d'une course. Il prit une douche aussi rapidement qu'il pu, il s'habilla avec ce qu'il avait de mieux et de propre et se mit directement au volant de sa voiture pour se rendre au dinner. Ce soir il s'y rendait avec une simple veste arborant des tâches de plusieurs nuances de gris style camouflage, un jean et sa paire de baskets habituelles. Il espérait que ça suffirait à Héléna comme habillement. Après tout c'était lui qui avait eu l'idée de ce rencard mais il ne savait même pas comment le considérer ni à quel point il était sérieux. Il se contentait de s'habiller plutôt simplement et il verrait une fois sur place comment Héléna s'était habillée.

Miles fonçait sur l'autoroute à la sortie de la ville. Le curseur de vitesse de son tableau de bord ne cessait d'osciller autour de la limite acceptable. Le moteur grondait sévèrement et les autres véhicules sur les files de part et d'autre de Miles semblaient filer à une vitesse impressionnante vers l'arrière à mesure qu'il les dépassait. Une fois arrivé, il emprunta l'entrée du parking du Freeway's Dinner et y gara sa voiture.
''-19h29, pile à l'heure, se dit-il à voix haute en entrant.''
Le dinner n'était pas très remplit en ce vendredi soir, seules 3 tables sur 10 étaient occupées et il n'y avait qu'une seule personne au comptoir. Miles s'installa à une table libre un peu à part.

Jusque là tout se passait comme prévu : il était arrivé sans avoir à croiser Stacey qui venait de finir travailler, il avait trouver une table sans le moindre mal et il ne transpirait pas. Seule Héléna manquait, mais elle ne devrait pas tarder à arriver, après tout les bus sont imprévisibles. Miles reçut une première visite d'une serveuse qui lui proposait de prendre sa commande, mais il lui expliquait qu'il attendait quelqu'un. Mais elle ne tarda pas à revenir une seconde fois pour s'assurer qu'il ne voulait toujours rien commander. Héléna avait au moins 20 minutes de retard et Miles commençait vraiment à s'impatienter. Miles lui avait envoyé trois messages mais elle ne les avait même pas ouverts.

Environ une heure plus tôt...

Héléna parcourait le campus en direction de l'arrêt de bus qu'elle prenait chaque vendredi soir. Elle tentait de renouer les liens perdus avec les chaussures à talon en essayant de soigner un peu plus chaque pas pour être parfaitement prête à marcher élégamment en arrivant devant Miles. Comme chaque week-end la fac était vidée de ceux habitant dans les environs qui rentraient chez eux. Les étendues d'herbe et les chemins de la fac étaient étonnement vides. Héléna était seule à parcourir la plupart des chemins par lesquelles elle passait. Elle ne croisait que brièvement quelques autres étudiants mais elle était seule la plupart du temps.

Elle pressa le pas lorsqu'elle prit l'habitude de marcher en talon et qu'elle remarqué qu'un bus allait bientôt passer. Elle avait cette sensation étrange et dérangeante d'être suivie mais dés qu'elle se retournait elle ne trouvait qu'un trottoir vide qu'elle venait de parcourir ou quelques étudiants lointains qu'elle avait croisé auparavant. Elle ne perdait donc plus de temps à se retourner et se dépêchait de rejoindre son bus qui ne devrait pas tarder à arriver. Elle sortit son téléphone de son sac à main histoire de vérifier une fois de plus l'heure. 18h45, elle n'avait plus que 3 minutes pour se rendre à l'arrêt de bus.

Elle y était presque, elle prit un raccourci un peu isolé entre deux bâtiments pour aller plus vite. Héléna s'apprêtait à ressortir sur un trottoir un peu plus large et mois isolé mais quelque chose, comme une jambe, vint balayer ses propres jambes et elle se retrouva en moins de deux à terre, cassant la talon de son escarpin gauche au passage. En tombant au sol elle vit une silhouette encapuchonnée se tenir debout au dessus d'elle. Elle ne put pas identifier son mystérieux agresseur, aveuglée par les derniers rayons de soleil de cette fin de journée. La mystérieuse personne au dessus d'elle s'agenouilla à côté d'elle mais Héléna ne lui laissait pas le temps de faire quoi que ce soit. Elle saisit son sac à main tombé près d'elle et frappa l'inconnu avec. Elle se releva comme elle le put et commença à courir en direction de la sortie de la petite ruelle. À la seconde où elle s'apprêtait à crier à l'aide, une main vint s’aplatir contre le bas de son visage, couvrant son nez et sa bouche avec une sorte de chiffon. Un parfum intense s'infiltrait par ses voies respiratoires. L'inconnu se colla contre un mur avec Héléna captive qu'il maintenait contre lui. Elle se débattait avec entrain mais elle n'était pas de taille face à son agresseur et elle commençait à s’affaiblir. Plus elle se débattait, plus elle avait besoin de respirer et plus elle inhalait le mystérieux produit qui couvrait son nez et sa bouche, plus elle se sentait partir. Cela dura peut-être une ou deux minutes, Héléna ne le savait pas, en tous cas assez longtemps pour que sa seule source d'air soit ce chiffon imbibé de chloroforme.

Après ça, le black-out total, plus rien. Une longue absence cérébrale la laissant sujette à n'importe quoi. Rien, tout simplement.

Héléna finit par reprendre connaissance. Elle ne fut pas tout de suite consciente, mais elle était là, réveillée pour de bon. Après plusieurs minutes d'éveil sans rien comprendre de ce qu'elle voyait, ressentait ou même pensait, elle retrouva à peu près connaissance. Une lourde fatigue envahissait encore ses paupières qui se levaient difficilement par dessus ses yeux. Elle eût quelques flashs avant de se souvenir complètement de la situation dans laquelle elle se trouvait avant d'être inconsciente. Automatiquement elle eût un spasme en reprenant possession de son corps immobile depuis un long moment. Un sentiment de malaise l'envahit alors instantanément. Le sang froid circulant dans ses membres atrophiés par la position inconfortable dans laquelle ils se trouvaient. Cette sensation de picotements dans les bras, les jambes et jusqu'au bout de ses doigts.

Malgré ses yeux ouverts, Héléna finit par se rendre compte qu'elle n'y voyait rien depuis qu'elle avait émergé de son sommeil indésirable. Elle eut une sueur froide en pensant à l'idée qu'elle pourrait être aveugle, mais cette crainte se révéla inutile lorsqu'elle ressentit la pression d'un tissu resserré tout autour de sa tête en passant par ses yeux et resserré à l'arrière de son crâne.

À mesure que la sensation de picotements s’atténuait un peu partout dans son corps, Héléna finit par ressentir à nouveau correctement ses membres qui semblaient étirés chacun en haut et en bas d'elle. Elle s'étira et ressentit des entraves aux niveaux des poignets et des chevilles, déclenchant un petit bruit métallique qui ne rassurait pas Héléna. Elle était attachée ! Instinctivement elle tirait sur ses poignets et essayait de plier les genoux histoire de tester la résistance et les limites de ce qui la maintenait dans cette position en X. Le sentiment de malaise d'Héléna doubla, elle sentait les poils se hérisser sur ses bras. Ce sentiment de chair de poule la rendait encore plus méfiante et mal à l'aise. Désormais son corps était en alerte et méfiant et tout ce qui pourrait la toucher serait ressenti plus intensément par Héléna.

Elle détestait cette position. Déjà que se retrouver attachée n'était pas une situation qu'Héléna affectionnait, tous ses points sensibles étaient exposés. Ses côtes, son ventre,son torse, son bassin. Elle craignait de recevoir des coups de poing ou quoi que ce soit d'autre qui pourraient venir heurter ces points sensibles. Elle devait se tirer de là !

Elle resserra les poings et essaya d'extraire ses poignets des liens maintenant ses bras de part et d'autre. Cela marchait ! Héléna eût une lueur d'espoir en sentant ses poignets glisser doucement contre la sangle en cuire qui les retenait. Seulement, ce mouvement fut interrompu par l'arrivée de sa main à proximité de la sangle. Instantanément elle fut bloquée dans sa tentative quand sa main se bloqua dans l'étroit passage de la sangle. Elle était bel et bien bloquée.

Elle finit par comprendre qu'elle ne pourrait pas s'échapper d'ici. Alors elle tentait de se rassurer en cherchant les points positifs qui subsistaient malgré la situation. Déjà elle était encore habillée ! Tout semblait être encore là : elle sentait sa chemisette coller ses hanches et retenir ses seins avec son soutien-gorge, son pantalon moulait encore ses jambes et elle sentait encore ses escarpins dont la semelle parcourait la plante de ses pieds. Aussi elle n'était pas blessée, ne ressentait aucune douleur ou quoi que ce soit d'autre qui pourrait indiquer qu'elle avait à faire à un agresseur violent. Après tout ce n'est que de l'intimidation, se dit-elle pour se rassurer.
Beaucoup de choses passaient par sa tête. De la peur, de l'incompréhension mais aussi une bonne dose de courage. Héléna réprimait toutes ces faiblesses et gardait la tête haute, ne se laissant pas abattre. Elle l'avait dit : elle ne se laisserait pas intimider; et elle tiendrait parole.

Héléna ne sut pas combien de temps passa ensuite. Cinq, dix ou peut-être quinze minutes s'écoulèrent durant lesquelles l'absence totale d'action lui donnait une entière confiance en elle. Elle se mit en tête d'essayer de découvrir où elle se trouvait, après tout elle pourrait peut-être crier à l'aide. Elle cessa de bouger, ferma les yeux malgré la présence du bâillon et ralentit le rythme de sa respiration.
Rien. Seul un petit grondement sourd était audible sans vraiment qu'Héléna puisse en deviner la provenance ni même l'origine. Elle chercha encore plus loin, se concentrant pour essayer d'entendre même des bruits irréguliers ou subits.
Un klaxon ! Remarqua t-elle.
Il y avait quelques bruits de voitures audibles en continue et atténués par la fenêtre et les murs de la pièce. Ces bruits étaient audibles depuis un bon moment déjà, mais ils faisaient partie du décor auditif et Héléna n'avait, jusque là, pas pris le temps de le décomposer. Elle remarqua d'autres bruits comme ça qui étaient audibles depuis un bon bout de temps : une horloge, les craquements d'une sorte de meuble en boit, le bourdonnement d'une sorte d'ampoule et quelque chose de bien plus inquiétant.
Héléna fronça les sourcils derrière le foulard, elle entendait quelque chose de périodique mais presque irrégulier, quelque chose d'organique, de vivant. Une respiration ! En découvrant ce son présent depuis le début de sa présence ici, Héléna prit peur et sursauta, poussant un cris.
''-Aaaaarghzf ! Hurla t-elle.
-Ouaf ouaf ! Ouaf ! Ouaf !''

Héléna sursauta en entendant ces aboiements. Il y avait donc un chien dans la pièce où elle était. Elle avait du le réveiller en hurlant. Elle avait eu une petite frayeur mais au moins elle savait que le seul être vivant avec elle était une bête apparemment inoffensive. Quelques petits cliquetis retentirent au sol, se rapprochant d'elle. Le chien venait vers elle. Elle sentit comme une petite boule humide qui entra en contacte avec le dos nu de son pied droit et qui parcouru son pied jusqu'à sa cheville. Le chien la reniflait, elle l'entendait inspirer et expirer vivement, ressentant son souffle contre son pied. Il donna un coup de langue le long du dessus de son pied et sembla faire demi tour. Héléna sentit une dernière fois la queue du chien contre sa cheville avant de l'entendre s'éloigner vers là où il était auparavant.

Malgré le soulagement que révélait la présence du chien, Héléna n'était pas tirée d'affaire, son propriétaire ne tarderait pas à rentrer à la maison. Peut-être était-il même déjà là, observant sa proie qui tentait de se libérer et sursautait à chaque découverte de plus sur la situation. Ce taré devait aimer ça, la voir souffrir, désespérée et captive, complètement à sa merci.

Une série de bruits de pas retentirent de l'autre côté de la porte, de plus en plus forts. Le chien semblait s'activer subitement, se déplaçant à nouveau dans la pièce et commençant à aboyer à nouveau. Le sang d'Héléna se glaça, son kidnappeur arrivait, il était tout prêt. Que faire ?
Héléna paniqua sur place et commença à pousser quelques couinements de frustration et de peur. Un bruit strident retentit dans la pièce : c'étaient les clés dans la porte.
Héléna détendit tout son corps et laissa tomber sa tête, simulant un sommeil. Cela ne la sauvait pas mais au moins elle pourrait peut-être tenter d'en savoir plus sur son agresseur si elle prétendait être inconsciente.

La porte s'ouvrit et il y eut plein de petits claquements au sol, sûrement le chien qui sautait sur son propriétaire. La porte claqua et il y eût une série d'autres cliquetis au sol causées par les pattes griffus du chien. Ce nouvel arrivant glaçait le sang d'Héléna, il ne faisait aucun bruit. Les seuls indicateurs d'Héléna sur sa position étaient les sons émis par les pattes du chien qui suivait son maître de part et d'autre de la pièce. Elle n'était pas rassurée, elle qui avait réussi à garder son self-control jusque là, se retrouvait incapable de dire où était ou ce que faisait le propriétaire. Quand bien même elle entendait le chien le suivre, elle savait qu'il avait quelques secondes de retard dans l'itinéraire que lui et son kidnappeur empruntaient. À chaque fois qu'elle entendait le chien se rapprocher un temps soit peu d'elle, elle se disait que le kidnappeur devait sûrement déjà être derrière elle. Puis la chien repartait un peu plus loin ou elle entendait un bruit de placard qui claque au fond de la pièce la rassurant.

En tous cas sa stratégie fonctionnait, son kidnappeur ne semblait pas s’intéresser à elle si elle n'était pas réveillée. Mais combien de temps cela durerait-il ? Pourrait-elle tenir tout ce temps, attachée dans cette position inconfortable sans faire le moindre faux pas qui pourrait la trahir ? Son agresseur allait-il finir par sortir à nouveau de la pièce ? Où peut-être qu'il allait lui forcer la main et la réveiller brutalement ?
Héléna n'en savait rien. Elle se contentait de tendre l'oreille tout en gardant sa tête baissée et en essayant de bouger un minimum.

Dans un coin de la pièce, il y eût une série de bruits peu ragoûtants. Le chien était sûrement entrain de manger dans sa gamelle, ce qui voulait dire qu'il ne suivait plus son maître et qu'Héléna n'aurait plus aucune indication sur son emplacement.

Les minutes passèrent, ou peut-être même les heures. Héléna n'en savait rien du tout. Privée de la plupart de ses sens, le temps semblait défiler au ralentit. Elle fut tentée à plusieurs reprises d'affronter la situation en face et de faire semblant de se réveiller pour voir ce qui allait se passer, mais elle n'eût jamais le cran de passer ce cap. Elle se donnait des petits comptes-à-rebours au bout desquels elle était censée se lancer mais elle n'y arrivait jamais et comptait à nouveau.

Soudain, un son strident et subit lui força la main. Elle sursauta en entendant cette espèce de long grésillement derrière elle. Ça ressemblait au bruit d'une poêle huilée sur le feu. Elle sursauta en entendant le bruit et en se rendant compte qu'il venait de derrière son dos. Il y avait donc encore de l'espace derrière elle. Même après tout ce temps enfermée ici, la pièce continuait à révéler des secrets qu'Héléna ne soupçonnait pas.

Elle priait pour que son agresseur ne l'ait pas vu sursauter. Mais avec ce bruit tonitruant juste derrière elle, Héléna ne savait plus où tendre l'oreille pour avoir des indications. Et puis cette position avec la tête baissée ne l'aidait pas à accroître ses capacités auditives. Cette pièce qui s'était d'abord révélée amicale avec tous ses indices sonores lui tendait désormais de nombreux pièges tous plus fourbes les uns que les autres.

Qu'est-ce que c'était ?! Pensa t-elle alors que son sang se glaça dans ses veines.
Quelque chose venait de lui effleurer le visage. C'était une main, celle de son kidnappeur. Ce taré lui caressait le visage pendant qu'il la pensait endormie. Héléna était pétrifiée sur place. Elle qui pensait d'abord à une simple tentative d'intimidation était désormais plus mal à l'aise à l'idée que ce taré la touche. Elle détestait ça ! Elle se sentait impuissante, était immobilisée, habillée léger et en prime, il y avait un taré qui commençait à la tripoter.
Elle ne put s'empêcher d'avoir quelques expressions faciales qui trahissaient son malaise.
La main caressait sa jour, parcourait son menton, se perdait dans ses cheveux, etc... Puis les mouvements doux se transformèrent en tapotements.
''-On se réveille, dit-il d'un ton tout doux près de l'oreille d'Héléna.''
Elle essaya d'analyser la voix qui venait de parler. Était-ce quelqu'un qu'elle connaissait ? Était-ce Stan White ? Elle n'en savait strictement rien. Cette voix pouvait être celle de n'importe qui.
Au moins, elle savait que son agresseur était un homme.

La deuxième main de l'agresseur se joint à l'autre autour de son visage, caressant désormais ses deux joues simultanément, passant ses pouces contre ses sourcils, rabattant les mèches de son lissage ruiné sur le côté. Deux doigts saisirent les pommettes d'Héléna et jouèrent avec tandis que les doigts de l'autre main s'aventuraient sur ses lèvres.
''-Ça suffit, arrêtez ! Dit-elle en remuant la tête.''
Les mains de son agresseur semblaient avoir disparues, Héléna ne sentait plus rien. Plus aucune nouvelle de lui pendant au moins une bonne minute. Héléna ressentait à nouveau cette angoisse de ne plus savoir où il était dans la pièce.

''-Bienvenue Héléna Davis, une voix un peu plus loin dans la pièce.''
Ce n'était pas une voix normale. Il utilisait une sorte de modulateur de voix qui donnait un ton robotique et déformé à sa voix. Pas franchement rassurant, se dit Héléna.
''-Tu dois sûrement te demander pourquoi je t'ai enlevée et attachée, dit-il.
-Pour essayer de m'intimider et que je retire ma candidature, dit Héléna en ne rentrant pas dans le jeu de la victime apeurée.
-Euh... Ouais ! Exactement ! Dit l'agresseur pris au dépourvu.
-Bah alors qu'est-ce que t'attends ? Une rançon ? Ou tu vas me libérer ? Dit Héléna pleine de confiance face à cet inconnu visiblement pas sûr de lui.
-À vrai dire j'avais en tête quelque chose de différent... Quelque chose qui va beaucoup t'amuser et moi aussi d'ailleurs.''
Ce mec devenait de plus en plus malsain. Chacune de ses phrases et le ton avec lequel il les prononçait mettait Héléna très mal à l'aise.

Un autre long moment de silence suivit ce petit échange entre kidnappeur et kidnappée. Il se déplaçait dans la pièce, Héléna le sentait. Une fois de plus elle ne savait pas où, mais ce n'était pas bon signe. Désormais l'agresseur la savait éveillée et tous ces détails qu'il avait donné sur le fait que ça allait ''amuser'' Héléna plongeaient la jeune candidate dans un état de confusion.
Qu'allait-il bien pouvoir lui faire ? Héléna priait pour qu'il ne lui fasse pas de mal, mais en même temps ce genre de situation ne laissait pas vraiment d'autre issue qu'un châtiment corporel.
Elle sentait un sentiment de chair de poule envahir ses bras et ses jambes, comme si son corps avait capté une menace qu'elle ne pouvait pas encore comprendre.

''-J'espère pour toi que tu n'es pas chatouilleuse, dit la voix métallique toute proche de son oreille.''
Cette voix métallique, cette proximité avec son oreille et cette phrase si malsaine, tout cela déclencha un immense frisson qui parcouru tous les membres d'Héléna et descendit le long de son dos. Elle s'attendait à tout sauf à ça. Des chatouilles ? Sérieusement ? Certes c'était ridicule mais Héléna savait que c'était très dérangeant et n'avais jamais été chatouillée plus de quelques secondes alors saurait-elle résister alors qu'elle était attachée et complètement à la merci de son agresseur ? Rien n'était moins sûr...



Cela faisait maintenant trente bonnes minutes que Miles glandait à sa table. Aucune nouvelle d'Héléna, aucune réponse à ses messages ni même à ses appels. Les tables du dinner commençaient à se remplir et Miles se voyait obligé de commander quelque chose pour garder la sienne. Est-ce qu'Héléna avait eu un empêchement ? Est-ce qu'elle était en danger ? Elle lui avait sûrement juste posé un lapin. Après tout, Miles ne la connaissait que depuis quelques semaines et ne savait pas grand chose d'elle. Peut-être qu'elle n'avait juste plus voulu venir...

La serveuse arriva avec le plat qu'avait commandé Miles pour garder sa place : une simple salade et du poisson. Miles commença à manger, tout seul, observé par la serveuse à qui il avait dit qu'il attendait quelqu'un. Au moins il y avait de l'ambiance autour de lui. Les gens aux autres tables étaient plutôt joyeux. À une table une famille fêtait l'anniversaire d'une petite fille, à côté deux amis mangeaient un morceau, une autre table était occupée par un couple. Même au comptoir il y avait deux inconnus qui venaient de faire connaissance et discutaient de tout et de rien avec un serveur.
Seule la table derrière la baquette où était Miles semblait moins animée que les autres. C'étaient quatre hommes plutôt bien habillés qui faisaient quelques messes basses, tous seuls à l'autre bout de la table près du juke-box qui diffusait en boucle la même chanson.

Miles, qui s'ennuyait depuis on bon bout de temps, se leva et se dirigea vers le juke-box. Les quatre clients à la table furent intrigués par son arrivée et le regardèrent d'un air menaçant sans même que Miles ne les remarque. Il fouilla dans sa poche et sortit une pièce qu'il inséra dans la fente du juke-box. Il prit quelques secondes pour choisir et appuya sur un bouton qui sélectionna une nouvelle musique. Immédiatement, un nouveau vinyle fut placé dans la liseuse et une nouvelle chanson commença.



''-Eh ! Notre musique était pas finie, dit l'un des hommes à la table.
-Cette musique s'est finit y a 5 minutes elle faisait que tourner en boucle, dit Miles contrarié, vous êtes pas tous seuls ici.''
Il retourna à sa place, dos aux quatre mécontents à la table, et continua à manger sa salade et son poisson.
L'un des hommes derrière lui se retourna et s’accouda sur le dossier de leur banquette dos à dos.
''-Je crois que t'as pas très bien compris, dit-il, t'es nouveau dans le coin non ?
-Qu'est-ce que ça change ? Demanda Miles en s'interrompant une fois de plus de manger.
-Ici quand on met notre musique, personne ne la change, dit-il.
-Tu vas pas pleurer comme une musique, dit Miles sur un ton insolent.
-On dirait que ce gamin ce paye notre tête, dit l'homme en se retournant vers les autres.
-Sérieusement ? Tout ça pour une musique ? Demanda Miles en se retournant.''
Lorsqu'il se retourna il tomba sur les quatre hommes, la quarantaine chacun, en costard, le visage menaçant. Il reconnut trois des hommes à la table. C'étaient les trois clients à l'air mafieux qu'il avait déposé dans un entrepôt non loin d'ici il y a quelques semaines.

Miles regarda attentivement chacun d'entre eux et remarqua que chacun laissait délibérément dépasser la cross d'un revolver sur leurs genoux. Miles eût une sueur froide et resta figé à les regarder sans savoir quoi dire ou bien quoi faire.
''-Donc maintenant tu retourne tranquillement manger ta... salade, dit l'un d'entre eux en jetant un coup d’œil à son assiette.''
Miles s'exécuta et recommença à manger son plat.

Il n'y avait finalement plus aucune raison qu'il reste ici. Il était tout seul à son rencard, des espèces de caïds lui cherchaient des noises et le poisson avait refroidi. Miles laissa une assiette à moitié pleine et régla au comptoir avant de se rendre au parking pour retourner à San Francisco.
Il se mit au volant de sa voiture et inséra les clés dans le contact. Le moteur gronda à mesure qu'il tournait la clé puis s'arrêtait. La voiture en faisait des siennes et c'était vraiment pas le moment. Il tapa un coup sur le volant avant de coller sa tête contre celui-ci, complètement désespéré. Quelle journée de merde.

Toc toc toc.
Miles releva la tête, surpris d'entendre ces trois coups contre la vitre de la portière. À l'extérieur, se trouvait une jeune fille habillée en serveuse du dinner. Il la reconnaissait, c'était elle qui l'avait servit aujourd'hui. C'était une brune avec une visage tout mignon. Elle portait la tenue à merveille et la barrette comprise dans l'uniforme attachait à merveille ses cheveux légèrement bouclés.

Miles abaissa la vitre et se mit à la fenêtre comme pour lui demander ce qu'elle voulait.
''-Hey, dit-elle, je t'ai vu te prendre la tête avec les quatre gars là bas.''
Miles la regarda comme si il attendait la suite.
''-T'es le frère de Stacey n'est-ce pas ? Demanda t-elle.
-Ouais, dit Miles, elle t'a parlé de moi ?
-En faite je t'ai déjà vu plusieurs fois ici, dit-elle. Fais attention à qui tu parles dans le coin.
-Pourquoi ça ?
-Ces types là ça fait plusieurs fois qu'ils viennent dans notre établissement et ils ont vraiment l'air louche. Ils se retrouvent toujours autour de la même table et mettent la même chanson au juke-box et ils sont toujours rejoints par un quatrième individu mais ce n'est jamais le même. Ensuite ils parlent à voix basse pendant au moins une heure, expliqua t-elle. Ils sont louches.
-Appelez la police, dit Miles.
-On ne peut pas juste appeler la police parce que des clients ont l'air louche, dit-elle. Enfin bref, c'est juste un conseil que je te donne.
-Ok eh bien merci euh... dit Miles en lui suggérant de se présenter.
-Juliette, dit-elle.
-Merci Juliette, dit Miles en lui souriant.''
Miles tenta à nouveau de tourner les clés dans le contact et cette fois-ci la voiture démarra. Il manœuvra dans le parking pour s'engager sur l'autoroute tandis que Juliette le regardait s'éloigner.

''-J'espère pour toi que tu n'es pas chatouilleuse.''
L'agresseur était débout derrière Héléna, attachée sur une sorte de X monté à la va vite en plein milieu de la petite pièce. La pièce ressemblait à une chambre d'étudiant sur-équipée avec un coin douillet avec un lit, un bureau et un canapé devant une télé et un coin comprenant un comptoir de cuisine avec des plaques chauffantes, un micro-onde et un frigo. Héléna était là,debout, immobile, et aveugle au milieu de tout ça avec un mystérieux bourreau derrière elle et un chien circulant dans tout ça.

L'agresseur plaça ses mains de part et d'autre du buste d'Héléna, saisissant ses hanches. Elle sentit le tissu de sa chemisette s’aplatir contre ses flancs et se durcir pour épouser les formes des doigts du bourreau qui débutaient dés lors à presser les hanches. Elle ferma les yeux sous son bâillon et serra ses lèvres pour se retenir de rire. Les dix doigts étonnement fins de son bourreau parcouraient ses hanches de haut en bas, s'arrêtant pile aux limites entre le bassin et les côtes. Elle sursautait par moment à mesure que les doigts variaient leurs mouvements, donnant par moments un coup de rein sur la gauche, puis subissant l'entièreté des chatouilles de la main gauche avant de revenir sur la droite et de subir à nouveau entièrement les chatouilles de la main droite. Malgré tout elle ne riait pas. C'était difficile mais elle parvenait à retenir ou réprimer toute envie de rire à gorge déployée. Mais elle ne tiendrait pas longtemps à ce petit jeu là. Jusque là elle se montrait plutôt résistante et faisait en sorte de ne donner aucune satisfaction à son bourreau mais elle se connaissait et savait qu'elle finirait par craquer à un moment.

Les deux mains finirent par laisser un peu tranquilles ses hanches au dépend de la tranquillité de ses côtes. Le bourreau posa ses mains contre les petites bosses osseuses qu'il sentait à travers la chemisette. Héléna laissa échapper un petit rire d'une micro-seconde en sentant les doigts contre ses côtes, mais elle tenait le coup et ne riait pas. Héléna découvrait cette sensation désagréable à un nouveau stade qu'elle n'avait jamais expérimenté avant. Cette fois-ci elle ne pouvait pas bouger et sentait l'intégralité des chatouilles là où d'habitude c'est bref et hasardeux. Chaque doigt plaquant le tissu de sa chemise sur ses côtes donnait envie à Héléna de partir dans une série de rires incontrôlables.

Les mouvements doux contre ses côtes se transformèrent vite en pincements. Les doigts pressaient désormais ses côtes, intensifiant la torture à laquelle était sujette Héléna. Ses joues se gonflaient de plus en plus, ne parvenant plus à contenir les rires qu'elle essayait de dissimuler à son bourreau. Ces dix doigts prenant d'assaut toute part de ses côtes finiraient par la rendre folle. Les quelques esquives qu'elle tentait pour se soustraire à ce calvaire ne faisaient que la bloquer dans des positions encore plus inconfortables.

Alors qu'elle commençait à trouver les chatouilles un peu plus supportables grâce à sa liberté de mouvement, le bourreau l'entoura de ses bras qu'il croisa au niveau du ventre et colla à nouveau ses mains contre ses côtes qui étaient désormais parfaitement immobiles grâce à son étreinte. Il grattouillait alors les côtes immobiles lui donnant du fil à retord pour être maintenus en place. Quelques sifflements dans la gorge d'Héléna trahissaient l'envie de rire qu'elle essayait de camoufler depuis un long moment. Combien de temps d'ailleurs ? Elle n'en savait rien. De toutes façons il devenait de plus en plus facile de réfléchir tant les chatouilles la dérangeait. Son cerveau était incapable de penser à autre chose tant la présence des chatouilles était forte. Elle laissait tomber un par un tous les remparts qu'elle s'était fixée.

L'étreinte du bourreau se desserra et bientôt, Héléna ne sentit plus les mains du bourreau qui semblait les avoir retiré de son corps sensible.
''-Alors comme ça on résiste hein ? Chuchota sa voix métallique tout près de l'oreille d'Héléna.''
Elle ne répondit pas et récupéra son souffle qu'elle venait de maintenir pendant une bonne dizaine de minutes pour se retenir de rire.

Le bourreau plaça chaque main contre un poignet d'Héléna. Il caressait son avant bras du bout des doigts, descendant tout du long. La sensation fut tout d'abord absence, Héléna ne ressentait que ses mains sans exprimer le moindre réflexe craintif. Le bourreau se rapprochait des coudes où les caresses devinrent un peu plus dérangeantes pour elle. Les mains passèrent sous le coudes et arrivèrent à la partie du bras couverte par les manches de la chemisette. Héléna ne ressentait plus rien. Elle soupira intérieurement, soulagée de cette pseudo-pause, aussi brève soit-elle. Soudain le tissus qui flottait jusque là sous ses aisselles se plaqua sous celles-ci accompagné des doigts du bourreau qui se plantèrent littéralement dans le creux de ses aisselles. Héléna sauta sur place, haussant les épaules pour tenter d'éviter la torture. C’en était trop, elle allait craquer pour de bon. Les mouvements répétés des doigts sous ses bras, le tissu flottant entre l'aisselle et les doigts rendant les attaques encore plus imprévisibles et la position dans laquelle elle s'était bloquée toute seule en rehaussant ses épaules, tout était là pour la faire péter un plomb.

Elle se croyait sur le point d'exploser de rire à chaque seconde. Grattant toujours quelques secondes de silence de plus quitte à se surprendre elle même. À ce stade, le rire serait plus libérateur que le silence qu'elle avait choisi de garder. Elle n'était plus vraiment elle même, juste un esprit physiquement et mentalement torturé dans son corps. Un esprit ne répondant plus aux mêmes priorités qu'Héléna Davis quitte à les réorganiser. Désormais elle se contrefoutait de paraître forte ou non, de dévoiler une faiblesse ou même de se plier aux exigence et de céder aux intimidations de l'agresseur. Tout ce qu'elle voulait, c'était être tirée d'affaire, soustraite à cette torture absurde.

Un moment de répit fut accordé à ses aisselles. Le bourreau retira ses mains et s'éloigna plus loin dans la pièce, laissant Héléna relâcher d'un coup son souffle, libérant en une expiration tout ce qu'elle n'avait pas exprimé en rire. Elle respirait à pleine gorge, se laissant tomber dans l'espèce de carcan qui la maintenait debout.
''-Pourquoi tu fais ça ? Dit-elle en s'adressant pour la première fois à son bourreau depuis le début des chatouilles.
-Pour que tu retires ta candidature, tu l'as dit tout à l'heure, dit-il.''
Elle serra les dents tant elle était tiraillée entre l'envie de lui céder ce qu'il demandait et celle de rester forte et de résister comme elle l'avait toujours fait.
''-Je peux pas, dit-elle.
-Courageux, observa le bourreau, mais tu sais ce que ça veut dire ?''
Héléna ne répondit pas et se contenta de soupirer.
''-Ça veut dire que je vais devoir détacher cette jolie chemise, dit-il.
-Quoi ?! Non ça va trop loin ! S'étonna t-elle en relevant la tête soudainement.''
Elle sentit les doigts du bourreau la saisir par le menton et recentrer son visage vers là où il semblait à présent se trouver.
''-Dans ce cas tout ce que tu as à faire c'est retirer ta candidature ! Dit-il sur un ton énervé, presque sauvage.''

Cette dernière phrase glaça le sang d'Héléna. Le kidnappeur l'avait prononcée sur un ton si terrifiant, presque frénétique. Elle avait presque entendu sa vraie voix qui se superposait à celle métallique et qui devenait presque audible à cette si petite distance. L'emprise sur son menton, le souffle du bourreau s'écrasant contre sa peau, l'autre main descendant doucement vers les boutons de sa chemisette, tout était là pour paralyser littéralement Héléna. Elle n'essayait même pas d'empêcher le bourreau de déboutonner ses habit, elle s'était déjà débattue auparavant et savait que ça ne menait à rien à part à des mesures encore plus restrictives pour la maintenir immobile. Elle était passive, lançant un regard vide par dessous le bâillon aveuglant resserré autour de ses yeux.

''-Mais cette élection c'est tout pour moi, dit-elle en reprenant ses esprits et en essayant de l'avoir par la pitié.
-Ça changera rien à ta vie, dit le bourreau en déboutonnant un bouton de plus, t'es bien assez populaire.
-Mais c'est pour faire changer les choses, dit-elle, je le fais pour la fac, pour proposer des idées qui me semblent être bonnes.
-Elles ne le sont pas, dit-il en détachant le dernier bouton.''
Dans un mouvement uniforme, Héléna sentit les deux pan de sa veste abandonner les courbures de ses hanches qu'ils épousaient jusque là, laissant hanches, côtes et aisselles sans protection.
''-De toute beauté ! Dit le bourreau en lâchant le menton d'Héléna, la laissant sans repère physique de ce qu'il faisait.
-Espèce de taré ! Je t'interdis de te rincer l’œil sur moi !''
Elle n'entendit plus rien pendant quelques secondes, comme si le bourreau avait disparu. Ou peut-être que justement il se rinçait l’œil à ce moment, elle n'en savait rien.
Click click.
Ce taré la prenait en photo !
''-Arrête-ça immédiatement ! Hurla t-elle.
-Essaye donc de m'en empêcher, dit-il en prenant une photo de plus.
-T'es qu'un... qu'un sale fils de pute ! S'emporta t-elle.
-Ça va te coûter cher, dit-il.''

Sans prévenir il plaça ses mains contre les hanches d'Héléna et commença à y faire gigoter ses doigts.
''-Gnnnnnh, poussa t-elle en serrant les dents.''
Elle se tortillait à nouveau, complètement sur-sensibilisée par cette longue pause l'ayant dépaysée. Contre ses hanches nues, le contact avec les doigts était encore plus dévastateur. Déjà qu'elle était simplement mal-à-l'aise à l'idée qu'il la touche, sa sensibilité en rajoutait une couche.
Les dix doigts montaient, descendaient, allaient à gauche, à droite. Caressant, grattant et même griffant chaque centimètre de peau accessible. Aucun coup de rein ne pourrait la soustraire à ces horribles mouvement tourmentant son corps sensible.

Après quelques longues minutes d'intense torture au niveau des hanches, Héléna ne sentit plus les mains de son bourreau pendant un court instant. Elle savait qu'il allait frapper à nouveau, mais elle ne savait pas où, en tous cas ça ne pouvait qu'être pire. Héléna sentit un mouvement proche de ses aisselles, comme si on rabattait le col de la chemisette sur les côtés, libérant tout accès à ses dessous de bras nus. En une fraction de seconde elle se retrouvait avec deux index qui parcouraient lentement ses aisselles de haut en bas. Par reflex, Héléna tenta de rabattre ses bras qui se retrouvèrent bloqués par les liens et incapables de protéger les creux sensibles mis à rude épreuve.

Héléna serait incapable de se retenir de rire plus longtemps, cette fois-ci c'était une évidence. Elle était bien trop pudique et chatouilleuse sous les aisselles pour avoir la force de résister comme elle l'avait fait jusque là. Bien que le simple passage léger de quelques doigts soit supportable, elle se doutait bien que le bourreau passerait rapidement au niveau supérieur. Cette pensée eût à peine le temps de traverser son esprit qu'elle sentit les passages des doigts s'appuyer contre le creux de ses aisselles. Du plus profond de sa gorge elle sentit un rire se préparer, comme une bouffée d'esclaffements incontrôlables prête à sortir à tout moment emportant avec elle la fierté d'Héléna.

Les chatouilles étaient de plus en plus intenses. Les passages des doigts étaient si rapides, comme si ils glissaient contre sa peau. Le déodorant qu'elle s'était appliquée sous les aisselles semblait même aider le bourreau dans sa démarche, rendant la peau d'Héléna toute douce et facile à parcourir. Chaque doigt glissait littéralement dans le creux de ses aisselles, suivit instantanément d'un autre plus vicieux que le précédant.

Héléna n'en pouvait plus. Elle subissait ses dernières secondes contraignante avec ces nombreux rires coincés dans sa gorge et prêts à sortir. Elle espérait au moins que ce relâchement rendrait la torture plus supportable et moins frustrante, mais elle n'y croyait pas vraiment.
''-Ahahahahaha ! Lâcha t-elle, se surprenant elle-même.''
Elle serra à nouveau les dents pour tenter de retenir les rires suivant mais ils sortirent tous dans un flot de cris incontrôlables.
''-HAHAHAHAHAHA ! Hurlait-elle en se débattant pleinement.
-Ah ! Dit la voix métallique du bourreau, je finissais par penser que tu ne me donnerais jamais cette satisfaction.
-HAHAHAHAHA ! Va te faihaiahaire foutre ! Dit-elle entrecoupée par ses propres rires saccadés.''

Le bourreau jonglait entre hanches, côtes et aisselles, n'épargnant aucune partie du haut du corps d'Héléna. Elle ne profitait plus du répit permanent auquel elle avait le droit sur certaines parties du corps lorsqu'il se concentrait sur une, désormais elle avait quelques courtes secondes de répit quelque part mais les doigts chatouilleurs du bourreau y revenaient vite pour achever le travail.
''-HAHAHAHAHAHAHA CONNARD ! Criait Héléna en se refusant à le supplier d'arrêter.''

Malgré son craquage total, elle essayait toujours de se retenir de rire à nouveau mais sans succès. Elle riait, encore et encore et savait que chaque décibel de rire qu'elle émettait était une satisfaction immense pour son bourreau. Elle n'aurait eût qu'une seule chose à faire pour arrêter ce supplice. Mais elle était trop entêtée et courageuse pour s'avouer vaincue dés maintenant.

Le bourreau se rendait bien compte qu'Héléna ne lâcherait pas l'affaire si facilement. D'habitude, n'importe qui aurait déjà lâché l'affaire, mais elle, elle continuait à résister. Il savait que ça la faisait souffrir mais étrangement elle avait la force mentale de continuer à tenir tête. Mais bon, après tout il n'avait pas encore exploré tous les points sensibles d'Héléna, peut-être que le supplice se montrerait plus concluant à d'autres endroits de son corps.

Pour la première fois depuis de longues minutes, Héléna profitait d'une pause. Plus aucune nouvelle du bourreau. Plus un seul signe de ses doigts chatouilleurs, pas un seul bruit. Même les pas du chien contre le sol redevenaient audibles. Il semblait profiter d'une nouvelle fournée de croquettes versées dans sa gamelle à en dire par les martèlements métalliques. Une fois de plus il les dévora dans un vacarme sans nom, empêchant Héléna d'entendre les bruits du bourreau, ce qu'elle avait déjà du mal à faire avant.

Était-ce finit ? Ça en avait tout l'air. Combien de temps avait son bourreau devant lui de toutes façons ? Il en avait sûrement terminé avec elle, elle l'espérait vraiment. Elle ne tiendrait plus longtemps. Si elle continuait à être soumise à tant de contraintes physiques et mentales, elle tomberait dans les pommes, elle le savait.

Elle eût des nouvelles de son bourreau là où elle ne les attendait pas et où elle craignait qu'il s'aventure. Elle sentit deux doigts entourer sa cheville. La deuxième main vint se poser sur le dos du pied à l'air et le caressa doucement.
''-Qu'est-ce que tu fais sale malade ?! Laisse-moi partir ! Hurlait-elle.
-Tu sais ce que tu as à faire, dit le bourreau, en attendant moi je vais bien m'amuser avec tes pieds.''
Héléna frissonna en entendant cette phrase si malsaine.

Le bourreau était assis par-terre, tenant le pied droit d'Héléna d'une main et le caressant de l'autre. Seul le dos du pied était accessible et la main qui caressait évoluait dans une zone très restreinte. Mais plus pour longtemps... Il lâcha son emprise sur la cheville d'Héléna et saisit le salon pointu de l'escarpin. Sans le moindre problème, et avec rien de plus qu'un petit mouvement vers le bas, il retira tout doucement la chaussure du pied d'Héléna. Il découvrit un sublime pied à peine marqué par les bords de l'escarpin. La peau laiteuse du pied se posait parfaitement sur les os des orteils dont elle épousait la forme et les mouvements. Les orteils d'Héléna étaient ornés d'un vernis rouge et se retroussant dés que le pied fut mis à nu. Le pied semblait tout lisse, pas la moindre blessure, pas la moindre usure au talon ou ailleurs.

Le bourreau détacha la sangle qui retenait son pied fraîchement dénudé prisonnier. Instinctivement, Héléna tenta d'emmener son pied le plus loin qu'elle plus du bourreau mais c'était futile. Le bourreau saisit rapidement sa cheville et ramena la jambe vers lui, posant le pied contre ses jambes en tailleurs. La plante d'Héléna tout crispée était désormais à sa merci, complètement inoffensive devant lui. Il n'y avait pas une seconde à perdre, il devait la chatouiller.

Le bourreau aventura un seul doigt en direction de la plante toute crispée. Celui-ci entra doucement en contact avec le pied, occasionnant un sursaut de la jambe toute entière.
''-Gnnnnh... gémit Héléna, parcourue par un frisson, ça ne sert à rien je n'abandonnerai pas !''
La seule réponse à laquelle elle eût vint d'un autre doigt titillant sa plante. Celui-ci fut rejoint par un autre, puis encore un et finalement les cinq doigts de la main se joignirent à la partie pour torturer la plante d'Héléna. Celle-ci forçait toujours plus sur ses orteils déjà bien repliés, comme si ça pouvait changer quelque chose à sa souffrance.
''-Hahahahahahahaha !!! Riait-elle en se débattant toujours plus.''
Elle ne parvint à rien même avec tous ces mouvements, l'emprise du bourreau sur sa cheville était trop forte. Seule sa cheville, qu'elle tentait de faire mouliner à gauche et à droite pour sauver sa plante, était encore un minimum amovible.

Malgré son emprise totale sur le pied d'Héléna, le bourreau ne parvenait pas à la chatouiller correctement, il en voulait plus. Tous ces plis sur la peau rétractée de la plante rendaient la tâche un peu plus difficile pour ses doigts. Ce qu'il voulait, c'était la saisir par les orteils pour obliger Héléna à les tendre en arrière et interdire à son pied tout répit. Il lâcha la cheville d'Héléna quelques instants avant de la placer directement sur les orteils de celle-ci. Il tira les cinq orteils en arrière, ce qui lissa la plante laiteuse, révélant une voûte plantaire très creuse. Héléna avait le genre de pied qui semble être parcouru d'un creux du talon jusqu'au haut de la plante. Il avait hâte que ses doigts aillent trifouiller là dedans. La seconde main, restée inactive, ne le resta pas longtemps et se jeta littéralement vers le pied tout tendu.

L'index fut le premier à passer contre le creux du pied. La peau, désormais tendue, était toute douce, toute lisse au toucher.
''-HAHAHAHAHAHAHA ! Hurla Héléna tout en sursautant et en commençant à gigoter sa jambe.''
Comme précédemment, l'index du bourreau fut rejoint par deux autres doigts qui grattouillaient, titillaient la voûte plantaire d'Héléna.

Il devenait de plus en plus compliqué de la chatouiller comme ça. La jambe toute entière d'Héléna n'était maintenue que que par les quelques doigts autour de ses orteils et bénéficiait donc d'une liberté de mouvement beaucoup plus importante qu'avant. Il se plaça dos à Héléna, toujours assis en tailleurs, faisant passer sa jambe sous son bras qu'il resserra contre son tibias. Il reprit son emprise sur les orteils d'Héléna et recommença à lui chatouiller le pied. Désormais il maintenait sa jambe et ses orteils immobiles.
''-HAHAHAHAHAHAHAHAHA !!! Hmmmmmmmmmmm ! Criait Héléna en bougeant tout son corps à défaut de pouvoir bouger son pied.

Désormais il chatouillait la plante tendue des cinq doigts de sa main, éveillant chaque centimètre du système nerveux de la plante de pied d'Héléna. Elle ressentait tout, incapable de bouger, subissant chaque passage d'ongle contre sa plante tendue. Ses rires furent de plus en plus entrecoupés, se transformant de plus en plus en sanglots. Le bourreau se perdait dans la torture qu'il infligeait à Héléna. Il ne s'arrêterait pas tant qu'elle ne le supplierait pas d'arrêter. Lui qui pensait qu'elle l'aurait supplié dés la première heure. Au lieu de ça elle préférait subir cette torture que de retirer sa candidature. Quelle fille bornée !

Cela faisait une bonne demi-heure qu'il ne faisait que torturer son pied. Pas la moindre pause pour lui accorder un quelconque répit, ni même une baisse de cadence pour la ménager un temps soit peu. La détermination d'Héléna avait même finit par lasser son bourreau de ses pieds. Il finit par la laisser là, immobile, inerte, transpirante, un seul pied nu qui pendait sans le moindre mouvement venant d'Héléna. Elle ne bougeait pas, semblant inconsciente. Il saisit l'écharpe qu'elle avait autour du visage et la souleva légèrement pour voir l'état de ses yeux. Ils étaient fermés, ses sourcils froncés. Elle était inconsciente, ce qui expliquait l'arrêt des rires depuis quelques minutes.

Le bourreau reposa le coin de l'écharpe sur son œil et tapota sa joue. Les paupières d'Héléna papillonèrent sous l'écharpe à mesure qu'elle émergeait de l'inconscience.
''-Alors ? Tu t'entêtes toujours à te présenter ? Demanda le bourreau.
-Je l'ai déjà dit : je me présenterai à cette élection quoi qu'il arrive, affirmait-elle toujours.''
Elle n'entendit plus rien. Il y eût un enchaînement de claquements au sol comme si il faisait les cent pas.
''-PUTAAAAIN ! Cria t-il.''
Ce cris effraya Héléna. Le déformateur de voix s'était enraillé à cause du volume élevé du cris et cela sonnait comme une sorte de voix robotique à faire froid dans le dos.
''-Tu refuses de laisser tomber hein ?! Dit-il.''
Héléna ne répondit pas, toujours sous l'effet de son cris effrayant.
''-Très bien, c'est ce qu'on va voir ! S'énerva t-il.''
Sans même prévenir, il frappa d'un crochet du droit contre le visage d'Héléna. Dans un bruit d'impact organique, deux giclées de sang sortirent de son nez et de sa lèvre. Le coup avait envoyé la lèvre inférieur d'Héléna contre ses dents et provoqué une coupure à celle-ci.
''-Sale malade ! Je t'interdis de me frapper ! S'enerva Héléna un peu sonnée par ce coup.
-Alors retire ta candidature ! Cria t-il.
-Jamais ! Hurla Héléna toujours plus fort.''
Elle eût juste le temps de terminer de prononcer ce mot pour que le poing du bourreau ne vienne s'abattre contre sa tempe. Instantanément, elle tomba inconsciente, cette fois-ci pour de bon, plongée dans une sorte de sommeil paisible dont elle ne se réveillerait sûrement pas avant des heures.